L'horreur est tombée du ciel sur les Etats-Unis

Un épais nuage de fumée a totalement envahi Manhattan, privée de ses tours jumelles. Keystone

Les Etats-Unis sont sous le choc après les attentats dévastateurs qui ont probablement fait plusieurs milliers de morts mardi à New York et Washington. Dans un discours à la nation, le président George W. Bush a promis de punir les responsables et ceux qui les protègent.

Ce contenu a été publié le 12 septembre 2001 - 05:27

Dans une action sans précédent, des avions détournés par des commandos suicides se sont crashés mardi sur des lieux symboles de la puissance américaine: deux appareils ont été lancés sur les deux tours du World Trade Center à New York, qui ont fini en poussière peu après. Dans la soirée, un troisième immeuble de 47 étages proche du complexe du WTC s'est effondré.

Un troisième appareil a fini sa course sur le Pentagone à Washington, alors qu'un quatrième avion de ligne s'est écrasé en Pennsylvanie. Les quatre avions transportaient au total 266 personnes.

Les autorités n'ont publié encore aucun bilan. Un membre démocrate de la Chambre des représentants, Jim Moran, a déclaré à une chaine de télévision que les autorités s'attendaient à un bilan de quelque 10 000 morts à New York seulement. «Le nombre des victimes sera de toutes façon insupportable», a commenté le maire Rudolph Giuliani.

Des victimes par milliers

A New York, un nombre "énorme" de morts, selon le maire Rudolph Giuliani, se trouvait encore mardi soir sur les lieux de l'attentat ayant détruit les tours du World Trade Center, a indiqué une porte-parole du New York University Downtown Hospital.

Plus de 300 pompiers sont présumés morts à New York, selon le chef du département des pompiers de la ville et 85 policiers sont portés disparus, selon CNN. A Washington, plusieurs chaînes de télévision ont par ailleurs rapporté que jusqu'à 800 personnes pourraient avoir péri dans l'attentat contre le Pentagone.

Mais l'Amérique espère encore, alors que le maire Rudolph Giuliani a annoncé en fin de soirée mardi que deux premières personnes, ensevelies lors des attentats contre les tours jumelles, avaient été tirées vivantes des décombres.

Vague de réprobation

Les attentats, qui auraient été perpétrés par une cinquantaine de kamikazes, selon le ministre italien de l'intérieur Claudio Scajola, citant des sources américaines, ont suscité consternation à travers le monde.

Même les régimes arabes, à l'exception de l'Irak, ont condamné ces actes. Le président de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat a fermement dénoncé les attaques meurtrières,

Les principaux alliés de Washington, l'OTAN et l'Union européenne, ainsi que le président russe Vladimir Poutine, ont également adressé des messages de sympathie aux Etats-Unis. Le premier ministre israélien Ariel Sharon a décrété un jour de deuil national. En Suisse, le Conseil fédéral s'est déclaré «profondément choqué».

En revanche à Gaza, un haut responsable du Jihad a vu dans les attentats la conséquence de «la politique américaine dans la région la plus chaude du monde (le Proche-Orient)». Des dizaines de réfugiés palestiniens ont également manifesté leur joie à l'annonce de ces attaques en tirant en l'air.

La piste Ben Laden

En l'absence de revendication, des responsables américains soupçonent Oussama ben Laden, le milliardaire d'origine saoudienne réfugié en Afghanistan, d'être impliqué dans les attentats. Mais le régime taliban au pouvoir en Afghanistan a démenti.

Les enquêteurs américains ont malgré tout commencé à reconstituer le puzzle, grâce notamment à l'interception de communications entre certains de ses sympathisants et des appels de téléphones cellulaires de victimes à bord des avions peu avant leur crash.

Les autorités orientent certaines de leurs recherches vers des sympathisants du milliardaire saoudien en exil en Floride sur la base de l'identification de l'un des pirates de l'air présumé dont le nom se trouve sur l'un des manifestes des quatre avions qui se sont écrasés, apprend-on de sources policières.

De mêmes sources on précise que le FBI s'apprête à perquisitionner dans le comté de Broward dans le sud de la Floride et à Daytona Beach dans le centre de l'Etat. Ces localisations seraient liées au sympathisant présumé de Ben Laden dont le nom a été retrouvé sur l'un des manifestes.

Une Suissesse parmi les victimes

Par ailleurs, une Suissesse figure au nombre des 266 victimes qui étaient à bord des quatre avions détournés par des terroristes, a annoncé mercredi le Département fédéral des affaires étrangères. Elle était à bord du vol Boston-Los Angeles.

On ne sait pas encore si d'autres Suisses, habitant ou se trouvant de passage à Manhattan au moment du drame, se trouvent parmi les victimes.

swissinfo avec les agences

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