Le Liban ne veut pas du congrès négationniste du Bâlois Jürgen Graf

Sous le coup de mandats internationaux, Jürgen Graf vit à Téhéran. Keystone Archive

Le Liban va s'opposer à la tenue d'un congrès négationniste prévu à la fin du mois à Beyrouth. Le coorganisateur de cette réunion, le Bâlois Jürgen Graf, n'a cependant pas encore déposé de demande d'autorisation.

Ce contenu a été publié le 23 mars 2001 - 16:58

Le gouvernement libanais «n'autorisera pas une réunion de ce genre sur son territoire». C'est ce qu'a indiqué Rafic Hariri, Premier ministre libanais, sur la chaîne de télévision CNN.

Ce colloque, intitulé «Révisionnisme et sionisme», doit être organisé par l'association «Vérité et Justice» présidée par le Bâlois Jürgen Graf, et l'institut américain «Institute for Historical Review» (IHR). On ne sait en revanche pas qui est le parrain de la manifestation côté libanais.

Selon ses organisateurs, le congrès aura lieu du 31 mars au 3 avril à Beyrouth. Cependant, aucune demande d'autorisation n'a été déposée, comme l'a indiqué jeudi soir le ministre de l'Information Ghazi Aridi. «Par conséquent, il n'existe ni date, ni lieu prévus», en dépit de «la campagne menée sur l'Internet» par l'IHR.

Cette campagne a d'ailleurs suscité la réaction de plusieurs organisations, dont le Congrès juif mondial (CJM) et le Congrès juif européen. Celles-ci avaient fait pression sur le gouvernement libanais pour qu'il interdise le colloque.

La semaine passée, quatorze intellectuels arabes avaient lancé à leur tour un appel aux autorités libanaises. Ils dénoncent cette conférence qui, sous couvert de solidarité avec la cause palestinienne, va en fait développer des thèses négationnistes, et nier la réalité du génocide commis par les nazis contre les Juifs.

Selon le journal de Beyrouth, L'Orient-le-Jour, cité vendredi par Le Temps, le gouvernement libanais redoutait en outre de perdre une aide américaine de 25 millions de francs s'il persistait à vouloir permettre cette manifestation.

Quant à la Suisse, elle s'est distanciée de Jürgen Graf, dans une note diplomatique adressée par le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) au gouvernement libanais. Le DFAE a notamment affirmé que le groupe Vérité et Réconciliation «ne représente ni les opinions de la Confédération, ni celle de l'immense majorité des citoyens suisses».

Actuellement en fuite, le révisionniste bâlois Jürgen Graf a été condamné en juillet 1998 à Baden à 15 mois de prison ferme et 8000 francs d'amende pour discrimination raciale. Poursuivi à Bâle-Ville pour infraction à la loi contre le racisme, il est finalement sous le coup de mandats internationaux. Il vit depuis novembre à Téhéran.

swissinfo avec les agences

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