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Élection fédérales 2019 Les initiatives sont considérées comme un moyen de dynamiser une campagne – balivernes!

Homme avec le Palais fédéral en arrière-fond
(swissinfo.ch)

Les initiatives populaires sont un des instruments que les partis utilisent couramment avant les élections fédérales pour mobiliser les électeurs. Mais leur potentiel est limité. Et elles peuvent tout aussi bien entraîner des faux départs ou des revers. 

Le PDC et le PS cherchent actuellement chacun à dynamiser leurs campagnes avec une initiative. Les deux partis misent sur un domaine délaissé par la politique: la santé. Tous les récents sondages montrent que la principale préoccupation dans ce secteur est la maîtrise des coûts galopants. 

Le PDC est convaincu qu’il est possible d’économiser des centaines de millions de francs sans toucher à la qualité des soins. Il exige donc un frein aux coûts de la santé. Selon son idée, le Conseil fédéral doit intervenir s’ils augmentent plus vite que les salaires. 

Le PS exige pour sa part une nouvelle répartition de la charge financièreLien externe. Il estime qu’aucun ménage ne devrait consacrer plus de 10% de son budget aux primes d’assurance-maladie. Et si cela devait être le cas, il faudrait recourir aux fonds publics. 

À l’ombre de celles du PDC et du PS, d’autres initiatives populaires font leur chemin. Souvent lancées à l’instigation des partis ou des leurs responsables, elles sont soutenues par des comités interpartis. On peut citer trois exemples:

Quand un parti mise sur des initiatives populaires pour sa campagne électorale, on parle de leur fonction mobilisatrice. Elles doivent focaliser l’attention des médias avec des revendications thématiques ciblées et faciliter l’établissement d’un dialogue avec les citoyens dans la rue. Elles permettraient ainsi de gagner des suffrages au jour de l’élection.

Le mythe de l’initiative garante du succès électoral

Pour moi, l’idée qu’une initiative soit la garante d’une victoire aux élections n’est qu’un mythe. La dernière fois que cela a marché remonte à 2007. Cette année-là, l’UDC avait lancé le 1er août son initiative sur le renvoi des criminels étrangers exigeant qu’ils soient expulsés de Suisse. Le sujet a pris immédiatement et les signatures ont été réunies en un rien de temps. 

Une initiative populaire doit être soumise au peuple dans les quatre ans. Celle-ci a permis à l’UDC d’être en campagne électorale permanente pendant toute la législature suivante et le scrutin auquel elle aspirait lui a encore été servi avant les élections fédérales suivantes. Le peuple l’a acceptée malgré une forte opposition.  

Le succès remporté par l’UDC en 2007 a déclenché une véritable vague de projets à l’approche des élections de 2011. Vingt-trois initiatives ont été lancées. Elles n’ont pas toutes abouti, mais les autorités ont dû travailler pendant presque toute la législature suivante pour venir à bout de cette montagne. Les partis et les groupements qui leur sont proches se sont alors vu reprocher d’abuser fortement de ce droit populaire. 

Analyse lucide du potentiel de mobilisation 

En fait, ces critiques n’étaient pas nécessaires. Parce que les tentatives de copier la formule magique de l’UDC pour une initiative populaire efficace échouèrent lamentablement en 2015 déjà. Le PDC et les Verts’libéraux en avaient lancé une chacun de manière à ce qu’elle soit soumise au peuple durant l’année électorale. Mais leurs projets ont clairement échoué dans les urnes.

L’initiative pour les familles du PDC n’a pas même obtenu un quart des suffrages et celle des Verts’libéraux pour une réforme fiscale écologique a été rejetée par 92% des électeurs, un record historique. Par la suite, les deux partis ont souffert de ce faux départ au début de l’année l’électorale. L’échec a été particulièrement cuisant pour les Verts’libéraux, une formation accoutumée au succès. 

L’auteur

Claude Longchamp est l’un des politologues et des analystes de la vie politique les plus expérimentés et renommés de Suisse.

Il a été le fondateur de l’institut de recherche gfs.bernLien externe dont il est resté le directeur jusqu’à sa retraite et dont il préside encore le Conseil d’administration. Claude Longchamp a analysé pendant 30 ans les votations et les élections suisses à la télévision publique alémanique SRF.

Pour swissinfo et sa plateforme pour la démocratie directe #DearDemocracyLien externe, il écrit chaque mois une chronique consacrée aux élections fédérales de 2019.

Politologue et historien, il est également l’auteur de deux blogs: zoonpoliticonLien externe, consacré aux études politiques, et StadtwandererLien externe, consacré à l’histoire.

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Aujourd’hui, les centrales des partis se montrent plus prudentes dans le recours aux initiatives pour vitaminer leurs campagnes. Leurs stratèges essayent d’éviter par une planification adéquate que leurs propositions soient soumises au peuple dans l’année des fédérales. À l’exception des Jeunes Verts, ils y sont tous parvenus en 2019. Mais le résultat mitigé de l’initiative contre le mitage n’a pas eu trop de conséquences parce que la préoccupation dominante reste le réchauffement climatique. 

D’autres partis, l’UDC en particulier, espéraient tirer profit d’une votation dans la phase préparatoire de la campagne des élections fédérales. Leur initiative pour l’autodétermination a été soumise au peuple en 2018 déjà. Mais elle a échoué plus clairement qu’on l’attendait et a gâché l’entrée du parti dans la véritable année électorale. 

En tout cas pas durant l’année électorale

La dramaturgie est encore différente avec l’initiative pour une immigration modérée, également connue sous le nom d’initiative de limitation et dont Christoph Blocher dit qu’elle sera son dernier combat. Le peuple suisse se prononcera en 2020. Son lancement a été retardé assez longtemps pour qu’une votation pendant l’année électorale 2019 deviennent improbable. 

Il faut peut-être aussi relativiser ces questions tactiques. Selon ce qu’on dit, le PDC peine à récolter les signatures pour son frein aux dépenses et il a dû engager très tôt des collecteurs rétribués. Le PS ne donne pas d’indication sur l’avancement de sa récolte. En outre, le peuple a rejeté les 14 initiatives populaires qui lui ont été soumises durant la législature actuelle. 

D’autres fonctions sont plus importantes 

Tout cela n’a pas échappé aux politologues. Les études de longue durée sur le rôle et l’utilité des initiatives populaires leur accordent un pouvoir de mobilisation bien plus bas que ne le font les médias. Selon leurs analyses, les initiatives remplissent mieux deux autres fonctions. D’une part, elles permettent de contribuer à fixer l’agenda, autrement dit lancer de nouveaux thèmes dans le débat public ou l’enrichir avec des nouvelles variantes sur un sujet connu. 

Les analystes de la vie politique estiment en outre que leur fonction d’instrument de négociations est plus importante que leur rôle de moteur de mobilisation: l’usage de ce droit populaire peut aider un groupe d’intérêt extraparlementaire à se profiler comme un interlocuteur du Parlement. 

Ne pas exagérer 

Même si les médias continuent de réchauffer l’idée de l’initiative comme instrument de mobilisation, on ferait à mon avis mieux de la considérer avec la froideur toute automnale qui s’installera quand les résultats des élections tomberont le 20 octobre. 

Il faut mettre en garde contre l’espoir exagéré de trouver là une formule pour remporter les élections. Cet avertissement s’adresse non seulement aux partis qui auraient des attentes irréalistes mais aussi à leurs critiques qui attribuent une importance tout aussi irréaliste à ce droit populaire intéressant.

Les principaux partis de Suisse

UDC: Union démocratique du centre (droite conservatrice)

PS: Parti socialiste (gauche)

PLR.Les Libéraux-Radicaux: Parti libéral-radical (droite libérale)

PDC: Parti démocrate-chrétien (centre droite)

PES: Les Verts ou Parti écologiste (gauche)

PVL: Parti vert'libéral (centre)

PBD: Parti bourgeois-démocratique (centre)

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Traduction de l'allemand: Olivier Hüther, swissinfo.ch

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