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La presse salue l'ouverture des Suisses, mais reste sceptique

(swissinfo.ch)

La plupart des commentateurs de la presse helvétique saluent le résultat de la votation de dimanche sur la loi militaire. La décision du peuple est synonyme d'ouverture. Pour autant, les avis ne sont pas unanimes sur la portée à donner à ce scrutin.

Bien évidemment, les commentateurs ne peuvent que constater que la victoire du Conseil fédéral est des plus ténues. Il s'agit même d'une victoire «fragile», comme le titre Le Temps.

La division du peuple suisse sur cette question sensible de la neutralité n'a pas échappé non plus aux chroniqueurs. Le Temps, encore lui, résume d'ailleurs bien le sentiment général avec une caricature. On y voit un véhicule militaire suisse chargé de maintenir la paix se faire lancer des pierres tant par un jeune pacifiste romand que par un paysan de la Suisse primitive.

Il n'en reste pas moins que ce résultat est bienvenu pour le gouvernement et pour les partisans de l'ouverture du pays. «Un pas de puce, mais porteur d'espoir et terriblement réconfortant», estime La Liberté. Pour l'Agefi, il s'agit d'«un très joli coup pour l'ouverture de la Suisse, même si elle est laborieuse».

La presse alémanique, plus encore que la romande, y voit surtout un coup d'arrêt pour Christophe Blocher. L'UDC est l'ASIN ont bel et bien perdu le scrutin, bien qu'elle n'ait pas ménagé ses efforts. «Blocher doit maintenant respecter le résultat», souligne la Neue Zürcher Zeitung. Le Blick va plus loin et se demande carrément si Christophe Blocher a fait son temps (Ist Blochers Zeit vorbei?).

Les réponses à cette question sont assez nuancées. Pour la Tribune de Genève, les résultats du scrutin n'incitent pas Samuel Schmid à jouer les «fiers-à-bras». Le Temps est aussi assez nuancé: «les citoyens n'ont pas ressenti le vote de dimanche comme un geste qui engage résolument l'avenir».

Le chroniqueur de 24 Heures se montre un peu plus optimiste. «Les Suisses commencent à comprendre que sous le couvert d'un prétendu soucis de neutralité, certains visent en réalité à couper le pays du reste des nations pour en faire une vulgaire place off-shore soucieuse de son fric», écrit-il.

Il n'en reste pas moins que l'UDC est loin d'être à terre et que la campagne en vue d'une adhésion de la Suisse à l'ONU sera très difficile. «Les frileux, les hypocrites et les couards affûtent déjà leurs couteaux», note le Matin. Et plusieurs journaux, le Blick en tête, rappellent que le dossier de l'ONU demandera une double majorité. Or, le vote de dimanche montre bien que la droite dure conserve une forte influence dans beaucoup de petits cantons.

Olivier Pauchard, Palais fédéral

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