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Le futur président français devra conquérir le centre

(swissinfo.ch)

La presse suisse est satisfaite du premier tour de la présidentielle française. Les électeurs ont rejeté l'extrémisme et confirmé deux personnalités incarnant un renouveau politique.

Pour les commentateurs, le prochain locataire de l'Elysée sera désormais celui qui récupérera le mieux les voix du centre.

Les chroniqueurs de la presse suisse de lundi saluent les résultats du premier tour de la présidentielle française. Ils sont en premier lieu satisfaits du fort taux de participation, qui donne toute sa valeur au débat démocratique.

«Ce taux de participation record de 85% contredit l'accusation de nombreux commentateurs étrangers, comme quoi l'élection n'aurait rien fait bouger et rien apporté de neuf», écrit par exemple le quotidien zurichois «Tages Anzeiger».

Un duel attendu

La presse n'est pas surprise de l'issue de ce premier tour. Le duel entre Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal était attendu et prévu depuis longtemps.

«Aucun candidat surprise, aucune péripétie de dernière minute ne sont venus troubler un duel qui repose sur des forces sociales et historiques profondes», souligne «Le Temps». Finalement, c'est donc le retour à la normale après le coup de théâtre de 2002 qui avait vu la gauche évincée du second tour par l'extrême-droite.

Plusieurs commentateurs se réjouissent d'ailleurs que les Français n'aient pas répondu aux sirènes de l'extrémisme et du vote contestataire. «L'autre bonne nouvelle de la soirée d'hier tient au recul, historique également, de Jean-Marie Le Pen qui s'est trop longtemps nourri des voix de protestation», note ainsi la «Tribune de Genève».

L'autre objet de satisfaction de beaucoup d'analystes, c'est que les deux candidats retenus incarnent, en un certain sens, un renouveau de la politique française.

Or, «ce n'est pas de réformes, mais bien d'une rupture dont la France a besoin aujourd'hui. Après vingt-cinq ans de régime mitterando-chiraquien, elle doit changer de génération, rompre avec un système obsolète», juge la «Tribune de Genève».

Capter les voix du centre

La presse suisse est unanime à souligner que la droite vire en tête au lendemain de ce premier tour. «La France se réveille ce matin plus à droite qu'elle ne l'a jamais été depuis près de quarante ans lors d'une élection présidentielle», relève le quotidien fribourgeois «La Liberté». Beaucoup de commentateurs estiment que Nicolas Sarkozy dispose d'un avantage en vue du second tour.

Mais pour autant, rien n'est perdu pour la candidate socialiste. Ainsi, pour la «Neue Zürcher Zeitung», Ségolène Royal a encore des chances de succéder à Jacques Chirac «si elle parvient à rassembler le front anti-Sarkozy derrière elle».

Par ailleurs, celle-ci pourrait peut-être aussi profiter d'un effet femme. «L'autre inconnue de ce calcul est la volonté des Françaises, qui indépendamment de l'enjeu politique, préféreront éventuellement voter pour une femme, en présumant que la politique du futur élu n'a qu'une importance secondaire dans cette France immobilisée par sa culture syndicale», écrit «Le Matin».

Il y a une chose sur laquelle tous les commentateurs sont d'accord: le futur locataire de l'Elysée sera celui (ou celle) qui arrivera le mieux à capter les voix du centriste François Bayrou qui, avec ses 18% de suffrages, a été la véritable révélation du premier tour. «Ce dernier est l'homme du jour. Il est devenu le pivot des tractations à venir», résume le «Quotidien jurassien».

Pour certains analystes, ce report de voix devrait avant tout profiter à Nicolas Sarkozy, car «les centristes se trouvent à droite de l'échiquier politique», ainsi que le rappelle le «St-Galler Tagblatt». Mais cet avis n'est pas unanime. «En toute logique, la gauche a ses chances, car la droite s'est mise trop à droite pour plaire aux centristes», estime «Le Matin».

Mais personne ne se sait réellement de quel côté va pencher la balance. En effet, l'électorat de François Bayrou est «un électorat hybride sur lequel son dépositaire, isolé, n'a que peu d'emprise», conclut le quotidien vaudois «24 heures».

swissinfo, Olivier Pauchard

En bref

Douze candidats étaient en lice pour le premier tour de la présidentielle.

Quatre d'entre eux ont recueilli plus de 10% des voix: Nicolas Sarkozy / UMP (31,11%), Ségolène Royal / PS (25,84%), François Bayrou / UDF (18,55%), Jean-Marie Le Pen / FN (10,51%).

Seuls les deux premiers, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royale, prendront part au second tour qui aura lieu le 6 mai.

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