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Le Kosovo jette un froid entre Berne et Belgrade

Malgré les sourires de Micheline Calmy-Rey et de Boris Tadic, Berne et Belgrade s’opposent sur la question du Kosovo.

(Keystone)

L’avenir de la province, dont Berne souhaite l’indépendance, a été au centre des discussions entre Micheline Calmy-Rey et les dirigeants de Belgrade.

Au terme de la visite de deux jours que la ministre suisse des Affaires étrangères achève en Serbie et Monténégro, le président Boris Tadic n’a pas ménagé ses critiques sur la position helvétique.

Le président Tadic l’a répété vendredi devant la presse: il est opposé à toute «fragmentation» de la Serbie et Monténégro. Le chef de l'Etat estime qu'une partition du pays (soit l'indépendance du Kosovo) constituerait un «détonateur dangereux» pour la région.

De son côté, Roberto Balzaretti, conseiller diplomatique de Micheline Calmy-Rey a déclaré que la ministre avait insisté au cours de l'entretien sur le fait que le Kosovo ne peut pas retrouver le statut qu'il avait avant la guerre. La province doit obtenir une «forme d'indépendance», a souligné la ministre.

Offre suisse


La cheffe de la diplomatie suisse a ajouté que c'est aux parties impliquées de trouver une solution pour le futur du Kosovo. Dans ce contexte, Berne est prêt à aider Albanais et Serbes à mener des pourparlers, a rappelé Micheline Calmy-Rey.

Selon Roberto Balzaretti, Boris Tadic et son ministre des affaires étrangères, Vuk Draskovic, ont dit «comprendre la position de la Suisse» tout en rappelant la politique qu'envisage Belgrade pour la province: «moins qu'une indépendance, plus qu'une autonomie».

Malgré ces différends, les entretiens de vendredi se sont déroulés dans une ambiance «amicale» et «détendue», a relevé Roberto Balzaretti.

Polémique


Ces déclarations officielles de Berne et de Belgrade révèlent les tensions entre les deux capitales depuis le discours du représentant permanent de la Confédération auprès de l'ONU. S'exprimant en mai devant le Conseil de sécurité à New York, Peter Maurer avait pris position en faveur de l'«indépendance» du Kosovo.

A la tribune, le diplomate avait dit clairement qu'un retour de la province sous souveraineté serbe «n'est ni souhaitable ni réaliste». Le cheminement vers une indépendance formelle du Kosovo doit passer par une étroite surveillance internationale ainsi que des négociations avec les autorités serbes, avait-il ajouté.

Des propos mal reçus à Belgrade. Dans l’entourage du premier ministre serbe, on avait relevé que la Suisse devait rester neutre, «afin de contribuer, comme elle l'a déjà fait, aux discussions entre les deux parties».

Le discours de New York avait également soulevé des vagues à Berne. Plusieurs parlementaires avaient interpellé le gouvernement, regrettant cette inflexion de la politique helvétique au Kosovo.

Le Kosovo, théoriquement province du sud de la Serbie, est administré par l'ONU depuis 1999. Les Albanais, qui représentent plus de 90% de la population, réclament l'indépendance.

Criminels de guerre


Vendredi en fin de journée, Micheline Calmy-Rey a rencontré le premier ministre serbe Vojislav Kostunica. Les deux responsables ont notamment mis en exergue les «liens humains» entre la Suisse et la Serbie et Monténégro. Quelque 200’000 personnes originaires de ce pays vivent en Suisse.

Micheline Calmy-Rey a également évoqué la question des criminels de guerre. Elle a mentionné le cas du responsable bosno-serbe Radovan Karadzic et de son chef militaire Ratko Mladic inculpés de génocide par le Tribunal pénal international. Les deux hommes sont les principaux inculpés du massacre de 8000 musulmans à Srebrenica en 1995.

swissinfo et les agences

Faits

La Suisse est depuis longtemps une des terres d’émigration principales pour les Albanais du Kosovo.
Avant les guerres qui ont suivi l’éclatement de la Yougoslavie, nombre d’entre eux travaillaient en Suisse.
La pression mise par Belgrade sur la province et les exactions militaires ont amené de nombreux autres Albanais du Kosovo à fuir en Suisse, où ils ont trouvé abri auprès de membres de leurs familles.

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En bref

- Au printemps 1999, les avions de l’OTAN bombardent la Serbie pour forcer les troupes de Slobodan Milosevic à se retirer du Kosovo.

- En mai 1999, 800'000 Albanais du Kosovo ont fui dans les pays balkaniques voisins.

- 170'000 ont trouvé refuge dans d’autres pays du monde.

- 580'000 personnes ont été déplacées à l’intérieur du Kosovo.

- 130'000 ont pu rester chez elles dans la province.

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