Le Pakistan attend toujours une décision des Taliban

Pour Islamabad, les négociations avec les taliban, sont celles de la dernière chance. Keystone

Alors que George Bush déclare vouloir Oussama ben Laden «mort ou vif», les négociations de la dernière chance continuent entre le Pakistan et les Taliban. Ces derniers proposent d'extrader, vers un pays autre que les Etats-Unis, le milliardaire d'origine saoudienne, soupçonné d'être l'instigateur des attentats de New York et Washington.

Ce contenu a été publié le 18 septembre 2001 - 12:35

Jusqu'ici une extradition d'Oussama ben Laden était exclue par les Taliban au pouvoir à Kaboul, qui nient toute implication de leur « invité » dans les attentats.

Actuellement, le Pakistan mène à Kaboul une médiation qui vise à éviter une «catastrophe majeure» dans la région, tant pour l'Afghanistan, déjà ravagé par vingt ans de guerre, que pour le Pakistan, qui accueille déjà près de trois millions de réfugiés afghans.

Une semaine après les attentats meurtriers de New York et Washington, qui ont fait près de 6000 morts, les Etats-Unis attende une décision des taliban. Au cours de leur rencontre avec une délégation pakistanaise, les taliban ont discuté des conditions d'une possible extradition d'Oussama ben Laden, principal suspect des attentats perpétrés à New York et Washington, vers un pays autre que les Etats-Unis, a annoncé une source gouvernementale pakistanaise, mardi.

Un conclave d'érudits de l'islam venus de toutes les provinces de l'Afghanistan devait à l'origine débattre à Kaboul de la crise. Mais cette réunion, qui pourrait durer plusieurs jours, a été reportée.

Menaces de guerre sainte

«Il n'y aura pas de réunion aujourd'hui (mardi). Peut-être que cela aura lieu demain ou le jour suivant», a dit un responsable taliban, expliquant que certains participants ne sont pas encore arrivés à Kaboul.

Les Taliban au pouvoir en Afghanistan ont averti mardi que le jihad (guerre sainte) serait décrété contre les Etats-Unis en cas d'attaque américaine contre un pays musulman. «Bien sûr, s'il y a une invasion d'un pays musulman, il y aura un jihad contre les envahisseurs», dit un haut-responsable taliban.

Les Américains, qui poursuivent leurs opérations de secours sur les sites des attentats, à New York et au Pentagone près de Washington, continuent d'affirmer que l'islamiste d'origine saoudienne est l'instigateur du quadruple détournement d'avions, transformés ensuite en bombes volantes.

Des représailles sont en cours de planification. Le département d'Etat a appelé lundi soir les Américains à éviter le Pakistan, en évoquant dans un communiqué la possibilité d'une action militaire en Afghanistan.

Tout en se préparant militairement, les Etats-Unis poursuivent une vaste offensive diplomatique pour bénéficier du maximum de soutien dans le monde.

Premier chef d'Etat étranger à rencontrer mardi George W. Bush à Washington depuis les attentats, le président français Jacques Chirac, qui se rendra également à New York, devait réaffirmer la solidarité de Paris à son allié américain.

Une attaque contre l'Afghanistan serait une «catastrophe», a souligné au contraire le ministre iranien des Affaires étrangères Kamal Kharazi, cité mardi par la radio iranienne. Selon lui, elle provoquerait «la mort de nombreux innocents» et «des exodes» de populations. Il a aussi estimé mardi qu'une coalition internationale devait être supervisée par l'ONU.

Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a assuré de son côté que l'organisation était prête à relever le défi de la lutte contre le terrorisme. «Tous les pays sont inquiets face au terrorisme» et «ils veulent participer à ce combat», a-t-il dit sur CNN, en demandant aux Américains de «ne pas provoquer une division entre l'Ouest et les musulmans».

Depuis une semaine, ces derniers semblent de plus en plus menacés. George W. Bush est intervenu lundi à ce sujet en affirmant que «la terreur n'est pas la vraie foi de l'islam» et en appelant les Américains à traiter leurs compatriotes musulmans avec respect.

Alors que le chef de l'Autorité palestinienne Yasser Arafat se dit prêt à rejoindre une coalition internationale anti-terroriste, le vice-premier ministre irakien Tarek Aziz a adressé mardi ses condoléances aux «familles des victimes américaines» des attentats, a indiqué l'agence officielle INA.

C'est la première fois qu'un haut responsable irakien exprime sa sympathie aux familles des victimes des attentats New York et Washington, que Bagdad n'a pas dénoncé.

swissinfo avec les agences

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