La Confédération prête à lutter contre la criminalité

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Berne se chargera à la place des cantons des enquêtes sur la grande criminalité dès ce 1er janvier. Les cantons s'en inquiètent.

Ce contenu a été publié le 01 janvier 2002 - 13:22

Désormais, le Ministère public de la Confédération (MPC) et l'Office fédéral de la police (OFP) sont prêts à assumer leurs nouvelles compétences.

Cette réforme, adoptée par les Chambres en 1999, attribue, en effet, à la Confédération les investigations en matière de crime organisé, de blanchiment d'argent, de corruption et de grande criminalité économique. Le but est de renforcer la lutte contre les délits à caractère international et intercantonal.

Se donner les moyens

Avec un organe central, la Suisse veut se donner les moyens de combattre plus efficacement les «gros poissons» de la criminalité. Ceux-ci profitaient jusqu'à présent de la faiblesse d'un système judiciaire dispersé dans 26 cantons et demi-cantons.

Dès le 1er janvier, le MPC se charge d'au moins 34 procédures importantes, selon les prévisions des autorités de poursuite pénale de tous les cantons. «Mais le nombre des enquêtes peut évoluer rapidement», a averti Hansjürg Mark Wiedmer, chef de l'information au MPC. Il s'agira exclusivement de nouveaux dossiers. Le cas des enquêtes en cours est réglé: elles seront achevées par les cantons.

Effectifs renforcés

Pour assumer ces nouvelles compétences, la Confédération a renforcé ses effectifs et continuera de le faire ces prochaines années.

Entre 2000 et 2004, il est donc prévu de recruter environ 80 personnes au MPC, 320 à la Police judiciaire fédérale (PJF) et 25 à l'Office des juges d'instruction fédéraux. Au total, les effectifs atteindront 550 personnes en 2004, contre 125 à la fin de l'an 2000. En 2001, 120 collaborateurs ont déjà été engagés au MPC et à la PJF, et 150 autres s'ajouteront en 2002.

Et pour l'heure, le recrutement ne pose pas de problème, affirme M. Wiedmer: «Nous travaillons par étapes, et c'est le nombre d'enquêtes qui déterminera nos dotations en personnel, et pas l'inverse.»

Visions différentes dans les cantons

Le son de cloche est très différent dans certains cantons. Pour des raisons de langue et de proximité avec Berne, les postulations émanent surtout des cantons de Berne, Soleure et Fribourg, a fait observer Pierre Aepli, commandant de la police cantonale vaudoise.

A la police cantonale fribourgeoise, huit policiers ont rallié les rangs de l'OFP, ce qui préoccupe le commandant Pierre Nidegger: «C'est un peu facile de «pomper» directement dans les cantons. Nous sommes déjà en sous-effectifs et cela accentue encore le problème. Nous n'arrivons plus à renouveler nos effectifs.»

Une septantaine d'agents de la police cantonale bernoise a postulé à la PJF et huit sont déjà partis, relève pour sa part le commandant Kurt Niederhauser dans son rapport annuel. «Et ce sont des personnes très qualifiées, qu'il n'est pas facile de remplacer», précise Beat Hegg, secrétaire général de la Conférence des directeurs des départements cantonaux de justice et police.

Personnel débauché

Hansjürg Mark Wiedmer relativise le problème des départs: «Les cantons perdent certes des collaborateurs, mais ils seront aussi déchargés de certaines tâches. Il est normal qu'un transfert de compétences s'accompagne d'un transfert de personnel.»

Les cantons romands plus éloignés de Berne sont moins affectés. Pour exemple, la police cantonale vaudoise n'a perdu qu'un collaborateur et le Tribunal cantonal vaudois n'a enregistré le départ que d'un seul juge d'instruction.

Des antennes décentralisées

La donne sera toutefois modifiée lorsque, dans une deuxième étape, des antennes du MPC et de l'OFP seront décentralisées dans certains cantons. Au lieu de devoir déménager à Berne pour travailler pour la Confédération, les spécialistes cantonaux pourront le faire en restant dans leur région. «Cela nous inquiète»,relève le commandant de la Police cantonale vaudoise, qui craint l'hémorragie pour les cantons.

Toutefois, le nombre de ces antennes et leurs lieux d'implantation ne sont pas encore fixés. Le concept n'est pour l'heure qu'en cours d'élaboration.

swissinfo avec les agences

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