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L'heure est grave pour le cyclisme suisse

Alors que «La Poste» se retire, Kurt Bürgi est en quête d’un repreneur pour assurer la pérennité de la formation.

(Keystone Archive)

Toni Rominger et Pascal Richard sont à la retraite. Alex Zülle et Laurent Dufaux s'en approchent, à l'heure où les groupes professionnels, axés sur la formation, sont en péril. Kurt Bürki cherche un repreneur et «Phonak» recrute à l'étranger pour accéder au sommet de la hiérarchie.

Sur les routes du Giro, Laurent Dufaux peine ostensiblement. Alex Zülle n'est guère mieux loti au Tour d'Allemagne - remporté lundi par le Kasakh Alexandre Vinokourov. Les deux coureurs privés de Tour de France - leur équipe n'ayant pas reçu de carton d'invitation - le Vaudois et le Saint-Gallois sont annoncés au départ du Tour de Suisse, le 19 juin. Avec quelles ambitions? Nul ne le sait et, probablement, eux non plus.

Oscar Camenzind, qui sera également absent du Tour de France, se trouve lui aussi dans les profondeurs du classement du Giro. Un résultat qui s'explique par le gros travail fourni pour son leader, Gilberto Simoni. Sur les cols des Dolomites, le Schwytzois n'a en effet pas ménagé sa peine. Sa tâche accomplie, il a levé le pied.

Dès lors, dans quel état de fraîcheur physique se présentera-t-il au départ de la boucle nationale? Pourra-t-il rééditer son succès de la saison passée? Mystère.

Quant à Laurent Dufaux et Alex Zülle, ils entrevoient leur fin de carrière, comme leurs confrères Toni Rominger et Pascal Richard, déjà la retraite. En conséquence, l'avenir du cyclisme suisse semble morose. Il risque bien de perdre ses acquis au sommet de la hiérarchie.

Cependant, tout n'est pas encore perdu. Markus Zberg et Niki Aebersold affichent 27 ans, Marcel Strauss et Swen Montgomery 25, Aurélien Clerc 22, Fabian Cancellara 20. Les espoirs reposent sur eux.

En attendant, «La Poste» se retire et le manager Kurt Bürgi est en quête d'un repreneur pour assurer la pérennité de sa filière de formation, la seule qui reste. L'équipe «Phonak», en effet, a décidé de passer à l'échelon supérieur. Pour ce faire, elle recrute de grosses pointures à l'étranger.

Par ailleurs, Urs Freuler est appelé à succéder à Jean-Jacques Loup dans la fonction de manager de cette même équipe «Phonak». Le communiqué relève que le Vaudois de Montmagny s'est beaucoup investi auprès de l'équipe de deuxième division et qu'il quittera l'équipe à la fin de saison, sans autre commentaire.

Après plus de vingt ans passés dans le cyclisme, le «Loup» rebondira-t-il? Comme Bürgi, prendra-t-il son bâton de pèlerin dans l'optique de relancer une équipe professionnelle axée sur la formation? Il est en tout cas un ardent défenseur de cette philosophie.

Sur le terrain, le cyclisme suisse est à un tournant. Il a intérêt à ne pas le manquer car, dans les coulisses, on s'applique à sortir la Fédération de la tourmente, à lui redorer son blason, non seulement sur le plan national, mais aussi à l'échelon international.


Pierre-Henri Bonvin

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