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L’économie suisse résiste à la crise de l’euro

Un petit billet, mais une forte demande: le franc suisse s’apprécie face à l’euro.

(Keystone)

Le déclin de l’euro a effrayé beaucoup de pays européens. Mais l’économie suisse se maintient, malgré un franc fort. Plus que n’importe quel autre pays, la Suisse tire bénéfice de la mondialisation, juge l’économiste Jan-Egbert Sturm.

Jan-Egbert Sturm, qui est responsable de l’Institut de recherches conjoncturelles KOF de Zurich, affirme que l’intervention de la Banque nationale suisse (BNS) joue également un rôle dans le fait que le franc ne s’apprécie pas trop fortement.

Les exportateurs suisses se sont plaints que le cours élevé du franc les pénalisait. Toutefois, les chiffres montrent que les exportations suisses ont enregistré des gains significatifs durant le premier trimestre 2010.

La récente chute de la valeur de l’euro ainsi que la décision de l’agence de notation Standard and Poor’s de déclasser la Grèce, l’Espagne et le Portugal a par ailleurs rendu les marchés et les investisseurs nerveux. Compte tenu de ces circonstances, l’euro a flotté pendant plusieurs jours autour de 1,43 franc.

swissinfo.ch: La valeur actuelle du franc est-elle un signe que la BNS a agi sur les marchés et qu’elle suit la situation de près ?

Jan-Egbert Sturm: La BNS n’a cessé de répéter qu’elle ne permettrait pas une appréciation rapide du franc. Compte tenu de la situation actuelle avec la Grèce, on se doute que la BNS est active.

Malheureusement, nous ne le savons pas vraiment, parce que la BNS fournit toujours ses données avec un délai d’un mois. Il n’y a que des chiffres mensuels et nous ne pouvons donc jamais déterminer exactement si elle a été ou non active.

swissinfo.ch: Vous dites «active», mais que peut faire exactement une banque nationale ?

J.-E. S.: Le principe de base est que la BNS achète des euros et met davantage de francs suisses sur le marché. Elle déprécie ainsi un franc qui pourrait être soumis à une potentielle appréciation.

swissinfo.ch: Un affaiblissement de l’euro aura-t-il un impact significatif sur les exportations suisses et, en particulier, sur la reprise économique ?

J.-E. S.: Je pense que ce qui est le plus important ici, ce sont les conditions économiques en Europe. Bien sûr, si le prix des biens suisses augmente en raison de l’appréciation du franc, ce ne sera pas bénéfique pour le secteur du commerce.

Mais nous devons réaliser que le secteur suisse des exportations fournit normalement des produits de niche qui sont très spécialisés, où nous savons que la fluctuation des prix est assez faible. Cela signifie que s’il y avait une pression à la hausse sur le franc, cela n’aurait pas immédiatement de grandes conséquences sur la demande en produits suisses.

Ce qui est plus sérieux, c’est si l’économie européenne régresse et tombe dans une phase de récession ou de stagnation. La faiblesse de la demande frapperait alors le secteur suisse des exportations et ce serait probablement plus critique que dans le cadre des fluctuations sur le marché des changes.

swissinfo.ch: Dans quelle mesure diriez-vous que le franc suisse est une valeur refuge, particulièrement par rapport aux monnaies européennes ?

J.-E. S.: Il n’y a jamais une certitude absolue dans ce domaine. Mais probablement, les principales raisons qui expliquent la pression à la hausse sur le franc viennent des problèmes concernant la situation en Grèce.

Il y a, dans ce sens, un effet refuge. Les gens ne savent pas quels seront les effets de ces problèmes sur l’euro. Par conséquent, ils abandonnent l’euro pour d’autres monnaies, parmi lesquelles le franc.

swissinfo.ch: Il y a eu beaucoup d’attaques contre le système fiscal et le secret bancaire suisses. Mais les gens continuent de déposer leur argent en Suisse…

J.-E. S.: Oui. L’économie Suisse a un secteur financier très important et nous nous sommes construit une très bonne réputation sur une longue période.

Bien sûr, les problèmes du système fiscal et du secret bancaire confèrent une image négative au secteur financier suisse. Mais d’un autre côté, ainsi que nous pouvons le constater actuellement, l’élément central d’un système financier suisse fort est encore vivant.

swissinfo.ch: Comment se fait-il que la Suisse résiste mieux que d’autres à la tempête actuelle ?

J.-E. S.: La Suisse réalise vraiment de meilleures performances que les autres pays européens. L’une des raisons est que nous bénéficions beaucoup de l’amélioration que nous constatons en Asie et sur les marchés émergents en général. La Suisse exporte relativement beaucoup, du moins en comparaison avec les autres pays européens, et, en ce sens, nous bénéficions un peu plus de l’économie mondiale que les autres Européens.

C’est en partie dû à notre structure. Si vous considérez, par exemple, l’industrie horlogère, nous assistons actuellement à une augmentation substantielle des exportations. Les montres ne sont pas tellement exportées vers l’Europe, mais vers l’Asie – vers ces régions où nous voyons clairement une nette hausse des taux de croissance.

Robert Brookes, swissinfo.ch
(Traduction de l’anglais: Olivier Pauchard)

Le commerce extérieur suisse au 1er trimestre

Pour la première fois depuis l’automne 2008, tant les importations que les exportations ont augmenté.

Les exportations ont enregistré un bond significatif, malgré la force du franc. Les secteurs des montres et des machines ont exporté un tiers de plus.

La balance du commerce a présenté un bénéfice de 5,7 milliards de francs.

La demande en produits suisses a augmenté sur tous les continents, mais c’est en Asie et en Océanie qu’elle a été la plus forte.

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La crise de la dette

L’agence de notation Standard and Poor’s a abaissé les notes de la Grèce et du Portugal le 27 avril. Jeudi, S&P a fait de même avec l’Espagne, signe que la crise s’étend.

Des analystes ont estimé que, compte tenu du fait que l’économie espagnole est beaucoup plus importante que celles de la Grèce et du Portugal, toute limitation de son crédit pourrait créer de fortes turbulences dans la zone euro.

Toutefois, S&P a précisé que le déclassement de l’Espagne ne remettait en aucun cas en question sa capacité à honorer les obligations de sa dette.

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