L'affaire Borer ouvre la porte aux dérapages

Le groupe de presse Ringier a fait perdre le sourire à Thomas Borer et à son épouse Shawne Fielding. Keystone Archive

Pour les analystes, le rappel de l'ambassadeur sacre une dangereuse victoire du groupe Ringier. La crédibilité de la presse suisse est en jeu.

Ce contenu a été publié le 10 avril 2002 - 22:36

A qui le tour? Dennis Barrelet s'interroge. «La décision du Conseil fédéral de rapatrier Thomas Borer donne l'impression qu'un groupe de presse peut dicter sa loi», estime ce spécialiste du droit des médias.

«Après ce type d'affaire, ajoute-il, il devient toujours plus difficile de défendre les grands principes de la presse, par exemple la liberté ou la protection des sources.»

Pour lui, les pratiques de non-respect de la vie privée développées par certains médias de boulevard britanniques et allemands arrivent en Suisse. Elles pourraient avoir des conséquences au niveau législatif.

«L'attitude du parlement risque d'être plus hostile et le public retire une impression négative, confirme le directeur du Centre romand de formation des journalistes, Daniel Cornu.

Une victoire à la Pyrrhus

Pour le sociologue zurichois Kurt Imhof, il s'agit d'une victoire à la Pyrrhus. Comme les autres analystes, il pense que l'affaire risque de porter ombrage aux médias suisses. «Cela va provoquer une discussion, en particulier sur la question de savoir jusqu'où les médias peuvent aller», analyse-t-il.

Enfin de manière générale, le politologue Pascal Sciarini y voit plus un signe de personnalisation de la politique et des médias suisses qu'un accroissement du pouvoir de la presse. «Les médias jouent un rôle de catalyseur dans ce phénomène», explique-t-il.

Ringier a de son côté salué le rappel à Berne de Thomas Borer. Pour lui, le Conseil fédéral a pris la bonne décision. Du côté des partis, seul le PDC soutient cette décision.

swissinfo avec les agences

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