La Suisse accorde l'asile politique à un colonel égyptien

Réfugié à Genève, Mohamed el-Ghanam dénonce ce qu'il nomme «la dictature de Mubarak». Keystone Archive

Le colonel Mohamed el-Ghanam vient d'obtenir l'asile politique en Suisse. Spécialiste de l'anti-terrorisme, cet égyptien serait l'officier le plus haut gradé à faire défection au régime du président Hosni Mubarak.

Ce contenu a été publié le 08 août 2001 - 18:34

Costume gris, chemise bleue ouverte, un portable collé à l'oreille, l'ancien professeur de l'académie de police du Caire parle d'une voix posée, sans jamais élever le ton. Enfant chéri du régime (son père était général, son frère est également officier supérieur), il a rompu avec le pouvoir en 1999, «à la suite, affirme-t-il, d'une conspiration montée pour faire emprisonner des journalistes de Al-Shaab».

Mohamed el-Ghanam ne se déplace pas sans d'épaisses chemises contenant des documents, pour la plupart écrits en arabe. «Je dénonce la corruption, la torture, les violations des droits de l'homme en Egypte», lance ce colonel de 44 ans, que swissinfo a rencontré à Genève.

Diplômé de droit de l'université de Rome, auteur d'ouvrages sur le terrorisme, l'officier a tenté, pendant deux ans, de quitter son pays. Mais en vain, comme l'atteste un article de mars 2000 du journal britannique The Independant qui l'avait rencontré au Caire. Chaque fois, la police l'arrête à l'aéroport alors qu'il tente de se rendre en Italie, puis en Suisse.

C'est l'ambassadeur de Suisse en Egypte, Blaise Gadet, qui serait intervenu énergiquement en sa faveur pour lui permettre de rejoindre Genève. En revanche, affirme-t-il, les Etats-Unis, comme les grandes puissances européennes, se seraient totalement désintéressés de son sort. Arrivé en mai dans la Cité de Calvin, Mohamed el-Ghanam a obtenu cette semaine son statut de réfugié politique.

Pour autant, le colonel a décidé de continuer à lutter contre «la dictature de Mubarak» et à aider ses compatriotes «à établir un régime démocratique en Egypte». Mais il ne nous dit pas si la Suisse s'intéresse à ses compétences dans le domaine de la lutte anti-terroriste.

Ian Hamel

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