Jouer pour la paix à Macolin

Adolf Ogi est persuadé que les dirigeants sportifs peuvent avoir autant d'influence que les dirigeants politiques. Keystone

Plus de 200 délégués de 150 pays se retrouvent à Macolin pour se pencher sur la promotion de la paix par le sport. Sur fond de bruit de bottes en Irak.

Ce contenu a été publié le 16 février 2003 - 10:58

Cette première Conférence internationale sur le sport et le développement a débuté ce dimanche.

Et c'est l'Ecole fédérale de sport de Macolin (EFSM) dans le canton de Berne qui accueille cette réunion de trois jours.

Le maître d'œuvre de cette conférence n'est autre qu'Adolf Ogi, ancien ministre des Sports et conseiller spécial du secrétaire général de l'ONU.

Cette réunion, organisée en collaboration avec la Direction du développement et de la coopération (DDC) et l'Office fédéral du sport (OFSPO), est primordiale aux yeux d'Adolf Ogi.

Raison pour laquelle, il veut que cette conférence aboutisse sur des décisions concrètes.

Elle accueillera, notamment, le président polonais Alexander Kwasniewski, le président du Comité International Olympique (CIO), Jacques Rogge, ainsi que Carol Bellamy, directeur exécutif de l'UNICEF, le Fond des Nations unies pour l'enfance.

Intérêt majeur

«La liste des personnalités attendues, explique Adolf Ogi, démontre largement l'intérêt de l'événement et la nécessité d'avancer dans ce domaine de la promotion du sport».

«Je suis très heureux, dit-il, de voir participer autant de personnalités susceptibles de véhiculer nos idées à travers le monde».

Pas question pour Adolf Ogi d'occulter d'autres acteurs majeurs dans ce domaine. Il se défend de vouloir remplacer ou faire de l'ombre à des institutions comme le Centre international pour la trêve olympique, le Groupe de Travail International sur les Femmes et le Sport ou encore le Conseil International pour l'Education Physique et la Science du Sport.

«Nous voulons simplement, précise Adolf Ogi, que ces institutions sachent que les Nations unies soutiennent et encouragent leurs ambitions».

Pour l'ancien ministre, «il est évident que cette conférence devrait aider à mieux coordonner le travail de toutes ces institutions, sans avoir la prétention de les contrôler».

Trop tard pour l'Irak

Cela dit, les discussions sur le rôle que le sport peut jouer en faveur de la paix peuvent paraître illusoires. Au moment où la guerre en Irak se profile à l'horizon.

Et l'ancien ministre de souligner que «l'objectif de la réunion de Macolin reste le sport et le développement». Mais cela n'empêche pas que des discussions puissent avoir lieu afin d'empêcher le conflit.

«Il faut être honnête, concède Adolf Ogi, il est trop tard pour que le monde du sport apporte une réelle solution de paix en Irak».

«A l'avenir, je crois que de nombreux dirigeants des milieux du sport peuvent avoir autant d'influence que des responsables politiques, économiques ou encore des intellectuels», renchérit l'ancien conseiller fédéral.

Exemples concrets

Adolf Ogi donnera des exemples concrets - lors de son discours d'ouverture - des opérations ayant contribué ou qui contribueront au développement social.

A l'image de la Fédération internationale de football (FIFA) qui compte placer des écrans géants dans les stades afghans, lors de la prochaine Coupe du monde de football.

Adolf Ogi donne un bon point à l'écurie automobile suisse Sauber qui va promouvoir une campagne de lutte contre le sida.

Et ce n'est pas tout. Un projet pilote de rencontres de basket-ball a été mis sur pied en ex-Yougoslavie.

«Ce projet de basket-ball sans frontières émane directement de la NBA, la plus grande ligue américaine de basket-ball. Elle a pour objectif de faire jouer ensemble des jeunes de différentes ethnies et cultures, afin qu'ils puissent mieux se connaître», explique Adolf Ogi.

Visiblement, cette action porte ses fruits. «Le premier jour, précise l'ancien ministre, les jeunes qui ne se connaissent pas s'ignorent. Mais une fois l'entraînement commencé et les repas partagés, ils sont plus en confiance».

Mieux, renchérit Adolf Ogi, «très rapidement, ces jeunes cessent de se demander s'ils viennent de Serbie, du Kosovo, de Bosnie ou de Macédoine».

Des journalistes venus faire un reportage sur ce sujet après le quatrième jour de cette première expérience, ont été particulièrement surpris de l'efficacité de la méthode.

Déclarations de Macolin

Au final, deux documents d'importance appelés «Déclarations de Macolin» doivent être établis et paraphés par les participants.

La première consiste en une déclaration d'intention qui doit donner aux acteurs du développement, les clés de la promotion de la paix par le sport.

La seconde doit établir une liste de projets qui touchent à l'éducation, à la santé et bien entendu à la recherche de la paix par le sport.

Un travail qui ne devrait pas être sans lendemain, puisque ces deux déclarations seront remises au secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, au mois d'avril.

swissinfo, Mark Ledsom
(Traduction: Jean-Louis Thomas)

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