Genève accueille la Conférence internationale de l'éducation

Selon John Daniel, directeur général adjoint de l'UNESCO, 100 millions d'enfants de par le monde son privés d'éducation. Keystone

«L'éducation pour tous pour apprendre à vivre ensemble»: c'est le thème dont les représentants de plus de 180 pays vont discuter jusqu'à la fin de la semaine à Genève sous les auspices de l'UNESCO. Avec, en sous-titre, les contenus et les stratégies d'apprentissage.

Ce contenu a été publié le 04 septembre 2001 - 16:23

La Conférence internationale de l'éducation fait partie du cadre régulier des activités de l'UNESCO (l'Organisation des Nations Unies pour la science, l'éducation et la culture) et de son Bureau international d'éducation, dont le siège est à Genève. Elle se veut un espace de dialogue sur les politiques de l'éducation, elle privilégie les débats et les ateliers thématiques aux rituels des grandes assemblées.

Cette année, ses organisateurs ont donc placé ce rendez-vous sous le thème de «l'éducation pour tous pour apprendre à vivre ensemble». A première vue, voilà un titre qui semble relever du pléonasme ou de la méthode Coué. Peut-on en effet imaginer une école qui ne soit pas un lieu d'initiation à la vie en société?

L'école, lieu d'initiation à la citoyenneté

«Ce n'est pas juste un slogan», nous rétorque Martine Brunschwig-Graf, qui dirige la délégation suisse. Pour celle qui est aussi et d'abord la cheffe du Département cantonal genevois de l'instruction publique, «cela veut dire qu'on apprend aux élèves à devenir des citoyens, à reconnaître les opinions différentes, à pouvoir vivre des débats».

L'éducation à la citoyenneté sera d'ailleurs l'un des sujets concrets abordés dans les six ateliers de la Conférence, avec la cohésion sociale, la diversité culturelle, l'apprentissage des langues, l'enseignement des sciences et l'accès aux nouvelles technologies de l'information.

Dans tous ces domaines auxquels sont confrontés les enseignants du monde entier, la Suisse, comme beaucoup d'autres pays, va faire valoir son expérience, celle en particulier de la diversité de ses 26 entités cantonales et autant de systèmes différents d'éducation.

De ce point de vue, le savoir-faire helvétique peut se révéler utile à des pays où l'éducation est trop centralisée, où l'on cherche à redonner du pouvoir aux régions et aux communes en associant les enseignants, les parents et les élèves. Mais, précise Martine Brunschwig-Graf, «pas question de se poser en donneur de leçons, jamais!»

La méthode bandonéon

Demandez son avis à Cecilia Braslavsky, la nouvelle directrice du Bureau international d'éducation, et elle répond par un paradoxe: «regardez le 20e siècle, 190 millions de personnes y ont trouvé la mort dans des guerres et, en même temps, on n'a jamais fait autant de progrès en matière de scolarisation». D'où sa question: «l'éducation a-t-elle quelque chose à voir avec ce manque de capacité de l'humanité à vivre en paix?»

Sa conviction profonde, c'est qu'en matière d'éducation comme dans bien d'autres domaines, on peut et on doit faire preuve d'imagination. Mais, surtout, qu'on ne nous oblige pas à faire un choix entre des valeurs universelles et les particularismes qui font l'identité de chacun.

«Le défi de notre époque, c'est justement de se demander comment mieux partager ces valeurs universelles et, en même temps mieux cultiver les traditions locales et régionales.» Autrement dit, il faut faire davantage dans les deux sens. Comme avec le bandonéon, précise Cecilia Braslavsky, qui ne fait pas mystère de ses racines argentines.

Bernard Weissbrodt, Genève

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