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Le Luxembourg clôt le dossier Friederich

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Les autorités anti-blanchiment luxembourgeoises laissent l'affaire Friederich aux Suisses. Elles invoquent l'immunité diplomatique.

Ce contenu a été publié le 18 juillet 2002 - 08:23

L'ambassadeur de Suisse au Luxembourg n'intéresse plus que la Confédération helvétique. Le substitut du procureur du Grand-Duché en charge du service anti-blanchiment a officiellement refermé le dossier Friederich

Motif? «Le Luxembourg ne peut pas ouvrir de procédure judiciaire contre un diplomate, explique Carlos Zeyen. Cela dit, si nous obtenons de nouvelles informations, nous les transmettrons aux Suisses. Bien évidemment.»

L'équivalent de un million de francs

Le 10 juillet, la Cellule de renseignement financier du parquet économique et financier confirmait à swissinfo qu'une enquête était «menée en étroite collaboration entre les autorités anti-blanchiment luxembourgeoise et suisse».

Peter Friederich, 60 ans, ambassadeur de Suisse au Luxembourg depuis fin 1999, avait été arrêté et incarcéré le 8 juillet sur le territoire helvétique. Déjà soupçonné de «blanchiment», il vient d'être inculpé de «faux dans les titres».

On lui reproche concrètement d'avoir déposé à la banque Dexia du Luxembourg l'équivalent de 1,1 million de francs en dollars, en livres sterling et en florins hollandais. L'argent lui aurait été remis par une tierce personne faisant partie de son cercle privé.

Le groupe belgo-français Dexia a été intégré en 2000 à la Banque Internationale du Luxembourg (BIL), l'un des trois plus anciens établissements du Grand-Duché. Au nom du secret bancaire, Dexia n'a pas confirmé qu'elle détenait bel et bien des comptes ouverts par Peter Friederich.

«Mon client tombe des nues»

«Peter Friederich a toujours réalisé des opérations financières à titre privé, commente Jean-René Mermoud, l'avocat du diplomate. Que lui reproche-t-on dans cette affaire? Des virements au profit de gens douteux. Mon client tombe des nues.» Peter Friederich a d'ailleurs demandé sa mise en liberté mercredi.

Pour le moment, seul l'ambassadeur est publiquement mis en cause dans ce dossier. Un fait d'autant plus curieux que, selon l'Agence France Presse, il s'agirait «d'une enquête de grande envergure liée au blanchiment de l'argent de la drogue».

Comme il n'est pas coutume de blanchir de l'argent honnêtement gagné, il y a forcément eu crime en amont. Alors où se trouvent les coupables? Au Luxembourg, en Suisse, ou ailleurs?

Sur ce point, les autorités judiciaires suisse et luxembourgeoise se refusent à tout commentaire.

swissinfo/Ian Hamel avec Jean Nicolas au Luxembourg

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