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La Francophonie a 30 ans: l’heure des bilans, pour la Suisse aussi

La Francophonie fête ce lundi son 30e anniversaire. A Genève, cette journée est placée sous le signe d’un prix original, la «Toile du plurilinguisme». C’est aussi l’occasion, pour la Suisse, de faire le bilan d’une participation toujours plus active.

Ce contenu a été publié le 20 mars 2000 - 12:30

La Francophonie fête ce lundi son 30e anniversaire. A Genève, cette journée est placée sous le signe d’un prix original, la «Toile de la Francophonie». C’est aussi l’occasion, pour la Suisse, de faire le bilan d’une participation toujours plus active.

Le 20 mars 1970, à Niamey, capitale du Niger, 21 pays décidaient de fonder une nouvelle alliance internationale basée sur un point commun linguistique, à savoir l’usage du français. Au fil du temps, ce club francophone s’est ouvert à bien d’autres pays. Mais le plus important, c’est qu’au-delà des spécialistes, il a ensuite intégré les gouvernements, puis les chefs d’État lors de sommets réguliers, pour devenir une véritable organisation qui compte aujourd’hui 55 membres et bénéficie d’un budget de quelque 125 millions de francs suisses.

Depuis que l’ancien secrétaire général de l’ONU a pris les rênes de l’Organisation internationale de la Francophonie, ce mouvement ne se bat plus seulement pour la défense du français, mais aussi pour la diversité des langues. Il y a deux ans, M.Boutros-Ghali avait convoqué à Genève un symposium sur le plurilinguisme dans les organisations internationales. Compte tenu des tendances à la mondialisation, l’avenir de la communication internationale, selon lui, passe irrémédiablement par le plurilinguisme qui est «un patrimoine et une valeur, un capital à valoriser plutôt qu’un héritage à préserver».

C’est évidemment un langage qui plaît à la Suisse elle-même multilingue, dont l’histoire dans la Francophonie est faite, comme le disait un jour l’un de ses ambassadeurs, «d’état et d’identité plutôt que de mouvement, puis de mouvement lent mais sûr plus que d’agitation et de trépidation». Entendez par là qu’au départ, ce pays ne s’est guère senti concerné par une association qui ressemblait à une amicale de la France et de ses anciennes colonies. De plus la Suisse, par instinct, se méfie des discours un tant soit peu idéologiques. Elle veille jalousement aussi à ses propres équilibres communautaires. On comprend mieux pourquoi elle n’est officiellement entrée en Francophonie qu’en 1996.

La Suisse, d’abord indifférente puis observatrice muette, en est aujourd’hui un partenaire très actif. Financièrement parlant, elle figure au quatrième rang des contributeurs. Quant à ses activités concrètes, elle les oriente tout particulièrement vers des domaines de coopération qui relèvent de la communauté linguistique, c’est-à-dire la formation, la communication et l’information. Sur le terrain, cela s’est traduit, entre autres exemples, par un appui aux centres de lecture et d’animation culturelle en milieu rural. Il reste cependant encore beaucoup à faire, y compris en Suisse même où l’idée de Francophonie manque singulièrement d’attrait et de relais.

A Genève, cette Journée internationale de la Francophonie est marquée cette année par une «première» sous la forme d’un Prix, la «Toile du plurilinguisme», qui doit récompenser, parmi les organisations internationales, intergouvernementales et non gouvernementales, celle dont le site internet témoigne justement d’un vrai souci de la pluralité des langues et des cultures.

Bernard Weissbrodt


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