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Formation La presse suisse relativise les bons résultats de PISA



Les jeunes Suisses ont la bosse des mathématiques.

Les jeunes Suisses ont la bosse des mathématiques.

(Keystone)

Bien notés par l’OCDE, les écoliers suisses sont le révélateur d’un système de formation performant et qui intègre bien les migrants. Reste que pour une bonne partie des quotidiens helvétiques, une surdose de tests et de bureaucratie pourrait nuire à la motivation du corps enseignant.

«Vice-champions d’Europe derrière le Liechtenstein! Les adolescents suisses sont parmi les meilleurs du monde en mathématiques, derrière notamment la Corée du Sud et le Japon», souligne Le Temps, qui analyse comme la plupart des quotidiens suisses les bonnes notes décrochées par les élèves suisses dans l’étude PISA 2012.

Les élèves suisses brillent non seulement en mathématiques, mais ils se situent également au-dessus de la moyenne en sciences et en lecture en comparaison des élèves de 15 ans testés dans 64 autres pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE). «Ces bons résultats montrent que les réformes profondes des dernières années n’ont pas nui à l’école, comme par exemple l’UDC veut nous le faire croire», estime le Tages Anzeiger de Zurich.

Les progrès effectués en lecture, une branche où les Suisses se révélaient très moyens lors du premier test PISA de 2000, sont à trouver, pour la Liberté de Fribourg, dans la proportion d’élèves «faibles», qui a chuté de 20,4 à 13,7% en 12 ans. Ce «choc PISA» a été salutaire, relève le St.Galler Tagblatt: «Non seulement les écoliers suisses ont pu conserver leur bon classement en mathématiques, mais les programmes d’aide à la lecture ont également produit des effets mesurables. La direction engagée est donc la bonne».

Meilleures notes pour les migrants

Pour le Tages Anzeiger, l’explication réside, entre autres, du côté des enfants de migrants, et notamment de l’afflux d’Allemands bien formés qui ont débarqué en masse ces dernières années en Suisse.

Ce que confirme Mauro Dell’Ambrogio, le secrétaire d’Etat à la formation, dans les colonnes du Corriere del Ticino: «Il est intéressant de noter l’amélioration des élèves avec un background migratoire. Cette évolution est surtout dû au fait que l’immigration en Suisse a changé de visage: ce sont à l’heure actuelle surtout des enfants de parents très qualifiés qui arrivent dans nos écoles». Cela démontre, selon lui, que l’école joue un rôle très important, «même si des facteurs tels que le milieu social ou la famille comptent au moins autant».

Recteur de la Haute Ecole pédagogique du canton de Vaud, Guillaume Vanhulst note dans Le Temps que les 26 systèmes éducatifs cantonaux «réduisent plus qu’ailleurs les écarts entre le haut et le bas de l’échelle, tout comme ils intègrent de mieux en mieux les migrants».

Des tests néfastes pour la motivation

Malgré les résultats réjouissants de l’étude PISA 2012, la Basler Zeitung se montre quant à elle très critique quant aux conséquences de ce genre de tests sur le système de formation suisse: «La culture de perfection et la crainte de ne pas être à la hauteur de la concurrence internationale tuent la motivation de nos enseignants. Ils souffrent du fait que chaque directeur de l’instruction publique veut gagner un prix de l’innovation. Pour cela, ce dernier emploie toujours plus de personnes dans l’administration pour planifier, tester et opérer des changements, alors que les enseignants à la base doivent faire face au quotidien à des élèves qui font encore dans leur culotte ou qui n’arrivent pas à rester un quart d’heure tranquilles».

«Nous faisons trop de tests», renchérit Margrit Stamm, professeur émérite d’éducation à l’université de Fribourg, dans les colonnes de l’Aargauer Zeitung. «Les enseignants sont laissés à eux-mêmes dans les classes. On ne leur dit pas comment ils devraient faire pour améliorer les résultats. Il serait donc plus judicieux de faire moins d’études, mais de les analyser plus sérieusement et de les mettre en pratique».

Pour la Neue Zürcher Zeitung (NZZ), qui intitule son commentaire «des comparaisons à prendre avec précaution», PISA a surtout eu le mérite de «répondre parfaitement à l’attrait des médias pour les classements». Le quotidien zurichois relève certes que les études PISA ont permis une prise de conscience en matière de politique de formation, puisqu’«on croit beaucoup plus aujourd’hui à la mesurabilité de la formation qu’il y a 20 ans». Toutefois, il est essentiel d’après la NZZ de ne pas perdre de vue un élément fondamental: «Les tests, les contrôles et le monitoring, avec pour corollaire l’augmentation de la bureaucratie dans les écoles, ne doivent pas ôter le plaisir d’enseigner et le plaisir d’apprendre à la prochaine génération».

swissinfo.ch


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