Lancement réussi pour Ariane 5: une bonne nouvelle pour l’Europe et la Suisse

Ariane-5 a brillamment inauguré la carrière commerciale du nouveau lanceur européen. Les industriels suisses, qui ont pris part à la réalisation du lanceur, en attendent d’intéressantes retombées économiques.

Ce contenu a été publié le 10 décembre 1999 - 10:28

Ariane-5 a brillamment inauguré la carrière commerciale du nouveau lanceur européen qui a décollé, vendredi, depuis la base Kourou, en Guyane française. Les industriels suisses, qui ont pris part à la réalisation du lanceur, en attendent d’intéressantes retombées économiques.

Pari tenu pour l’Europe de l’espace. Les perspectives du marché faramineux des lancements commerciaux s’annoncent sous de bons auspices pour les industriels européens et suisses. Ces derniers ont suivi avec un intérêt tout particulier le décollage. Ariane 5 avait à son bord son premier passager payant, un satellite d’observation. La perte d’un lanceur au décollage, en 1996, est encore dans tous les esprits.

Cette fois, c’est donc la bonne. L’Europe a pu faire la démonstration que sa technologie pouvait rivaliser avec celle des Américains. Ariane 5 a mis exactement 8 minutes et 47 secondes pour placer sur orbite, un bijou de la technologie européenne, le satellite à miroirs multiples XMM, de l'Agence spatiale européenne (ESA). Ce satellite est en fait un télescope de conception révolutionnaire qui doit permettre d’analyser, durant dix ans, le rayonnement x émis par les masses en mouvement aux confins de la galaxie.

Avec cette réussite à son actif, Arianespace, la société de gestion et de commercialisation des fusées européennes, peut déjà programmer avec sérénité les six prochains vols, prévus l'année prochaine. Les dividendes escomptés de ce lancement réussi dépassent largement le coût de l’opération: Ariane 5 et le satellite ont coûté 580 millions de dollars.

Pour les industriels suisses, le marché des lanceurs spatiaux est une mine d’or. C'est le cas pour Oerlikon-Bührle, qui a fabriqué la coiffe d’Ariane 5, comme pour Vibro-Meter qui a réalisé les capteurs ayant assuré la surveillance du moteur Vulcain d’Ariane 5. Le satellite XMM est, aussi, un peu suisse. Contraves, Clemessy, deux sociétés helvétiques, ont participé à sa réalisation. APCO technologies SA, installée à Vevey, a mis au point une structure de fixation pour les miroirs contenus dans le satellite.

Le marché est en pleine expansion. Rien qu'en 1998, le marché des gros satellites géostationnaires a représenté 58 pour cent de la totalité des lancements pour un montant global de 45 millions de dollars. Et avec le développement des télécommunications - que ce soit en matière de télévision, de téléphonie, ou d'informatique avec Internet - le secteur va continuer à grossir.

Au total, c'est un marché d'une trentaine de lancements par an, que se partagent une poignée d'industriels. Juste derrière Arianespace, on trouve l'américain Lockheed-Martin associé aux Russes au sein d'International Launch Services (ILS), qui pèse 20 à 25 pour cent du marché. ILS exploite les lanceurs Atlas à partir des Etats-Unis, et les Proton, fabriqués en Russie avec un étage ukrainien et lancés depuis Baïkonour.

Face aux nouveaux lanceurs américains Delta-4, de Boeing, et Atlas-5, de Lockheed Martin, qui doivent faire leur apparition entre 2002 et 2004, Arianespace a pris une longueur d’avance sur ses concurrents. Reste que dans un domaine où les avancées se font à la vitesse de la lumière, il lui faudra batailler ferme pour défendre ses positions.

Jugurtha Aït-Ahmed

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