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La Suisse au Liban: action humanitaire avant tout

Pour Micheline Calmy Rey , il est trop tôt pour parler de soldats suisses au Liban.

(swissinfo.ch)

La Suisse «limite» son engagement dans le conflit au Proche-Orient à l'aspect humanitaire. C'est ce qu'annonce mercredi le gouvernement, à l'issue de sa séance extraordinaire.

Ainsi, Berne va débloquer immédiatement cinq millions de francs supplémentaires pour soutenir les opérations menées sur le terrain par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Convoquée en pleines vacances sur proposition de la ministre des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey, cette séance extraordinaire a été l'occasion d'une «une discussion très intensive sur le Moyen-Orient».

Le gouvernement suisse «déplore profondément la tragédie humaine qui s'y déroule», selon les mots de la cheffe de la diplomatie, venue seule en rendre compte devant la presse.

Questions ouvertes

Récemment, la socialiste Micheline Calmy-Rey s'était attiré les critiques d'une partie de la droite en qualifiant de «disproportionnées» les opérations israéliennes dans la bande de Gaza et au Liban. Mercredi toutefois, le gouvernement «n'a pas pris position sur cette qualification», déclare la ministre.

Il n'a pas davantage tranché la question de savoir si le conflit en cours est ou non une guerre entre Etats, ce qui poserait la question de la neutralité suisse et empêcherait un soutien militaire à une partie combattante.

Il s'agit d'une question d'interprétation juridique, relève Micheline Calmy-Rey, précisant que cela a «peu de conséquences pratiques». Et d'ajouter dans le foulée: «Nous n'exportons pas de matériel de guerre aux parties, [...] la coopération militaire avec Israël est limitée depuis 2001».

Pour une solution diplomatique

Quant à la question d'un éventuel envoi de soldats suisses pour protéger l'ambassade helvétique à Beyrouth, la question n'a pas été tranchée. Pour le gouvernement, «ce n'est pas utile pour l'instant».

Au sujet de la force internationale proposée par Kofi Annan, la ministre indique que les informations à ce sujet sont encore «beaucoup trop vagues pour discuter et prendre position» sur une participation suisse.

D'une manière générale, le gouvernement s'engage en faveur d'«une solution diplomatique dans le cadre de l'ONU», ajouté Micheline Calmy-Rey, qui n'évoque plus l'idée d'un échange de prisonniers comme premier pas vers le règlement du conflit.

Sans nouvelles de trois Suisses

Sur le plan humanitaire, une fois que la quarantaine d'experts du Corps suisse d'aide humanitaire (CSA) seront rentrés du Liban, le gouvernement se prononcera quant au renforcement de l'action de la Suisse.

Jusqu'ici sept tonnes de vivres ont été acheminées. En plus de son aide financière au CICR, Berne entend soutenir la construction d'un camp de réfugiés à Beyrouth

Selon Micheline Calmy-Rey, son ministère a aidé 875 personnes à quitter le Liban alors que 215 ont décidé de rester. Berne est par contre sans nouvelles de trois citoyens helvétiques. Ces opérations d'évacuation ont coûté deux millions et demi de francs.

Exodes massifs

Sur le terrain, les gens du CSA se sont occupée de ces rapatriements, mais également de l'évaluation des besoins les plus urgents, en matière médicale, d'approvisionnement et de logistique.

A swissinfo, leur chef Tony Frisch explique que l'un des problèmes les plus graves est le nombre de personnes que ce conflit oblige à s'exiler à l'intérieur même du pays pour fuir les attaques, situation qui toucherait aujourd'hui un Libanais sur quatre.

«Ils sont des centaines de milliers qui n'ont ni abri, ni eau, ni assistance médicale. La plupart ont tout perdu en abandonnant leurs maisons, explique Tony Frisch. De plus, il est très difficile d'acheminer de l'aide sur le terrain, parce que les chauffeurs de camions refusent de prendre la route, même à prix d'or, par crainte des bombardements ».

swissinfo et les agences

Faits

Jusqu'ici, le gouvernement suisse a débloqué six millions et demi de francs pour l'aide d'urgence du CICR, basé à Genève.
Le ministère des Affaires étrangères a aidé 875 personnes à quitter le Liban, soit 795 Suisses et 80 étrangers résidant en Suisse.
Ce programme de rapatriements a coûté deux millions et demi de francs.

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Réactions contrastées

En Suisse, les principaux partis politique réagissent mercredi aux prises de position du gouvernement sur le conflit libanais. Tout le monde salue l'engagement humanitaire de la Suisse, mais sur le plan politique, les avis divergent.

Les socialistes critiquent la «passivité» du gouvernement, qui selon eux aurait dû condamner la violation du droit des peuples et stopper immédiatement la coopération militaire avec Israël.

Les Verts se disent «très déçus» de la retenue de ton du gouvernement. Ils exigent aussi l'arrêt de toute collaboration en matière militaire.

A l'inverse, l'Union démocratique du centre (droite dure) se félicite de cette retenue. Pour le parti, il est également positif que la Suisse n'ait pas besoin d'envoyer des soldats pour protéger son ambassade.

Chez les Radicaux (centre droit) et les Démocrates-chrétiens, on juge la position gouvernementale «réaliste».

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