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L'agriculture pour lutter contre les inondations

Une installation de régulation des eaux du Krauchthalbach.

(Keystone)

Des améliorations structurelles relativement simples apportées à l'environnement peuvent grandement diminuer les risques de crues.

Un an après les inondations qui ont ravagé une grande partie de la Suisse, l'Office fédéral de l'agriculture (OFAG) l'a démontré mercredi, en présentant un projet à Krauchthal (Berne).

L'installation de protection contre les crues frappe par sa simplicité, estime l'OFAG. Le torrent Krauchthalbach a été déplacé en bordure de forêt et son débit réduit continuellement de 8,5 mètres cubes par seconde à 3. Quatre digues de polders ont été remblayées avec le matériau excavé.

Par cette mesure, 200'000 mètres cubes d'eau peuvent être retenus dans quatre bassins. Les villages en aval sont ainsi protégés d'éventuels dégâts qui pourraient coûter des millions de francs, a expliqué sur place le concepteur du projet Willi Jordi.

Les terres entre les digues sont exploitées par les paysans de la région, parfois même de manière intense. Les dommages aux cultures en cas de remplissage des cuves sont indemnisés. Celle du bas est inondée le plus souvent, en moyenne une à deux fois par an, tandis que celles du haut le sont nettement moins.

Surfaces plus grandes

Les paysans tirent bénéfice de cette amélioration: leurs parcelles réduites ont pu être réunies en des surfaces plus grandes et plus facilement exploitables. Le torrent, qui divisait auparavant les terres arables, a été relégué en bordure de forêt et renaturé. Un sentier de promenade bien fréquenté à été créé dans la foulée.

Le projet des polders, à peine perceptible dans le paysage, a coûté deux millions de francs, soit beaucoup moins que le projet d'aménagement initial. Réalisé en 1997, il a caractère de projet pilote en Suisse, selon Willi Jordi. L'idée est d'ailleurs reprise pour des projets à d'autres endroits.

Ces améliorations structurelles, incombant à la fois à la Confédération et aux cantons, bénéficient autant à l'agriculture qu'à la collectivité, estime Christoph Böbner, sous-directeur de l'OFAG. Souvent, des terres cultivables sont touchées lors de catastrophes naturelles. L'agriculture se prête donc particulièrement à la protection préventive contre les crues.

Plus de 2,5 milliards de dégâts

Hasard du calendrier, c'est également mercredi que les assurances cantonales des bâtiments ont annoncé les montants qu'elles ont versé pour couvrir les dégâts dus aux intempéries qui ont ravagé la Suisse durant l'été 2005.

Au total, la montée des eaux a causé pour plus de 2,5 milliards de francs de dommages. Les assurances ont pour l'heure versé des indemnités pour un montant de 665 millions de francs. Plus de 15'000 dommages ont été enregistrés avec un montant moyen supérieur à 40'000 francs par cas.

Mais tous les cas n'ont pas encore été réglés.

swissinfo et les agences

Faits

Les inondations qui ont frappé la Suisse du 21 au 24 août 2005 ont fait pour plus de 2,5 milliards de francs de dégâts.
Les assurances des bâtiments ont déboursé plus de 660 millions pour couvrir plus de 15'000 sinistres.
Seule l'année 1999, avec des dégâts dus à la grêle, la neige et un ouragan (Lothar), leur avait davantage coûté.

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En bref

- Une des principales stratégies des autorités suisses pour prévenir les désastres naturels, notamment les crues, consiste en l'élaboration de cartes des risques naturels.

- Le gouvernement entend compléter ces cartes d'ici 2011.

- Jusqu'à présent, 66% des surfaces menacées par les avalanches, 30% des surfaces menacées par les crues, 29% des surfaces menacées par des chutes de rochers et 23% des surfaces menacées par les éboulements de terrain ont été cartographiées.

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