Huit questions pour comprendre la fièvre aphteuse

Le virus de la fièvre aphteuse. Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires - BLV

Près de 700 foyers de fièvre aphteuse ont été découverts en Grande-Bretagne. Et 700 000 animaux abattus. Alors que l'épizootie gagne d'autres pays européens, la Suisse se barricade pour éviter le virus. Pourquoi? Quelques explications sur cette maladie.

Ce contenu a été publié le 28 mars 2001 - 21:38

QU'EST-CE QUE LA FIEVRE APHTEUSE?

C'est une maladie causée par un virus. Des aphtes se développent dans la bouche et sous la peau des animaux touchés - bovins, porcs, moutons, chèvres, buffles, daims et autres animaux à onglons. Ces aphtes éclatent rapidement, puis guérissent.

La maladie n'est mortelle que dans 5% des cas au maximum. Et de façon générale, les bêtes adultes s'en remettent.

CETTE MALADIE EST-ELLE DANGEREUSE POUR L'HOMME?

Non. La littérature scientifique relate quelques cas dans lesquels des hommes ont été légèrement malades (aphtes, maux de gorge, faible fièvre). Hans Wyss, porte-parole à l'Office vétérinaire fédéral (OVF), estime cependant peu probable que ces maladies soient réellement dues au virus de la fièvre aphteuse.

En fait, l'homme pourrait même manger la viande d'une bête atteinte. Cela dit, de tels morceaux sont retirés du circuit de la consommation, car leur manipulation risque de propager le virus.

QUE RISQUENT LES ANIMAUX DOMESTIQUES, LES CHATS ET LES CHIENS NOTAMMENT?

Ils ne risquent rien non plus.

ALORS, POURQUOI COMBATTRE CETTE MALADIE?

Parce qu'elle a de lourdes conséquences économiques. D'une part, les bêtes qui réchappent à la maladie restent faibles. Par exemple, les vaches ne produisent presque plus de lait. Et d'autre part, les exportations des pays touchés par cette épizootie sont suspendues.

POURQUOI AUTANT DE BÊTES SONT-ELLES ABATTUES?

Les troupeaux atteints, ou suspectés de l'être, sont systématiquement abattus car c'est le seul moyen d'éviter la propagation du virus. Celui-ci se transmet très facilement d'un animal à l'autre. Au point que, si une bête est malade, tout le cheptel est infecté.

De plus, un animal qui a été malade peut ensuite être porteur du virus sans développer la maladie. Et donc provoquer une nouvelle épizootie. Pire: les porcs, notamment, secrètent de grandes quantités de virus avant l'apparition des premiers symptômes.

Le virus peut même se transmettre par l'air, surtout si le temps est humide, froid et nuageux. Il peut aussi se déplacer sur les vêtements, chaussures, véhicules, ou être transmis par le lait, la viande, le fumier, le purin. A noter: le virus peut survivre plusieurs mois dans la viande congelée ou en saumure!

Les porcs sont souvent contaminés par le biais de leur nourriture. Ainsi, il est possible qu'en Grande-Bretagne, la maladie provienne d'un lot de viande illégalement importé et servi dans un restaurant. Dont les déchets ont ensuite été recyclés pour nourrir les cochons.

POURQUOI LES PAYS SONT-ILS SI RETICENTS A VACCINER?

En Grande-Bretagne, la situation est devenue tellement critique que l'Union européenne vient d'autoriser la vaccination d'environ 180 000 bovins. Mais celle-ci est vue d'un mauvais œil parce qu'elle a de nombreux inconvénients.

En particulier, les pays procédant à de telles vaccinations voient leurs exportations de bétail, de viande, mais aussi de fromage et de produits laitiers, limitées. Or, les exportations suisses dans ce domaine représentent un volume annuel de 500 millions de francs, en Europe seulement.

JUSQU'A QUAND CELA VA-T-IL DURER?

Certains experts s'attendent à ce que cette crise dure, en Grande-Bretagne, jusqu'à l'été. Cela dit, elle ne devrait pas avoir la même ampleur dans d'autres pays.

LA SUISSE SERA-T-ELLE TOUCHEE?

En Suisse, le dernier cas de fièvre aphteuse a été diagnostiqué dans le canton de Berne en 1980. Dans les années 60, l'épizootie a par ailleurs sévi à plusieurs reprises.

Impossible de savoir si, cette fois, notre pays y échappera. Mais la France touchée, la Suisse court bel et bien des risques. Tant le virus se propage facilement.

Caroline Zuercher

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