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Le monde politique désavoué

Pour la presse, les résultats de dimanche sont une gifle pour les autorités.

(swissinfo.ch)

La presse est unanime: le résultat du scrutin de dimanche est un désaveu tant pour le gouvernement que pour le Parlement. Les commentateurs sont d’ailleurs nombreux à utiliser le mot «gifle».

Le peuple a sanctionné une politique hésitante et contradictoire, estiment-ils.

Alémaniques ou romands, les commentateurs sont du même avis: le vote de dimanche témoigne de la méfiance du peuple envers ses autorités. C’est ainsi que la Neue Zürcher Zeitung (NZZ) titre son commentaire «Misstrauensvotum», tandis que Le Temps fait de même avec «Vote de méfiance».

La Neue Luzerner Zeitung préfère quant à elle utiliser une métaphore sportive: «Le peuple sort le carton rouge».

Mais c’est bien l’ensemble de la presse nationale qui enfonce le clou. «Le résultat ne souffre aucune discussion. Le peuple et les cantons ont désavoué hier le Conseil fédéral et la majorité de la classe politique sur toute la ligne», écrit par exemple La Liberté.

«Le Conseil fédéral et, surtout, le Parlement ne sont plus sur la même longueur d’onde que les Suisses, estime quant à lui Le Matin. Un fossé s’est ouvert. Attention à ce qu’il ne devienne pas infranchissable.»

«Ce résultat constitue une triple gifle du peuple pour le Conseil fédéral et surtout pour le Parlement», écrit encore le Tages Anzeiger.

Manque de cohérence

Mais, au-delà de ces considérations générales, reste à expliquer le pourquoi de cette triple défaite pour les autorités.

«Sur les trois sujets soumis à votation, c’est l’absence de visibilité, le manque de maîtrise politique et le pouvoir laissé aux spécialistes que les urnes ont sanctionné», estime Le Temps.

«Déjà marquée par une poussée à droite après les élections de 1999, l’Assemblée a été incapable de trouver des solutions viables et convaincantes», estime quant à elle la Tribune de Genève.

Et le journal genevois de donner un exemple avec le contre-projet Avanti: «Les Suisses ont refusé l’incohérence profonde qu’il y avait à prôner les coupes budgétaires tous azimuts tout en réservant une priorité absolue à la route dans les années à venir.»

La révision du droit du bail était tout aussi mal préparée. «Elle était mal ficelée, note ainsi 24 heures. Les Suisses, en grande majorité des locataires, ont surtout voulu voir, avec quelques bonnes raisons, les hausses massives qui se profilaient.»

Cependant, les résultats de dimanche ne s’expliquent pas que par les erreurs du monde politique. Dans le cas de l’initiative demandant l’internement à vie des délinquants jugés très dangereux et non amendables, c’est avant tout l’émotion qui a joué.

La Tribune de Genève résume d’ailleurs bien cet avis en écrivant: «La possibilité infime de voir un de ses proches attaqué par un fou sortant de prison a balayé tous les scrupules.»

Une victoire pour les droits populaires

La presse, surtout alémanique, trouve cependant un aspect positif dans les résultats de dimanche. Et cet aspect positif, c’est le renforcement des droits populaires.

La Neue Zürcher Zeitung estime ainsi qu’ils sont les grands vainqueurs du week-end, notamment grâce au score réalisé par l’initiative sur les délinquants. La Südostschweiz rappelle pour sa part que cette initiative a été acceptée sans même recevoir le soutien de l’«establishment politique».

«Les résultats de dimanche renforcent l’idée que la politique nationale déraille. Dans cette situation, le souverain joue le rôle qui lui est dévolu par la démocratie directe, celui de l’opposition», conclut la Thurgauer Zeitung.

swissinfo, Olivier Pauchard


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