Esprit sportif ou instinct belliqueux?

Ce contenu a été publié le 04 avril 2008 - 12:18

Presque tous les sports pratiqués de nos jours sont des sports de compétition. Vous jouez pour gagner, et le jeu n'a de sens que si vous faites tout ce que vous pouvez pour gagner. Sur le terrain communal, où vous formez des équipes sans qu'intervienne aucun sentiment de patriotisme local, il est possible de jouer simplement pour s'amuser et faire de l'exercice; mais dès qu'apparaît la question de prestige, dès que vous sentez que, si vous perdez, vous et un groupe plus important serez déshonorés, les instincts belliqueux les plus sauvages se réveillent. Quiconque a participé ne serait-ce qu'à un match de football au collège sait cela. Au niveau international, le sport est franchement une simulation de la guerre. L'important n'est pas toutefois le comportement des joueurs, mais l'attitude des spectateurs; et, derrière eux, celle des nations qui s'engagent avec fureur dans ces compétitions absurdes, et croient sérieusement – du moins pour de courtes périodes – que courir, sauter et donner des coups de pied dans un ballon sont des épreuves permettant d'évaluer la vertu nationale.

George Orwell, texte paru dans «Tribune», 1945 (traduit de l'anglais par Françoise Marchand-Sauvanargues, Ed. Ivrea)

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