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L’Espagne rejoint les Pays-Bas pour une finale inédite



Le gardien Iker Casillas, l'un des artisans de la qualification espagnole pour la finale du Mondial.

Le gardien Iker Casillas, l'un des artisans de la qualification espagnole pour la finale du Mondial.

(Keystone)

Dimanche à Johannesburg, l’Espagne disputera la première finale de Coupe du monde de son histoire. La «furia roja» s’est qualifiée en battant l’Allemagne (1-0) à Durban. Redoutable en Afrique du Sud, la «Mannschaft» bute pour la deuxième fois d’affilée en demi-finales.

Un petit incident de parcours. C’est tout ce qu’on retiendra de la défaite de l’Espagne en ouverture de ce Mondial face à l’équipe de Suisse (0-1). Car dimanche, les Espagnols auront l’occasion de s’offrir le premier titre mondial de leur histoire et de réaliser un doublé rare Eurofoot-Mondial.

Grande favorite de cette Coupe du monde, quasiment invaincue depuis deux ans et son titre de champion d’Europe sur la scène internationale, la «furia roja» a su rebondir en Afrique du Sud. Et de quelle manière. Mercredi soir, au Moses Mabhida Stadium de Durban, Puyol, auteur du but décisif d’une tête rageuse, et ses coéquipiers, ont écrit l’avant-dernier chapitre d’un roman destiné à devenir réalité le 11 juillet au stade Soccer City de Johannesburg.

Face à une sélection allemande qui avait brillé lors de ses tours précédents (4-1 contre l’Angleterre et 4-1 contre l’Argentine), l’Espagne, a, comme à son habitude, patiemment construit sa victoire grâce à une maîtrise de jeu et une possession du ballon supérieure à son adversaire.

Sans Müller ni Torres

Suspendu pour avoir accumulé deux cartons jaunes, Thomas Müller, l’un des meilleurs attaquants de cette Coupe du monde (4 buts) a dû céder sa place à Piotr Trochowski dans le onze de base allemand. Une absence qui a beaucoup handicapé la «Mannschaft».

Du côté espagnol, Fernando Torres, unique buteur en finale de l’Euro 2008 et toujours à la recherche de sa meilleure forme suite à une opération au mois d’avril, a été laissé sur le banc au profit de Pedro. C’est d’ailleurs le jeune attaquant du FC Barcelone qui a été le plus en vue en début de match. A la 7e, il sert parfaitement Villa dans la profondeur. Mais le meilleur buteur de la compétition (5 buts) voit sa reprise parfaitement stoppée par le gardien Neuer.

En possession du ballon en début de rencontre face à une équipe d’Allemagne plutôt attentiste, l’Espagne obtient une première occasion franche à la 14e. Sur un corner parfaitement combiné, Iniesta peut délivrer un centre appuyé sur la tête de Puyol, qui passe au-dessus de la transversale.

L’Espagne domine

Visiblement tendus par l’enjeu, les deux formations peinent à produire leur meilleur football. La «Mannschaft» doit même attendre la 32e minute pour obtenir sa première occasion de but. Sur une frappe lointaine de Trochowski, Casillas détourne la balle en corner.

Dans le temps additionnel de la première mi-temps, Özil, lancé dans la profondeur par Klose, est quelque peu déséquilibré par Sergio Ramos. L’arbitre reste inflexible et les deux équipes rentrent au vestiaire sur le score de 0-0.

Dépositaire comme à son habitude du jeu (57-43 dans la possession de balle), l’Espagne domine mais peine à surprendre une défense allemande très disciplinée et patiente. A la reprise, Xavi Alonso peut par deux fois adresser des frappes dangereuses – mais non cadrées - à l’orée des 16 mètres.

Puyol libère l’Espagne

A chaque fois, Pedro, très en verve dans le couloir droit, est à l’origine des coups d’éclat espagnols. A la 58e, l’Espagne s’offre trois opportunités coup sur coup d’ouvrir la marque et de décrisper un peu la rencontre. Mais Xavi, David Villa et Pedro échouent tour à tour, notamment par la faute d’un Neuer en grande forme

La «furia roja» semble de plus en plus proche de prendre l’avantage mais à la 69e, sur un centre d’Özil, Podolski peut armer une frappe qui, sans une superbe intervention de Casillas, aurait eu le poids du 1-0 pour l’Allemagne.

C’est ce moment (72e) que choisit Puyol pour placer une tête rageuse dans la cage allemande sur un corner tiré par Xavi. Le pilier du FC Barcelone propulse pratiquement son équipe en finale de Coupe du monde.

A la 82e, alors que les Allemands se ruent à l’avant, Pedro bénéficie encore d’une énorme occasion d’aggraver la marque en contre-attaque. Mais, en manque de lucidité, il oublie Torres laissé tout seul sur sa droite. Ce raté ne remettra toutefois pas en cause la victoire ibérique, qui a bien résisté aux derniers assauts de la «Mannschaft».

Un champion inédit

Jamais mieux classée que quatrième, une place décrochée en 1950 au terme d’une phase de poule, l’Espagne aura l’occasion dimanche à Johannesburg de mettre fin à la malédiction qui semblait jusqu’ici accabler les sélections espagnoles lors des phases finales de Coupe du monde.

La compétition sud-africaine consacrera donc un champion du monde inédit, puisque les Pays-Bas, finalistes en 1974 et 1978, sont également à la recherche de leur premier trophée mondial.

Quant à l’Allemagne, elle quitte logiquement la Coupe du monde au stade des demi-finales, tout comme il y a quatre ans sur son sol. Pourtant, avant sa prestation en demi-teinte contre l’Espagne, l’Allemagne avait convaincu énormément d’observateurs, qui la voyaient déjà décrocher un nouveau titre majeur après celui de 1990 sous le maillot de la RFA.

Une «Mannschaft» appréciée

Cette équipe d’Allemagne a même réussi l’exploit de séduire un public Suisse germanophone jusqu’ici peu enclin à s’enthousiasmer aux exploits de la «Mannschaft». Comme c’est le cas en Suisse francophone avec les «Bleus» et en Suisse italophone avec la «Squadra Azzura», les matches de football sont souvent l’occasion au sein des différentes régions du pays d’afficher son opposition au grand frère linguistique.

Pourtant, cette année, comme le souligne une enquête du journal zurichois Tages Anzeiger de mercredi, les maillots de l’Allemagne se sont vendus comme des petits pains dans les échoppes. Et ce ne sont pas seulement les Allemands, installés en nombre dans l’agglomération zurichoise, qui en ont été sont les acquéreurs. Les Suisses allemands ont été beaucoup à se passionner pour cette «Mannschaft» séduisante.

La sélection allemande version 2010 a en effet produit un football très attrayant, bien loin du rouleau compresseur ouest-allemand des années 80, deux fois finaliste puis victorieuse en 1990.

Jeune et multiculturelle

Cette année, en Afrique du Sud, c’est une jeune génération – 24,9 ans de moyenne d’âge, la plus basse depuis 1943 – pétrie de talents, les Özil, Khedira, Neuer et Müller, qui a fait vibrer les foules avec sa fougue et un football offensif bien loin du classique triptyque germanique «rigueur-présence physique-efficacité». Un jeu si peu allemand finalement, se plaisaient à souligner les observateurs.

Avec 11 joueurs sur 23 nés hors d’Allemagne ou d’origine étrangère, c’est la première fois que la «Mannschaft» a présenté un tel visage multiculturel. Un peu à l’image de l’équipe de Suisse, formée elle de 13 joueurs issus de l’immigration. Et, cerise sur le gâteau, les Allemands, à l’image de leur mentor Joachim Löw, ont font preuve d’une modestie à toute épreuve depuis le début de la compétition.

En enfilant quatre buts à l’Angleterre et à l’Argentine, il y avait pourtant de quoi pavaner la moindre. Mais Joachim Löw a joué profil bas, affirmant sans cesse que l’Espagne serait grandissime favori de cette demi-finale. Une prédiction qui s’est finalement avérée juste. Mais, à n’en pas douter, il faudra compter lors des prochaines grandes compétitions avec cette équipe qui a su pour la première fois séduire au-delà de ses frontières.

Samuel Jaberg, swissinfo.ch

Mondial, demi-finale

Allemagne - Espagne 0-1 (0-0)
73'Puyol.

Allemagne: Neuer; Lahm, Mertesacker, A.Friedrich, J.Boateng (52'Jansen); Khedira (81'Gomez), Schweinsteiger; Trochowski (62'Kroos), Oezil, Podolski; Klose.

Espagne: Casillas; Ramos, Pique, Puyol, Capdevila; Xabi Alonso (93'Marchena); Busquets, Xavi, Iniesta; Pedro Rodriguez (86'Silva), Villa (81'Torres).

Notes: l'Allemagne sans Müller (suspendu), l'Espagne sans Albiol (blessé).

Moses Mabhida, Durban: 60'960 spectateurs.

Arbitre: Kassai (HUN)

Fin de l'infobox

Mondial, phase finale

Quarts de finale
Pays-Bas – Brésil 2-1 (0-1)
Espagne – Paraguay 1-0 (0-0)
Allemagne - Argentine 4-0 (1-0)
Uruguay – Ghana 1-1 (5-3 tab)

Demi-finales (06-07.07)
Uruguay - Pays-Bas 2-3 (1-1)
Allemagne- Espagne 0-1 (0-0)
Finale pour la 3e place: Allemagne-Uruguay 10.07 à 20h30

Finale: Espagne-Pays-Bas 11.07 à 20h30

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