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La Suisse ne glisse pas vers l'extrême droite

Le discours de l’UDC reste modéré.

(Keystone)

La presse étrangère a parfois comparé la progression de l’Union démocratique du centre (UDC/droite dure) avec les succès de l’extrême droite européenne.

Mais les politologues estiment que la situation n’est pas comparable, malgré certaines analogies.

Certains analystes étrangers ont tiré un parallèle entre la fulgurante progression de l’UDC et les succès enregistrés ces dernières années par les partis de Jean-Marie Le Pen en France, de Jörg Haider en Autriche ou encore de Pim Fortuyn aux Pays-Bas.

Le vocabulaire utilisé pour décrire le parti de Christoph Blocher («xénophobe», «populiste» ou encore «nationaliste») est le même que celui utilisé pour qualifier les différents mouvements de l’extrême droite européenne.

Les critiques ont même parfois été très loin. C’est ainsi que l’Unitá (Italie) a pu écrire en parlant de Christoph Blocher: «un milliardaire nazi triomphe aux élections suisses».

Une révolution seulement dans les chiffres

Les succès des différentes extrêmes droites européennes ont constitué un véritable choc pour la classe politique traditionnelle des pays concernés. En Suisse, le phénomène n’est pas différent.

Professeur à l’Institut des hautes études en administration publique (idheap) de Lausanne, le politologue Pascal Sciarini admet que le succès de l’UDC constitue une véritable «révolution» dans le paysage politique suisse. Mais seulement au niveau des chiffres.

«Je crois que l’on peut parler d’une révolution au sens où c’est la première fois qu’un parti politique enregistre une telle progression, déclare-t-il. C’est une petite révolution parce que c’est un phénomène inédit dans l’histoire suisse contemporaine.»

Pascal Sciarini est en revanche beaucoup plus réservé lorsqu’il s’agit de comparer l’UDC aux partis d’extrême droite. Certes, il y a des similitudes dans le discours nationaliste, dans la méfiance envers les étrangers et dans la critique des partis traditionnels.

Blocher n’est ni Haider ni Le Pen

«Mais il y a des différences dans la mesure où Blocher et les siens n’ont presque jamais pu être attaqués pour racisme et encore moins pour antisémitisme, explique le professeur. Ils n’ont pas commis les écarts de langage de Le Pen ou de Haider. Il y a davantage de subtilité dans le discours de l’UDC.»

Cette analyse est partagée par Oscar Mazzoleni, responsable de l’Observatoire de la vie politique (Ustat) du canton du Tessin et auteur d’un récent ouvrage sur l’UDC. Pour lui aussi, il y a des similitudes, mais aussi des différences.

Oscar Mazzoleni souligne que la lutte pour l’intégrité de la nation et le discours de protestation contre une classe politique traditionnelle considérée comme incapable de répondre aux préoccupations des citoyens constituent des éléments communs aux différents partis de la droite dure, y compris l’UDC.

Cependant, pour Oscar Mazzoleni également, l’UDC reste très différente des partis d’extrême droite.

«Elle participe au gouvernement depuis des dizaines d’années, et sa récente radicalisation ne l’a pas empêchée de continuer de fonctionner dans un système de concordance», souligne-t-il.

«De ce point de vue, l’UDC est un cas unique en Europe», conclut le politologue tessinois.

A droite toute!

Reste à voir maintenant si le renforcement de l’UDC modifiera en profondeur la vie politique suisse. Pour Pascal Sciarini, la victoire électorale de dimanche dernier va simplement accentuer un changement de cap déjà amorcé.

Et le politologue lausannois de citer l’exemple de la politique d’asile: les différents partis de droite ont déjà accepté de donner un tour de vis dans ce domaine pour anticiper ou pour coller aux exigences de l’UDC.

Or si Christoph Blocher ou l’un de ses collaborateurs entre au gouvernement, ce durcissement va certainement se poursuivre dans plusieurs domaines, qu’il s’agisse de l’asile, de l’immigration, de l’ouverture vers l’Union européenne ou encore de la politique économique et sociale.

Les adversaires de l’UDC espèrent que le parti de Christoph Blocher mettra de l’eau dans son vin en assumant davantage de responsabilités au sein du gouvernement. Mais Pascal Sciarini estime qu’ils se bercent d’illusions.

«Il y aura toujours cette possibilité pour le parti de recourir à la démocratie directe si la politique du gouvernement ne lui convient pas, parce que même avec deux membres au gouvernement, ils n’auront pas la majorité», explique-t-il.

swissinfo, Olivier Pauchard et Andrea Tognina

Faits

Le poids des partis gouvernementaux en termes de suffrages après les élections de dimanche:

Union démocratique du centre (UDC): 26,6% des voix (22,54% en 1999)
Socialistes (PS): 23,3% (22,47%)
Radicaux (PRD): 19,9% (17,3%)
Démocrates chrétiens (PDC): 14,4% (15,9%)

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