La reprise doit aussi profiter aux travailleurs

Employés et syndicats ne veulent pas que les revendications faites à l’occasion de la Fête du Travail restent lettre morte. Ils exigent que la reprise économique profite à tous. Et un salaire minimum d’au moins 3000 francs par mois.

Ce contenu a été publié le 01 mai 2000 - 20:34

Plusieurs années de crises ont détérioré les conditions de travail et érodé le pouvoir d’achat des travailleurs, affirment les syndicats. Maintenant que la reprise semble enfin au rendez-vous, ils estiment donc que ces derniers doivent pouvoir profiter d’une compensation pour les sacrifices auxquels ils ont consenti.

Signe de la reprise: la main-d’oeuvre qualifiée commence déjà à manquer. Dans l’optique des syndicats, c’est par conséquent «le moment ou jamais» pour les employés de passer à l’offensive et de se battre pour leurs revendications.

Cette année, le 1er mai aura d’ailleurs été l’occasion de passer de la rhétorique à l’action. Ainsi, par exemple, une manifestation s’est tenue devant l’entreprise d’emballage et d’imprimerie Säuberlin & Pfeiffer, à Vevey, afin d’obtenir l’ouverture de négociations pour une convention collective de travail.

Une grève avait été initialement prévue. Les responsables de l’entreprise l’ont évitée en donnant congé au personnel. Mais une telle dérobade ne sera pas toujours possible. Selon l’analyse de l’Union syndicale suisse, les années de crises et la reprise économique ont accentué les mouvements de contestations ouvriers.

Du coup, les manifestations devraient devenir plus nombreuses. Même les grèves, qui ne sont pas vraiment ancrées dans la tradition helvétique, seront plus fréquentes, prédit Eric Decarro, président du Syndicat des services publics.

Les syndicats ne se battent toutefois pas seulement pour des questions salariales. Le président du Syndicat industrie et bâtiment (SIB), Vasco Pedrina, a appelé les quelque 2500 personnes réunies sur la Place fédérale, à Berne, à résister contre ceux qui veulent démanteler l’Etat social pour en faire un Etat «veilleur de nuit».

Le président du SIB s’en est également pris à la nouvelle économie et à son cortège de fusions, de privatisations d’entreprises publiques et de suppression d’emplois. A Bâle, le secrétaire du Syndicat FTMH, André Daguet, a lui aussi exhorté les syndicats et la gauche à se mobiliser contre la globalisation et à s’adapter au nouveau capitalisme, faute de disparaître au 21ème siècle.

S’exprimant à Berthoud, le ministre socialiste des transports et des communications, Moritz Leuenberger, a lui aussi recommandé aux syndicats de s’adapter au changement de structure du capitalisme. Il ne sert toutefois à rien de diaboliser le marché. Selon le ministre, tout le monde, y compris les socialistes, profite des baisses de tarifs des téléphones et de l’électricité issues de la libéralisation.

swissinfo avec les agences

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