Jean-Christophe Mitterrand a menti sur ses comptes en Suisse

Jean-Christophe Mitterrand à l'époque de son interview au Parisien libéré. Keystone / EPA / AFP / Pierre Verdy

En juin 1998, le journal français Le Parisien libéré découvre que Jean-Christophe Mitterrand a été salarié pendant deux ans d´une fondation à Genève. Le fils de l´ancien président assure alors n'avoir ni compte ni argent en Suisse.

Ce contenu a été publié le 07 janvier 2001 - 16:06

«Le Centre de recherches Entreprises et Sociétés (CRES) me payait en francs suisses et je n'habite pas la Suisse», reconnaissait Jean-Christophe Mitterrand dans une interview publiée dans Le Parisien libéré du 16 juin 1998. L'ancien responsable de la cellule Afrique de l'Elysée racontait qu'il avait alors demandé à une banque genevoise de faire un transfert.

«Je n'appelle pas avoir un compte en Suisse. Je n'avais pas d'argent en Suisse. Mon salaire, et rien d'autre, ne faisait que passer», expliquait alors Jean-Christophe Mitterrand. De 1992 à 1994, il était rémunéré 7500 francs suisses par mois comme consultant par le CRES, une fondation créée par Elf (mais aujourd'hui indépendante du groupe pétrolier).

Or, l'enquête sur un trafic d'armes avec l'Angola, qui a conduit le fils de l'ancien président français en prison pour notamment «complicité de commerce d'armes illicite», révèle que Jean-Christophe Mitterrand a perçu une commission de 1,8 million de dollars (2,88 millions de francs suisses) versés sur un compte à la banque Darier & Hentsch, entre le 21 octobre 1997 et le 4 juin 1998.

Ces versements peuvent d'ailleurs intéresser la justice suisse. Depuis la nouvelle loi sur le blanchiment entrée en fonction le 1er avril 1998, les banques doivent se poser des questions lorsque des sommes importantes atterrissent sur un compte. De plus, les virements ont été effectués par Brenco Trading International Limited, une société spécialisée dans le trafic d'armes, basée à l'île de Man.

Comment Jean-Christophe Mitterrand, qui avait accepté comme premier salaire à l'Elysée l'équivalent de 2500 francs suisses, puis au CRES, 7500 francs, pouvait-il brusquement gagner de telles sommes? La justice française n'hésite pas à parler de «contreparties qu'on cerne très mal». Bernard Bertossa, le procureur général de Genève, a d'ailleurs ouvert une enquête distincte de celle des juges français pour «blanchiment d'argent».

Sur les 2.88 millions de francs versés en 1997 et 1998, il ne resterait plus actuellement qu'environ un demi-million, bloqué depuis le 26 décembre dernier par le juge genevois Daniel Devaud, en charge de ce dossier. Le reste a vraisemblablement été investi dans des sociétés de pêche que Jean-Christophe Mitterrand possède en Mauritanie.

Ian Hamel

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