L'ascencion et la chute de Slobodan Milosevic

De Pozarevac à La Haye, le parcours de Slobodan Milosevic est caractérisé par une incroyable ascension et une chute vertigineuse.

Ce contenu a été publié le 11 mars 2006 - 14:38

Retour sur un parcours marqué par le nationalisme et le bellicisme.

Né à Pozarevac (Serbie) d'un père théologien orthodoxe et d'une mère communiste, Slobodan Milosevic a 43 ans lorsqu'il entre en politique en 1984. L'ascension est fulgurante pour cet homme pourtant ombrageux, introverti, piètre orateur et sans charisme.

En 1987, président de la Ligue des communistes de Serbie, il lance au Kosovo devant des milliers de Serbes fascinés: «Personne n'a le droit de vous frapper». Dès lors il apparaît comme l'homme providentiel. Il neutralise ses adversaires, évince son mentor, Ivan Stambolic, et prend son poste de président de Serbie.

En 1989, il rétablit la primauté des Serbes au Kosovo, supprimant l'autonomie octroyée en 1974 par Tito à cette province peuplée en majorité d'Albanais. Il est acclamé partout.

Enhardi par son triomphe, il pousse les Serbes de «l'extérieur» à proclamer «la République autonome de la Krajina» (Croatie) et celle de la «République du peuple serbe de Bosnie-Herzégovine» (aujourd'hui la Republika Srspka).

Les épisodes sanglants se succèdent. Les forces serbes réduisent la ville croate de Vukovar à un champ de ruines. Le siège de Sarajevo (1992-95), fait une dizaine de milliers de morts. Sept mille Musulmans sont massacrés à Srebrenica.

Interlocuteur incontournable

Habile tacticien, Slobodan Milosevic s'impose comme l'interlocuteur incontournable pour assurer en 1995 la conclusion des accords de Dayton (Etats-Unis) qui mettent fin au conflit. Le démon de la guerre ne le quitte pas pour autant. Soutenu par un appareil de répression, il poursuit au Kosovo sa fuite en avant.

Pour y éviter le nettoyage ethnique - 800 000 Albanais fuient la province -, l'OTAN bombarde en 1999 pendant onze semaines la Serbie et contraint les troupes serbes à quitter le Kosovo.

La révolte gronde, et lors d'une élection présidentielle en septembre 2000, le peuple vote contre son ancien «héros» et le chasse du pouvoir le mois suivant. Il ne bronche quasiment pas quand Slobodan Milosevic, en juin 2001, est remis au TPI, où il livre sa dernière bataille.

swissinfo et les agences

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