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L'aventure portugaise d'Alessandro Mangiarratti

Avant celles du Belenenses Lissabon, le Tessinois (à d.) portait les couleurs du FC Wil.

(Keystone Archive)

Ancien joueur du FC Wil, le Tessinois est le seul footballeur suisse à évoluer dans le championnat portugais de première division.

Défenseur du Belenenses Lissabon depuis six mois, il s’amuse de la tenue de l’Euro2004 dans son nouveau pays et de sa soudaine médiatisation. Interview.

Il mangeait des pâtes. Désormais, Alessandro Mangiarratti se gave de poisson. Il n’est certes pas venu sur les bords de l’Atlantique pour des raisons culinaires.

Mais en décidant de quitter le FC Wil pour porter les couleurs du Belenenses Lissabon – le troisième club de la capitale portugaise après le Benfica et le Sporting – le défenseur suisse vit une expérience qui va bien au-delà du football… et de l’art de la table.

Seul joueur suisse à tenter sa chance au Portugal à l’heure actuelle, il bénéficie indirectement de l’effet «Euro2004» pour sortir de l’anonymat. Parti se ressourcer quelques jours en Italie, loin des rues surchauffées de la capitale portugaise, il a pris le temps de se confier à swissinfo.

swissinfo: Alessandro Mangiarratti, comment vivez-vous cette soudaine médiatisation?

Alessandro Mangiarratti: Cela fait bizarre de savoir que l’on s’intéresse autant à moi uniquement parce que je suis le seul joueur de football suisse à vivre et à jouer au Portugal. Mais ce n’est pas désagréable.

Il y a six mois encore, j’étais un parfait inconnu. Mais une chose est sûre, je ne suis pas venu à Lisbonne pour profiter d’un éventuel «effet Euro».

swissinfo: Alors pourquoi?

A. M.: Je jouais à Wil et la situation du club ne cessait de se dégrader. Entre les problèmes d’argent et la venue d’investisseurs étrangers, il devenait difficile de se concentrer sur le football.

Alors, quand j’ai reçu cette offre du Belenenses Lissabon, j’ai sauté sur l’occasion. Tout est allé très vite puisque qu’en trois jours, toutes les modalités du contrat étaient réglées.

Avec un peu de recul, je ne regrette vraiment pas d’avoir opté pour une aventure à l’étranger. Et plus particulièrement au Portugal.

swissinfo: Par rapport à la Suisse, quelle importance revêt le football aux yeux des Lusitaniens?

A. M.: Les Portugais sont nombreux à se rendre au stade et à s’intéresser au football au travers des différents médias du pays.

Ainsi, trois quotidiens parlent uniquement de football et il existe une chaîne télévisée qui ne montre que des matches et des reflets filmés des rencontres du championnat national. Ici, les footballeurs sont plus sollicités qu’en Suisse.

swissinfo: Vous êtes au Portugal depuis la fin du mois de décembre 2003. Quel premier bilan tirez-vous de cette expérience sur les bords de l’Atlantique?

A. M.: Je suis très heureux. Et ce, même si une vilaine blessure ne m’a permis de disputer que quatre matches avec mon nouveau club. J’ai tout de même réussi à montrer aux dirigeants du Belenenses qu’ils ne s’étaient pas trompés en m’accordant leur confiance.

A Lisbonne, je me sens déjà presque chez moi. Je n’ai plus de problèmes à communiquer en portugais et je fais d’innombrables rencontres. Cette confrontation avec la culture portugaise est vraiment très enrichissante.

Mon contrat court jusqu’à la fin de la prochaine saison et j’espère bien pouvoir prolonger mon séjour.

swissinfo: Quels conseils pouvez-vous donner aux joueurs suisses qui disputent l’Eurofoot dans votre nouveau pays de vie?

A. M.: Je n’ai pas de véritables conseils à leur donner puisqu’ils ne vont pas forcément jouer contre le Portugal.

Ils ont effectué un bon choix en décidant de se préparer près d’Obidos. Et je pense que s’ils font preuve de suffisamment de force de caractère, ils sont tout à fait capables de se qualifier pour les quarts de finale de la compétition.

swissinfo: Pensez-vous un jour pouvoir faire partie de la sélection nationale?

A. M.: C’est un rêve! Mais je sais que les places sont très chères et que je dois d’abord faire mes preuves. Les joueurs appelés par Köbi Kuhn évoluent presque tous dans des clubs prestigieux. En Angleterre, en France ou en Allemagne.

Heureusement pour moi, la victoire de Porto en Ligue des champions a mis en lumière les qualités du championnat dans lequel j’ai la chance de jouer.

Comme le reste de l’Europe, les Portugais ont suivi avec une extrême attention les exploits du FC Porto. Tellement même, qu’ils en oubliaient presque les préparatifs de la grande fête de l’Eurofoot et la sélection nationale.

swissinfo: Justement, une victoire finale du pays organisateur lors de cet Euro est-elle possible selon vous?

A. M.: En sport, tout est toujours possible. Mais cela sera très difficile car il y a beaucoup d’autres grands favoris susceptibles de succéder à la France au palmarès. Si le Portugal remporte le trophée, la fête sera totale et je m’y associerai volontiers.

swissinfo, Mathias Froidevaux et Doris Lucini à Lisbonne

Faits

Alessandro Mangiarratti est né le 15 décembre 1978 de père sicilien et de mère tessinoise (il est donc binational).
Footballeur professionnel, il a également terminé des études de maître de sport à l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich.
Il vit à Lisbonne depuis le mois de décembre 2003.

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En bref

- Le Tessinois Alessandro Mangiarratti est le seul footballeur suisse à évoluer au sein de l’élite du football portugais.

- Ancien défenseur de Bellinzone, Schaffhouse et du FC Wil, il a rejoint le Belenenses Lissabon (troisième club de la capitale portugaise derrière le Benfica et le Sporting) au cours de la saison 2003-2004.

- Blessé peu après son arrivée au Portugal, il n’a disputé que quatre matches avec la première équipe du Belenenses. Mais son contrat court jusqu’au terme de la saison 2004-2005-

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