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La droite dure devra composer avec les autres

Claude Longchamp, directeur de l’Institut de recherche GfS.

(Keystone)

L’entrée d’un second représentant de l’Union démocratique du centre (UDC/droite dure) au gouvernement menacerait le système de concordance entre les partis.

Mais pour le politologue Claude Longchamp, la démocratie directe oblige les partis à s’entendre.

Dès dimanche, le président de l’UDC Ueli Maurer a réclamé un second siège gouvernemental pour son parti. Et plus précisément pour le député zurichois Christoph Blocher, l’homme fort de l’UDC.

Le parti de la droite dure s’est même fait menaçant. Il promet de se retirer du gouvernement s’il n’obtient pas un second ministère.

L’analyse de Claude Longchamp, patron de l’Institut de recherche GfS, qui a réalisé l’ensemble des sondages pré-électoraux pour le compte de SSR SRG idée suisse.

swissinfo: Face à une telle menace, les autres partis auront-ils le courage de continuer à refuser un second siège à l’UDC?

Claude Longchamp: A mon avis, la demande d’un second siège est justifiée, vu le succès enregistré par l’UDC en 1999 et lors de ces dernières élections fédérales.

Mais l’UDC veut que ce second ministre soit Christoph Blocher. Je pense que l’Assemblée fédérale ne sera pas d’accord avec une telle proposition.

En effet, Christoph Blocher est LA personnalité qui polarise la scène politique suisse. Par ailleurs, aux cours de ces dernières années, tous les partis ont présenté au moins deux candidats à l’élection au gouvernement, afin que les parlementaires aient un choix. Or l’UDC ne le fait pas.

Enfin, l’UDC a joué un gros coup de poker en déclarant qu’elle retirerait son actuel ministre Samuel Schmid si Christoph Blocher n’était pas élu. Cette déclaration n’a pas plu aux autres partis et a aussi fait des vagues au sein de l’UDC.

swissinfo: S’achemine-t-on vers une nouvelle «formule magique», c’est-à-dire vers un nouvel équilibre des forces au sein du gouvernement?

C. L.: Toute la question est de savoir qui laissera son siège gouvernemental à l’UDC. Si ce siège était pris aux socialistes, l’esprit de la «formule magique» – c’est-à-dire la représentation de toutes les grandes forces politiques au sein du gouvernement – serait perdu.

Ces élections ont montré l’affaiblissement des partis bourgeois du centre-droit. On pourrait donc imaginer un rééquilibrage à droite. La nouvelle «formule magique» verrait 2 UDC, 2 socialistes, 2 radicaux (droite) et 1 démocrate-chrétien (centre-droite) au gouvernement.

swissinfo: Pensez-vous que radicaux et démocrates-chrétiens vont aller dans cette direction?

C. L.: Savoir s’ils le feront, c’est une autre question. En effet, cette solution signifierait la perte d’un siège pour les démocrates-chrétiens.

Les démocrates-chrétiens tenteront certainement d’arriver à un compromis. Ils pourraient renoncer à l’un de leurs sièges au gouvernement, mais seulement lorsqu’un de leurs ministres s’en ira de son propre gré. Un tel changement pourrait intervenir dans un ou deux ans seulement.

swissinfo: Vous ne parlez pas du retrait de l’UDC du gouvernement et de l’établissement d’un système d’opposition tel qu’on le connaît dans d’autres pays. Estimez-vous qu’il ne s’agit pas d’une option crédible?

C. L.: Je crois qu’une telle possibilité est envisageable à court terme. La Suisse a d’ailleurs déjà connu des périodes où le système de concordance n’intégrait pas tout le spectre du paysage politique.

Mais je pense qu’un tel système d’opposition ne serait pas stable à moyen terme. Nous n’avons en effet pas un système politique où l’on demande simplement aux citoyens de donner une coloration de gauche ou de droite au Parlement et au gouvernement.

La Suisse connaît un système de démocrate directe grâce auquel le peuple peut s’exprimer directement sur différents sujets. Avec un système de majorité-opposition, le retour de manivelle se ferait sentir des les premières votations.

swissinfo: Concrètement, la Suisse serait ingouvernable.

C. L.: Je pense qu’effectivement, en tout cas à moyen terme, la Suisse se trouverait face à un énorme problème si les socialistes ou l’UDC ne participaient plus au gouvernement.

Je pense qu’il est bien que les grands partis soient intégrés dans le gouvernement. Ils sont ainsi contraints de faire des compromis les uns par rapport aux autres. Ce faisant, ils peuvent tous influer sur la politique du pays.

Il me semblerait donc approprié que l’UDC reste au sein du gouvernement. Mais son représentant doit être en mesure de pouvoir collaborer avec les représentants des autres partis.

swissinfo, Eva Herrmann et Olivier Pauchard

Faits

L’Office fédéral de la statistique a publié lundi ses calculs définitifs sur la force des partis :
UDC: 26,6% (22,54% en 1999)
PS: 23,3% (22,47% )
PRD: 17,3% (19,9%)
PDC: 14,4% (15,9%)
Les Verts: 7,4% (5%)
Participation au scrutin: 45,6% (43,4%)

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