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L'adieu aux six soldats morts en montagne

Le ministre de la Défense Samuel Schmid n'a pas caché son émotion.

(Keystone)

Une cérémonie à la mémoire des six victimes militaires de la Jungfrau a réuni leurs proches ainsi que des représentants de l'armée et des autorités, mardi à Andermatt (Uri).

Sans cacher son émotion, le ministre de la Défense Samuel Schmid a appelé à faire la lumière sur l'accident. Des éléments nouveaux apparaissent, mais pas de certitudes.

«La Suisse est bouleversée, nous sommes tous bouleversés», a déclaré Samuel Schmid en l'église des saints Pierre et Paul à Andermatt. Le chef de l'armée Christophe Keckeis ainsi que des représentants de plusieurs cantons étaient notamment présents aux côtés des proches des défunts. Sans oublier leurs anciens camarades de l'école de recrues d'Andermatt, visiblement très émus.

Samuel Schmid a insisté sur le souvenir, le respect, la vérité et la confiance. «Si nous sommes rassemblés aujourd'hui, c'est pour ne pas oublier les rires ou les personnalités formidables qui nous avaient été offerts par ces soldats.»

Le ministre a invité les proches à ne pas juger sans connaître la vérité et à ne pas vouloir aller trop vite, alors que «nous avons justement besoin de temps» après un tel drame. Pour conclure, il a demandé de garder confiance en l'armée et la justice.

Six bougies

Dans son homélie, le chanoine de l'Abbaye de St-Maurice (Valais) a rendu hommage à la mission de ces soldats. «Vous saviez que pour sauver des vies, il fallait parfois prendre des risques. Ce jour-là, vous aviez évité les pièges mais, tout à coup, deux plaques se sont détachées et tout votre environnement a été chamboulé.»

Ensuite, les prêtres, pasteurs et aumôniers militaires ont allumé six bougies en mémoire des six soldats décédés, dont les noms ont été cités.

«Au mieux de leur conscience»

«Vos fils n'aimaient pas la montagne, ils en avaient la passion», a dit de son côté le commandant de corps Luc Fellay, responsable des Forces terrestres. «Chers parents, vous nous aviez confié vos fils. Nous n'avons pas trahi cette confiance. Les supérieurs de vos fils, leurs guides ont fait au mieux de leur conscience», a-t-il ajouté.

Luc Fellay a promis aux familles que la justice travaillera à établir la vérité, «sans précipitation et dans la sérénité».

Forte pression

Après la cérémonie, l'un des survivants du drame a témoigné dans le cadre d'une conférence de presse organisée par l'armée à Andermatt, car la pression est devenue énorme, selon Fred Heer, remplaçant du commandant des Forces terrestres.

Alain Perusset, 20 ans, a témoigné que l'itinéraire avait été choisi en commun et non par ordre, car il présentait moins de neige fraîche que l'itinéraire traditionnel.

Alain Perusset se trouvait derrière les six camarades qui ont été précipités dans le vide. Il n'a pas vu d'avalanche mais le grimpeur qui le précédait l'a, pour une raison inconnue, fait tomber, lui et les cinq hommes qui suivaient (il y avait encore deux guides), mais ils se sont immobilisés après quelques mètres.

De son côté, le président de l'Association suisse des guides de montagne, Georg Flepp, considère ce témoignage comme vraisemblable.

Il a ajouté qu'il regrettait les critiques exprimées par son collègue Harry Sonderegger. Ce dernier a déclaré ce week-end qu'il avait prévenu l'un des guides impliqués du danger élevé d'avalanche.

swissinfo et les agences

Le plus grave accident depuis 1992

Le drame survenu jeudi sur la Jungfrau est le plus grave impliquant l'armée suisse depuis 1992. Cette année-là, l'explosion d'un dépôt de munition au col du Susten avait fait 6 morts.

L'avalanche la plus meurtrière du 20e siècle en Suisse avait fait 30 morts à Reckingen en Valais en 1970, dont 19 militaires stationnés dans le village.

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Une unité spécialisée

Les six victimes appartiennent Groupe des spécialistes de montagne 1 de l'armée suisse (Gr spéc mont 1).

Pour intégrer l'école de recrues de ce groupe à Andermatt, les hommes doivent remplir deux exigences: avoir réussi le cours «moniteur de groupe» de Jeunesse + Sport en alpinisme ou ski de randonnée, et être qualifié «bon à très bon» au test physique lors du recrutement de trois jours.

Cette unité doit pouvoir être opérationnelle dans un délai de neuf heures et être engagées dans des situations extraordinaires.

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