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John Harlin sur la frontière suisse: fin d'étape!

Heureux, John Harlin savoure sa réussite

(swissinfo.ch)

L'aventurier John Harlin raconte son périple sur la frontière nord de la Suisse, entre kayak, marche et vélo. L’étape finale, ce sera les Alpes, en 2011.

Alpiniste et écrivain, John Harlin vient de terminer la deuxième partie de son voyage de 2000 kilomètres sur les frontières suisses. Parti de la frontière avec le Liechtenstein, John Harlin a longé le nord et l’ouest de la Suisse, suivant le Rhin, puis le Doubs. Il a arpenté l’arc jurassien jusqu’à Genève, avant de terminer - momentanément - son périple à Leysin. Sur swissinfo, un journal interactif raconte son aventure. John Harlin viendra le compléter l’été prochain pour nous raconter la dernière étape de son voyage, au travers des Alpes.

C’est la fin du début, mais loin d’être le début de la fin ! A l’origine, je pensais arriver à St-Gingolph il y a environ un mois, exténué par 100 jours passés à longer la frontière. Cela aurait dû être le couronnement d’un voyage épique. L’idée était de rentrer à pied à Leysin, où tout avait commencé, et de faire la fête avec ma famille et mes amis. C’était le projet.

En réalité, j’ai atteint St-Gingolph à coups de pagaies un mois plus tard, avec 1000 kilomètres en moins que prévu: les kilomètres les plus durs.

J’ai suffisamment écrit à propos de mon accident et de mon changement de plan, je ne vais donc pas entrer dans les détails. Mais pour ceux qui n’ont pas suivi mon récit de mes aventures sur la frontière suisse, un petit résumé s’impose. En juin dernier, je suis donc parti à pied de Leysin, mon lieu de résidence depuis plusieurs années. A peine dix jours plus tard, après qu’une pierre eut cédé sous mes pas alors que je grimpais, j’ai fait une chute de quinze mètres. Résultat: cinq os de mes pieds fracturés, et un hélicoptère qui vole à mon secours.

Trois mois plus tard, mes os étant suffisamment consolidés pour que je puisse pratiquer le kayak et le vélo, je suis reparti vers la frontière nord - celle qui est relativement plate.

J’ai quitté Sargans le 5 octobre. J’ai navigué sur le Rhin avec un kayak, contourné Schaffhouse en mountain bike puis longé, à vélo toujours, la frontière française qui borde les montagnes jurassiennes et les alentours de Genève. Ensuite, j’ai retrouvé mon kayak pour longer le Lac Léman jusqu’à St-Gingolph.

En ce qui concerne les frontières avec l’Autriche et l’Italie, elles devront attendre l’été prochain, lorsque mes pieds seront totalement remis et que la neige aura fondu.

J’ai déjà évoqué mon parcours sur le Rhin, où, malgré la beauté, on ressent partout l’empreinte de l’homme. Où, malgré les vieilles bâtisses qui suscitent un sentiment d’intemporalité, l’histoire est plus que jamais en marche. Tout change, et cela a toujours été le cas.

C’est d’ailleurs certainement le changement qui décrira la seconde moitié de la deuxième étape de mon circuit sur la frontière. Des nouveaux amis m’ont rejoint, cette fois-ci, des Américains de Hood River, ma ville d’origine, dans l’Oregon. Jay Sherred et Lee Greenwald avaient les deux prévu de marcher et de grimper avec moi en juillet et en août. Heureusement, ils ont pu changer la date de leurs billets d’avion et me rejoindre cet automne pour faire du vélo.

Rouler par tous les temps

Notre stratégie était de nous retrouver pile sur la frontière, au moins un moment chaque jour, même s’il fallait pour cela emprunter des chemins de forêt étroits et chaotiques. Puis de passer le restant de la journée sur des routes toujours proches de la frontière, mais plus civilisées, qui nous permettaient aussi d’aller vite et de nous imprégner de la diversité culturelle des lieux. Car les routes de forêt ne peuvent à elles seules décrire ce pays. Pour quelqu’un comme moi, dont la maison se situe au coin d’une forêt, les fermes et les villages racontent plus de choses et sont plus exotiques…

Chaque jour était différent du précédent, aussi bien du point de vue de la météo que des paysages. Jay et Lee avaient repoussé le moment de me rejoindre en raison de leur crainte du froid automnal et de la pluie. Finalement, nous avons subi les deux, avec de la neige mouillée en prime. Mais en ce qui concerne la plus grande partie du voyage, le temps a été magnifique. On m’avait dit que, dans le Jura, je ne verrais rien d’autre que des arbres tout verts! En réalité, nous nous sommes souvent retrouvés sous des arbres aux feuillages dorés se préparant pour la saison hivernale.

La magie de l’automne s’est incarnée dans les spectaculaires gorges du Doubs, que nous avons remontées durant deux jours en suivant des chemins de randonnée et des petites routes. Le Doubs, c’est un environnement étonnamment diversifié, un monde relativement préservé et peu peuplé, découpé dans les montagnes et les plateaux du Jura.

Du «monde» d’en haut, nous sommes descendus dans les gorges, le «canyon», et deux jours plus tard, nous en sommes ressortis en grimpant - comme une montagne à l’envers. Avant ce périple, j’avais lu plusieurs articles à propos des efforts effectués pour préserver le Doubs, pour protéger son environnement sauvage et sa beauté. J’espère sincèrement qu’il sera bientôt un site protégé. En Suisse comme en France, puisque l’entier du flanc nord est français.

En voyageant depuis Bâle, en direction du sud-ouest, j’ai eu l’impression de pénétrer sur un territoire familier, alors même que je n’y avais encore jamais mis les pieds. Une impression due essentiellement à la langue, puisque la région est francophone. Or, comme j’habite Leysin, j’ai assez pratiqué le français pour pouvoir tenir une conversation sans traduction. Comprendre à nouveau la langue était un sentiment merveilleux et libérateur, l’impression de retrouver la Suisse comme ce pays d’origine dont j’avais le souvenir.

La beauté des Alpes

Il était également amusant de voir des choses que j’avais apprises aux cours de géographie à Leysin: les courants étranges des petits lacs, les rivières souterraines qui jaillissent soudainement à l’air libre. Des particularités qui sont dues à la pierre calcaire du Jura qui creuse des grottes, certaines réalisées par l’infiltration d’eau dans la pierre, d’autres créées par des formations exceptionnelles qui datent de l’Age de Glace.

Le moment le plus mémorable de ce parcours nord aura été l’ascension à vélo de la Dôle, lorsque, arrivés sur la crête, l’entier des Alpes est apparu devant nous. A peine le col passé, sous le coup de l’émotion, je suis presque tombé de mon vélo.

Ces montagnes représentaient le pays que je connaissais avant d’effectuer mon périple sur la frontière nord. Elles constituent un autre monde, pas mieux, ni plus beau, mais différent. Les fermes, les villages et les forêts que nous avons traversés au cours des dernières semaines étaient culturellement riches, profonds, magnifiques. Mais sans renier toutes ces beautés, l’extase que l’on peut ressentir en admirant une chaîne éblouissante de sommets enneigés est difficile à égaler.

En pagayant sur le Léman, je me suis, jour après jour, rapproché des Alpes. Et je suis revenu au point de départ, à St-Gingolph, puis à Leysin, au cœur de mon monde.

Le regard tourné vers l’avant

J’ai commencé ce voyage en suivant la ligne d’horizon que j’aperçois depuis Leysin, la frontière française au sud qui atteint ensuite l’Italie au niveau du Mont Dolent. Mais je n’ai même pas effectué la moitié du périple. Relier Sargans au Mont Dolent, impliquera une distance plus grande que je ne l’avais imaginé au départ. Néanmoins, je vais de l’avant: les montagnes se parcourent comme la vie.

J’aimerais pouvoir conclure en disant que, de retour à la maison, je suis en train de serrer Adele et Siena dans mes bras. Mais voilà… lorsque je parcourais le Rhin, j’ai été invité à participer au Festival international de films de montagne et d’aventure en Autriche, pour y présenter mon voyage et y faire partie du jury. C’est un honneur et le timing est parfait : bref, le devoir m’appelle. Alors, Adele et Siena: je serai bientôt de retour à la maison!

A tous ceux qui ont suivi mes récits, j’espère que vous avez apprécié le voyage et que vous serez présents l’été prochain pour de nouvelles aventures.

L’aventure

L’alpiniste et écrivain John Harlin a repris son aventure sur la frontière suisse le 5 octobre, après avoir été victime d’un accident de montagne l’ayant laissé avec deux pieds cassés.

swissinfo.ch suit les nouveaux chapitres du voyage de John Harlin en deux parties.

Première partie «Rivers and Ridges». John Harlin navigue sur le Rhin, marche autour de Schaffhouse, parcoure à pied et en vélo la crête du Jura. Deuxième partie, le retour dans les Alpes en 2011.

Plusieurs fois par jour, John Harlin envoie des textes, des images et des vidéos avec son téléphone portable, qui sont publiés dans un journal online que l’on peut retrouver sur le site anglais de swissinfo.ch

Grâce à un plan de la Suisse interactif, les lecteurs peuvent suivre John Harlin en temps réel et observer l’endroit où il se trouve.

Les images réalisées par l’aventurier sont postée sur Picasa et des milliers de fans sur le réseau social Facebook reçoivent les notifications des nouveautés directement sur leurs profils.

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Quelques chiffres

Suite à son accident, en juillet dernier, John Harlin a opté pour une approche plus ‘décontactée’ de son parcours de la frontière suisse, se permettant de dévier un peu des tracés exacts lorsque d’autres chemins lui offrent un parcours plus logique.

La frontière suisse - de Trübach, près du Liechtenstein, à St Gingolph, en passant par Bâle, Genève et le Léman – représentait la partie «facile» de son projet. Les chiffres exacts de ce tronçon de frontière sont les suivants:

Nombre de km: 891

Dénivelé positif total: 20'292 m

Dénivelé négatif total: 20'991 m

Distance parcourue à pied: 334 km

Distance parcourue à vélo: 557 km

La 2e partie du voyage, de Trübach au Mont Dolent, lieu de son accident, sera plus ambitieuse:

Nombre de km: 928

Dénivelé positif total: 106'825 m

Dénivelé négatif total: 109'634 m

Le projet de swissinfo.ch «Border Stories» a été nominé pour le Prix Europa, à Berlin, dans la catégorie médias émergents.

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Traduction et adaptation de l'anglais: Laureline Duvillard, swissinfo.ch

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