Kudelski sauve la face

André Kudelski lors de la conférence de presse ce mercredi à Lausanne. Keystone

Même si 2002 a été une année difficile, Kudelski a fait mieux que de répondre aux attentes de la communauté financière.

Ce contenu a été publié le 26 mars 2003 - 19:57

La restructuration entreprise en début d'année suit son cours mais ne produira ses effets qu'en 2004.

Kudelski a vécu une année 2002 éprouvante. Les résultats publiés mercredi par le groupe vaudois en portent les stigmates. Le bénéfice net du spécialiste du cryptage numérique s'est littéralement écroulé de 86,1% à 10 millions de francs.

Ce montant prend en compte les charges de réorganisation qui dépassent 42 millions de francs. Dans le même temps, le chiffre d'affaires du groupe s'est inscrit en recul de 11,7% à 402,4 millions de francs.

Des changements positifs

«Même si ces résultats sont marqués par une quantité importante d'éléments exceptionnels, ils n'en restent pas moins supérieurs à mes prévisions, au niveau opérationnel notamment», explique Jean-Philippe Barras.

L'analyste de la Banque cantonale vaudoise (BCV) se félicite en outre des réajustements qui ont été faits au niveau de la structure de direction et des changements intervenus dans les pratiques commerciales.

Echostar en difficultés

Tandis qu'aux Etats-Unis, l'échec de la fusion entre les deux chaînes de télévision à péage Echostar, qui représente près de 25% des ventes totales de Kudelski, et Direct TV a pénalisé l'activité du groupe.

La société vaudoise aurait ainsi pu écouler ses cartes à puces auprès des clients de Direct TV.

Aujourd'hui la situation est telle que la taille critique d'Echostar est insuffisante. Elle n'offre les chaînes locales à 65% des ménages américains seulement. Et à ce titre, elle est devenue une proie qui aiguise l'intérêt de Newscorp, compagnie du magnat australien Rupert Murdoch.

Si l'opération devait avoir lieu, Echostar quitterait le système d'accès conditionnel Nagravision développé par Kudelski au système NDS offert par Newscorp.

D'après les chiffres publiés dans le quotidien économique L'agefi, les ventes totales du groupe vaudois devraient alors être réduites de 25% par rapport aux prévisions actuelles pour 2003.

Neuf contrats conclus en 2002

Une éventualité qui n'inquiète pas outre mesure Jean-Philippe Barras. «Les liens qui existent entre Kudelski et Echostar sont forts, d'autant plus que les entreprises ont un contrat d'une durée de dix ans».

D'autres signaux positifs viennent conforter cet optimisme. L'unité de télévision numérique de Kudelski a signé neuf nouveaux contrats cette année.

Les plus importants ont été passés en Europe avec la chaîne allemande Premiere et aux Etats-Unis avec Atlantic Telecom et Comcast.

Le groupe est également parvenu à renforcer son implantation en Asie, en Chine et en Corée notamment. Mais ces développements ne signifient pas pour autant que la situation financière du groupe s'améliorera drastiquement en 2003.

Une année de transition

La direction du groupe a prévenu que cette année lui permettrait d'opérer une transition par rapport à son nouveau modèle d'affaires.

En effet pour diminuer son exposition à une brusque baisse du nombre d'abonnés, Nagravision offre désormais une plate-forme d'accès conditionnel à paiement mensuel.

Mais par rapport au modèle traditionnel, les revenus et la profitabilité sont plus faibles pendant la première année d'implémentation. Raison pour laquelle les résultats du groupe en profiteront à partir de 2004 seulement.

Dans l'intervalle, la santé financière de Kudelski reste très bonne. «Si la société est toujours en mesure de racheter une partie de sa dette, c'est qu'elle n'est pas en manque de liquidités», conclut Philippe Barras.

swissinfo, Jean-Didier Revoin

Faits

Le bénéfice net de Kudelski a chuté de 86,1% à 10 millions de francs.
Le chiffre d'affaires a reculé de 11,7% à 402,4 millions de francs.
Kudelski a conclu neuf nouveaux contrats en 2002.

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