La Francophonie, les Suisses y croient, mais pas trop

Affiche de la Journée internationale de la Francophonie. Journée de la Francophonie

20 mars, Journée internationale de la Francophonie. En Suisse aussi. Mais c'est l'anglais qui a de plus en plus la cote chez les jeunes.

Ce contenu a été publié le 19 mars 2002 - 18:49

A la demande de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), l'Institut Erasme de Genève vient de mener un sondage sur la manière dont les Suisses perçoivent la francophonie. Résultats publiés mardi devant un parterre d'inconditionnels.

Mais les premiers chiffres qu'on peut y lire concernent l'anglais qui s'affirme comme la deuxième langue principale en Suisse romande (45%) et plus encore en Suisse alémanique (53%). C'est d'ailleurs d'un avis quasiment unanime que tous classent l'anglais comme la langue la plus internationale.

Seul le Tessin paraît donner la préférence aux langues nationales. Après l'italien, le recours au français et à l'allemand y précède largement l'anglais. «C'est le canton qui a un vrai profil confédéral», commente Christophe Zimmermann qui a conduit cette étude de fin février à début mars.

Difficile à définir

Rien qu'à le prononcer, le mot francophonie pose problème aux Suisses. Plus de la moitié des Alémaniques interrogés ne savent pas très bien de quoi il retourne. Quant aux Romands, davantage concernés, ils rangent sous cette étiquette les pays qui parlent français, plutôt que la culture, et encore moins un quelconque projet politique.

Voilà qui désole un tant soit peu Jean-Pierre Vettovaglia, représentant permanent du président de la Confédération auprès de l'OIF qui à son siège de Paris. «Le sondage montre que les engagements pris par la Suisse depuis 1997 n'ont pas été traduits dans l'opinion publique».

Et l'ambassadeur de rappeler que «la Francophonie a longtemps été perçue par les Suisses et par les Romands en particulier comme une émanation de la France et comme une forme de néocolonialisme culturel.» Ils n'ont abandonné leur méfiance que lorsque Paris a «consenti au multilatéralisme».

Les humanitaires ont la cote

Qui entend le mot francophone pense bien évidemment à des chanteurs de langue française. De ce point de vue, c'est la Canadienne Céline Dion qui recueille le plus de suffrages nationaux, étant entendu que les artistes suisses et français étaient exclus du sondage.

On demandait aussi aux personnes interrogées de faire un lien avec des organisations internationales. Le moins qu'on puisse dire, c'est que l'OIF y fait pâle figure. Alors que la Croix-Rouge et plusieurs ONG humanitaires recueillent spontanément un bon paquet de suffrages. Et même l'ONU!

«Ce n'est pas seulement lié au fait que ces organisations sont installées en Suisse et dans la région genevoise», nous explique Christophe Zimmermann. Pour lui, ces organisations incarnent surtout les valeurs d'ouverture et de démocratie de la francophonie. Qui, dit-il, en retire un «effet d'image positif ».

On notera enfin que, selon ce sondage, les Romands, qui par ailleurs affichent plus volontiers une appartenance à une identité européenne, se sentiraient clairement plus proches d'un pays où l'on parle français que d'un pays voisin non francophone.

«Une langue ne meurt pas facilement»

Reste la question de la cohésion nationale menacée par l'anglais. A ce propos, Bernard Wicht, représentant les directeurs cantonaux de l'Instruction publique, ne se prive pas de souligner l'absence de toute référence, dans le sondage, à la quatrième langue nationale, le romanche.

«C'est pourtant, dit-il, l'une des plus anciennes langues romanes, bien plus vieille que le français. Elle a survécu dans des conditions difficiles, loin des villes. Elle est là, vivante, enseignée, écrite. Preuve qu'une langue ne meurt pas facilement.»

Un message optimiste que la Suisse pourra transmettre à l'Assemblée parlementaire de la Francophonie en juillet à Berne, puis au Congrès de l'Union internationale de la presse francophone en septembre à Genève et à la Conférence ministérielle de la Francophonie en décembre à Lausanne.

swissinfo/Bernard Weissbrodt, Genève

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