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Le CICR rentre bredouille de Washington

Un prisonnier escorté se rendant à un interrogatoire.

(Keystone Archive)

A l’issue d’une visite à Washington, le Comité international de la Croix-Rouge n’a pas constaté de «progrès tangibles» de la part de l’administration Bush sur le sort des détenus de Guantanamo.

Le CICR se dit de plus en plus préoccupé par le sort de ces prisonniers.

La délégation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) - dirigée par son président, Jakob Kellenberger – a discuté du sort des prisonniers arrivés depuis le 11 janvier 2002 à Guantanamo, la base militaire que les Etats-Unis possèdent sur l’île de Cuba.

Jeudi et vendredi, M. Kellenberger et son équipe ont eu des entretiens avec le secrétaire d’Etat américain, Colin Powell, la conseillère du président Bush en matière de sécurité nationale, Condoleeza Rice, et le vice-ministre de la Défense, Paul Wolfowitz.

Il s’agissait là de la deuxième visite du CICR à ce niveau en moins de dix mois, puisque M. Kellenberger et ses collaborateurs avaient déjà attiré l’attention de Madame Rice, de M. Powell et du Pentagone au sujet des détenus en mai dernier.

Mais comme la première visite, la seconde n’a apporté aucun résultat concret de la part du gouvernement américain.

«No comment»

Le CICR n’a pas répondu à la demande d’interview de swissinfo avec M. Kellenberger.

Mais dans un communiqué publié à la fin de la visite à Washington, le CICR indique que M. Kellenberger a «déploré le fait que, deux ans après l’arrivée des premiers détenus à Guantanamo, et malgré des appels répétés en leur faveur, ces hommes continuent de faire face à une détention indéfinie en dehors du champ d’application de la loi».

Le communiqué indique cependant que le CICR a apprécié «la franchise et le climat constructif du dialogue avec les autorités américaines».

Préoccupations aggravées

Le président du CICR souligne aussi que ses préoccupations en ce qui concerne les conditions de détention et le traitement des prisonniers «n’ont pas été abordées de manière adéquate».

En fait, ses préoccupations se sont même aggravées. Car «au-delà de Guantanamo, le CICR est de plus en plus inquiet du sort réservé à un nombre indéterminé de personnes capturées dans le cadre de la prétendue guerre contre le terrorisme et détenues dans des lieux gardés secrets».

Dans une interview accordée à la BBC, une collaboratrice de Jakob Kellenberger est en revanche plus directe dans le bilan qu’elle dresse de la réaction de l’administration Bush aux questions soulevées par le CICR.

Béatrice Mégévand-Roggo, déléguée générale pour l’Europe et les Amériques, déclare en effet que les Etats-Unis n’ont fait «aucun progrès tangible» dans leur attitude envers les individus qu’ils ont capturés en Afghanistan ou ailleurs depuis le début de l’offensive américaine contre le terrorisme en 2001.

Combattants illégaux

Deux ans après l’ouverture de la prison de Guantanamo, seuls quelques individus - des enfants et des vieillards pour la plupart - ont été libérés.

Or 660 personnes soupçonnées d’être membres des Taliban ou d’Al-Qaïda s’y trouvent toujours.

Le gouvernement américain considère les détenus en question comme des «combattants illégaux», et non pas des «prisonniers de guerre».

La distinction sémantique est d’importance car elle permet à Washington de refuser à ces personnes les droits et les protections prévus par les Conventions de Genève.

Le CICR n’est d’ailleurs pas le seul mouvement de défense des droits de l’Homme à appeler l’administration Bush à respecter les Conventions et à juger ou libérer rapidement les prisonniers de Guantanamo.

Procédure accélérée

Aux Etats-Unis même, l’organisation américaine Human Rights Watch accuse la Maison Blanche de maintenir les détenus de Guantanamo dans «un trou noir juridique».

Dans son communiqué, le CICR indique cependant avoir reçu des autorités américaines des «assurances selon lesquelles la procédure d’examen des dossiers sera accélérée, ce qui pourrait mener à de nouvelles libérations».

Vendredi, le Pentagone a discrètement fait savoir qu’il s’apprêtait à libérer trois adolescents âgés de 13 à 15 ans.

Cette annonce coïncide avec la visite de la délégation du CICR à Washington, mais ni l’administration Bush, ni le Comité international de la Croix-Rouge n’indique si les trois libérations à venir sont le fruit de leurs négociations.

swissinfo, Marie-Christine Bonzom, Washington

En bref

- Le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), le Suisse Jakob Kellenberger, était en visiste officielle à Washington les 15 et 16 janvier.

- Il y a notamment rencontré le secrétaire d'Etat Colin Powell, pour discuter du statut des 660 prisonniers que les Américains détiennent, certains depuis janvier 2002, sur leur base de Guantanamo, à Cuba.

- En tant que gardien des Conventions de Genève, le CICR visite les prisonniers et garantit un échange d'informations avec leurs familles.

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