L'économie mondiale à deux doigts de la récession

La tension est palpable devant la bourse de New York. Keystone

L’agence de notation Standard & Poor’s a retiré vendredi à la dette américaine sa note AAA, synonyme de fiabilité. Pour la presse suisse de lundi, cette décision est logique, compte tenu de la situation aux Etats-Unis. Mais les craintes pour l’économique mondiale sont grandes.

Ce contenu a été publié le 08 août 2011 - 10:19
swissinfo.ch

La presse suisse de lundi est unanime pour estimer que la perte du triple A par les Etats-Unis est historique. «Le AAA accordé à la dette américaine par Standard & Poor’s avait résisté à tout: à la Grande Dépression, à la Seconde Guerre mondiale, à la guerre de Corée, au Vietnam et aux attaques terroristes du 11 septembre 2001», rappelle ainsi Le Temps.

Pas une surprise

Si la décision est historique, elle ne constitue pas pour autant une surprise aux yeux de la presse. En effet, l’ampleur considérable de la dette américaine et le blocage politique entre républicains et démocrates pour trouver une solution expliquent cette décision.

«La question, au demeurant, n’est pas tant de savoir ce qui l’a conduite à prendre aujourd’hui cette décision sans précédent, mais plutôt par quel miracle l’ampleur de l’endettement américain, dont tout le monde sait depuis des décennies qu’il est une bombe à retardement, n’avait jamais provoqué le moindre froncement de sourcils chez ceux qui distribuent les notes aux Etats», note Le Temps.

Pas plus que les autres, le grand quotidien zurichois Neue Zürcher Zeitung n’est surpris par la décision. «Un plan financier qui prévoit des déficits durables sans présenter de sources de financement (c’est-à-dire de hausses d’impôt) pose la question de la crédibilité du débiteur», écrit-il.

«Le message explicite de l’agence de notation à propos du blocage politique à Washington qui a empêché un assainissement des finances publiques pose le problème américain: des positions des républicains et des démocrates sont si antagonistes sur des questions de base de politique ou d’économie, que des solutions optimales ne sont plus atteignables», analyse pour sa part le quotidien bernois Bund.

Finalement, la Basler Zeitung résume bien l’opinion générale en écrivant: «Ce que presque tout le monde savait déjà est maintenant officiel».

Plus une superpuissance

Plusieurs journaux sont d’avis que cette décision montre que les Etats-Unis ne sont plus ce qu’ils étaient. Avec la perte du triple A, leur statut de superpuissance en prend un coup.

«La perte de le meilleure note montre encore plus: les temps sont finis où les Etats-Unis pouvaient régir le monde de manière hégémonique et dépenser un billion de dollars pour une guerre comme celle d’Irak», note par exemple le Bund.

Quant aux Etats-Unis, ils doivent s’habituer à l’idée de passer du rang de superpuissance économique à celui de simple puissance économique, parmi d’autres», juge pour sa part la Tribune de Genève.

Un lundi noir?

La grande question qui préoccupe les commentateurs, c’est de savoir si le déclassement des Etats-Unis va provoquer une chute dramatique des bourses et, de là, peut-être même une crise économique mondiale. En effet, le dollar n’est pas une monnaie commune, comme l’euro, mais une monnaie de référence. En d’autres mots, les prêts américains, à qui le triple A vient donc d’être retiré, servent aussi d’étalon pour les autres papiers de crédit.

Le quotidien fribourgeois La Liberté résume bien l’opinion générale en titrant: «Les places boursières craignent un lundi noir», très probablement en référence au «jeudi noir» de 1929 qui avait entraîné le monde la grande crise des années 30.

Cette journée de lundi devrait donc être importante. Mais les commentateurs ne cèdent pas (encore) au catastrophisme, tout comme celui de la Tribune de Genève qui écrit: «Les sévères corrections enregistrées la semaine dernière devraient tempérer tout mouvement de panique. Les mouvements d’humeur boursière seront donc vraisemblablement confinés dans une période de court terme.»

«Sur le long terme, c’est une toute autre histoire. Des dettes aussi énormes que celles de doivent supporter les Etats-Unis, certains pays européens et le Japon ne s’effacent pas du jour au lendemain. Pour qu’elles se dégonflent, elles supposent la prise de mesures lourdes, forcément impopulaires, politiquement risquées», conclut-il.

Situation sur les marchés

La Bourse suisse a ouvert en baisse de 1,1% environ lundi, avant de se ressaisir et de revenir dans le vert. Vers 9h30, l'indice des valeurs vedettes, le Swiss Market Index (SMI), gagnait même 1,5% à 5250 points.

Les autres places boursières européennes évoluaient aussi en hausse dans les premiers échanges, à l'exception de Francfort qui cédait 0,07%. Ailleurs, Paris prenait 1,38%, tout comme Milan (+2,7%) et Madrid (+3%), ces deux marchés profitant de l'action de la Banque centrale européenne (BCE) de racheter de la dette. Tokyo a pour sa part clôturé en baisse de 2,18% lundi.

Sur le front du marché des devises, le franc suisse continue à battre des records. Le dollar est ainsi descendu lundi à 8h00 à 75,28 centimes. S'éloignant de ses plus bas, l'euro profitait de son côté d'un léger rebond pour s'échanger au-dessus de 1,09 franc vers 9h15.

Source: ats

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