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L'avenir des chiens de combat en question

En juin dernier, à Hambourg, un enfant de six ans a été tué par deux chiens. La police les a abattus.

(Keystone)

L'émotion est à son comble, après que deux bambins aient été attaqués, la semaine dernière, par deux molosses. Faut-il interdire les chiens de combat? La polémique est relancée, les hommes politiques accusés de laxisme. Mais les Romands restent divisés.

C'est en tout cas ce qui ressort du sondage, publié dimanche par le quotidien Le Matin. 54 pour cent des Romands sont en faveur de l'interdiction pure et simple de chiens de combat. Mais 46 pour cent d'entre-eux préfèrent parier sur une meilleure éducation des molosses. Mais au-delà de cette division, nombreux sont ceux qui en appellent à la responsabilité des propriétaires des chiens réputés dangereux.

Il faut dire que le sort réservé, lundi dernier à Bevaix dans le canton de Neuchâtel, à un enfant de trois ans a de quoi inquiéter. Un chien de race staffordshire l'a agressé avant de s'en prendre aux jambes de la maman qui tentait de soustraire son bambin aux morsures du molosse.

L'autre drame aux conséquences plus dramatiques celui-là s'est produit mercredi dernier à Uttwil dans le canton de Thurgovie. Un enfant de six ans a été sauvagement mordu par un Rottweiler de cinq ans et demi. Après quatre heures d'opération, le bambin est toujours aux soins intensifs. Par chance, sa moelle épinière n'a pas été touchée par les morsures du chien. L'animal a été euthanasié.

Deux accidents en moins d'une semaine. Et voilà la polémique relancée entre adversaires et défenseurs de ces chiens dangereux. Ainsi, l'hebdomadaire dimanche.ch s'en prend de façon virulente aux politiciens qui selon lui «somnolent». Dans un article intitulé «Combien d'enfants déchiquetés avant d'agir», le journal critique vertement, Pascal Couchepin, «champion toutes catégories de l'incurie».

Le conseiller fédéral a renvoyé une motion parlementaire demandant l'interdiction des chiens de combat. «Il n'y a jamais de sécurité absolue», a affirmé le chef du Département des l'économie publique pour qui une interdiction est impossible juridiquement. Selon lui, «chaque chien peut être potentiellement dangereux».

Contrairement aux autres pays européens, la Suisse n'est pas encore prête à légiférer en matière de chiens de combat. Les Allemands, eux, ont opté en faveur de l'interdiction de l'élevage des chiens dangereux. Cette mesure radicale est intervenue après la mort atroce, en juin dernier à Hambourg, d'un enfant de 6 ans, agressé par deux pitbulls.

L'attentisme de la Berne fédérale ne satisfait pas tout le monde. «Je n'ai aucune envie d'attendre que la Confédération entreprenne enfin quelque chose», a déclaré Jörg Schild samedi à la radio alémanique DRS. L e président des directeurs cantonaux de la justice et de la police souhaite que les cantons prennent eux-mêmes les choses en main.

La question des chiens dangereux a été inscrite à l'ordre du jour du prochain comité de la conférence des directeurs cantonaux, dans deux semaines. M. Schild plaidera pour un régime d'autorisation et des contrôles accrus.

Il conseillera à ses collègues de créer dans leur canton les bases légales nécessaires. Pour le conseiller d'Etat de Bâle-Ville, la sécurité de la communauté et des enfants en particulier passe avant l'amour pour les animaux.

Par ailleurs, les choses bougent à Genève. Deux députés écologistes de la ville de Genève ont déposé jeudi dernier une motion demandant une réglementation, voire une «interdiction, de la présence de chiens dangereux, notamment les races pitt-bulls et rottweiler, en ville de Genève». Les socialistes ont déposé une résolution identique.

Une étude est actuellement menée en Suisse pour identifier les chiens dangereux. Il s'agit plus largement de déterminer quels chiens mordent qui et dans quelles circonstances.

Les résultats de cette enquête réalisée avec le soutien de l'Office vétérinaire fédéral (OVF) seront publiés à l'automne 2001. Durant le seul mois de septembre, 70 personnes ont été blessées par des chiens. Et ce n'est que la pointe de l'iceberg, a indiqué vendredi la vétérinaire Ursula Horisberger au micro de la radio alémanique DRS.

Les enquêteurs ont envoyé 1600 questionnaires à des cabinets médicaux ainsi qu'à hôpitaux du pays. Pour l'heure, un cinquième décès formulaires ont été dépouillés. Sur la base des premiers résultats, Mme Horisberger relève que la plupart des attaques se soldent par des blessures légères.

Les chiens qui mordent ne sont de loin pas tous de la race pitbull. Le spectre est beaucoup plus large, note en outre la vétérinaire. D'après elle, l'agressivité des chiens s'explique fréquemment par le manque d'espace dont ils souffrent.

swissinfo

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