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L'arrivée de la FNAC relance le débat sur le prix du livre

Après Genève, la FNAC entend s'implanter à Lausanne, Bâle, Berne, Zurich et Lugano.

(Keystone)

La FNAC ouvre son premier magasin suisse, vendredi, dans les rues Basses de Genève. Les libraires helvétiques craignent que le grand distributeur français ne s´approvisionne directement dans l´Hexagone pour mieux casser les prix.

Les Suisses sont de grands lecteurs. Nombre d'éditeurs, libraires et distributeurs s'accordent à le dire. Mais le marché du livre helvétique, particulièrement intéressant, présente quelques spécificités.

Tout d'abord, en Suisse, le livre est avant tout un produit d'importation. Les auteurs locaux ne représentent que 10 à 20 pour cent du marché. Par ailleurs, les libraires suisses - notamment les Romands - ne sont pas libres de s'approvisionner directement chez les éditeurs.

Pour obtenir leur marchandise, ils doivent négocier avec des diffuseurs suisses, agréés par les maisons d'édition françaises. Et il se trouve que ces intermédiaires mènent leur propre politique en matière de prix. Parfois même, ils majorent de façon substantielle les tarifs initialement fixés par les éditeurs.

Résultat: en Suisse romande, les éditions françaises sont vendues 15 à 35 pour cent plus cher que dans l'Hexagone.

Même si ponctuellement, les libraires suisses revendiquent une plus grande équité, ils se sont arrangés - jusqu'à présent - avec un système qui, par ailleurs, leur offre une totale liberté d'action.

Mais l'arrivée de la FNAC ce vendredi en Suisse romande remet le feu aux poudres. Les libraires craignent en effet que le mastodonte français de la distribution ne soit pas soumis aux mêmes obligations que ses petits frères helvétiques.

«Aucune loi n'interdit à la FNAC d'importer directement les livres destinés au marché suisse, souligne Claude Jaillon, directeur général des librairies Payot. Le géant aurait ainsi l'avantage d'acquérir des livres à bon marché, alors que nous serions toujours soumis au bon vouloir des diffuseurs suisses».

Dans un premier temps, la FNAC a bien souligné qu'elle respecterait les filières suisses et s'approvisionnerait chez les diffuseurs locaux. Un discours toutefois teinté de nuances. «Nous n'importerons pas tant que les diffuseurs nous permettront de travailler avec les marges auxquelles nous sommes habitués, précise Pierre Landau, responsable de la communication de la FNAC suisse».

Aucun chiffre n'est articulé. Mais le message est clair: si les diffuseurs se montrent trop gourmands, la FNAC a les moyens de les contourner.

Face à cette situation, les petits libraires paraissent bien démunis. Raison pour laquelle, ils appellent de leurs vœux une réglementation dans le domaine du prix de vente du livre.

«L'instauration d'un prix unique permettrait une concurrence plus large, affirme Damien Malfait, président de l'Association suisse des libraires de langue française. Le consommateur ne se focaliserait plus uniquement sur les tarifs et les professionnels pourraient ainsi mieux valoriser l'ensemble de leurs services».

Début octobre, le conseiller national Joseph Zisyadis a déposé une motion au Parlement pour inviter le gouvernement à instaurer un prix unique du livre en Suisse.

Cette tendance prend d'ailleurs de l'ampleur dans la majorité des pays européens qui n'hésitent plus à remettre en cause le credo de la loi du marché dans le domaine culturel.

L'arrivée de la FNAC en Suisse ne peut que relancer ce débat. D'autant que le distributeur français entend bien passer les barrières linguistiques du pays.

Car après les rues Basses et bientôt à Balexert dans la périphérie de Genève, il espère en effet conquérir Lausanne, Bâle, Berne, Zurich et Lugano.

Vanda Janka

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