La sphère privée toujours plus attaquée

Le commissaire zurichois à la protection des données s’inquiète de l’augmentation des atteintes portées à la sphère privée.

Ce contenu a été publié le 15 juillet 2003 - 20:12

De plus en plus de domaines sont concernés: santé, transports, et même droits démocratiques.

Selon Bruno Baeriswyl, la protection de la sphère privée est «une condition essentielle à la tenue d’une vie autonome.» C’est ce qu’il a déclaré mardi à Zurich lors de la présentation de son rapport annuel.

«Si on ne sait plus ce que l’administration ou des entreprises savent sur nous, craint le préposé zurichois à la protection des données, nous courons le danger d’être manipulés».

Outre les dérives possibles des nouvelles technologies, Bruno Baeriswyl a fustigé le manque de transparence des détenteurs d’information, qu’ils soient publics ou privés.

«De plus en plus de domaines sont concernés: la santé, les transports publics, et même l’exercice des droits démocratiques puisque les modalités du vote électronique ne sont pas encore réglées.»

Nombreuses polémiques

Durant l’année écoulée, Bruno Baeriswyl a dû s’occuper de plusieurs polémiques en relation avec la protection de la sphère privée.

Les homes pour personnes âgées zurichois ont ainsi mis au point un système d’évaluation qui pose des questions très indiscrètes aux pensionnaires.

Le préposé est aussi intervenu auprès des Transports publics zurichois qui veulent créer un Centre de la clientèle, qui gérerait une sorte de «carte de fidélité» de l’usager.

Innocents fichés

Autre atteinte grave: Bruno Baeriswyl a reçu entre cinq et sept plaintes de personnes fichées par la police pour des infractions qu’elles n’avaient pas commises et qui ne parviennent pas à faire supprimer ce fichier dans les archives policières.

«D’un côté, la police a raison de vouloir garder une trace de ses actes, mais il n’est pas justifiable qu’elle garde ces dossiers au milieu des autres, qui peuvent être réactivés en cas de recherche policière.»

Un groupe de travail devrait faire une proposition pour régler ces litiges d’ici à la fin de l’année.

Croyances aveugles

D’une manière générale, le préposé note enfin un manque de sensibilité ou de réflexion: «Dans le cas des caméras de surveillance ou de reconnaissance, beaucoup de gens croient que cela va tout régler.

Les caméras sont censées, entre autres, dissuader les casseurs dans les trains ou reconnaître des visages à l’aéroport. Les dangers de ces technologies ne sont pas pris en compte.

Or tout ce qui est digital se transmet, se copie, se vend... Il faut écrire noir sur blanc ce qui est faisable et ce qui ne l’est pas.»

swissinfo, Ariane Gigon Bormann, Zurich

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