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Bourses d’études Les citoyens restent sourds aux appels des étudiants



Les étudiants continueront à dépendre de leur canton pour l'octroi d'une bourse.

Les étudiants continueront à dépendre de leur canton pour l'octroi d'une bourse.

(Keystone)

Les aides à la formation continueront à varier selon les cantons. Les Suisses ont rejeté dimanche par 72,5% des voix l'initiative populaire sur les bourses d'études. Aucun canton ne l'a soutenue. Défenseurs et opposants appellent désormais les cantons à adhérer au concordat intercantonal.

«Le non à l'initiative sur les boursesLien externe signifie que le peuple et les cantons refusent de démocratiser la formation en Suisse. Triste.», écrit dimanche l'Union des étudiant-e-s de Suisse (UNES) sur son compte Twitter.

Le syndicat Travail.Suisse regrette vivement le rejet «d'un projet d’avenir pour la jeune génération» qui aurait amélioré les chances de formation. Interrogé par la RTS, Dominique Arlettaz, recteur de l'Université de Lausanne, attend désormais «que toutes les personnes qui se sont opposées à l'initiative en disant qu'il fallait faire autre chose» tiennent parole.

Pour Johann Schneider-Ammann, ministre en charge de la formation, ce refus net «est une reconnaissance du système actuel. Les cantons connaissent mieux les besoins de leurs étudiants et doivent donc continuer à piloter les bourses. Et l'harmonisation voulue par les initiants est en passe de se faire via le concordat intercantonal».

Harmonisation en cours

Le texte de l'organisation faîtière des étudiants exigeait une harmonisation nationale du système d'octroi des aides à la formation. Les montants alloués auraient en outre dû garantir un niveau de vie minimal durant toute la durée d'une première formation tertiaire.

Certains cantons étant plus généreux que d'autres, les chances de formation ne sont pas les mêmes partout, ont argumenté les initiants et la gauche. Des étudiants jettent l'éponge car ils n'arrivent plus à concilier travail et études.

Malgré le «non», l'UNES ne se décourage pas. Pour l'organisation faîtière, lancer l'initiative a permis d'attirer l'attention sur une méthode inégalitaire qui doit être modifiée.

D'ailleurs durant la campagne tous les milieux ont reconnu que le système actuel n'était pas adéquat. Mais les cantons ont déjà pris le taureau par les cornes, ont fait valoir la droite et le gouvernement. Un concordat intercantonal fixant un plancher au montant des bourses a été élaboré. Il a été ratifié par 17 cantons, représentant ensemble 87% de la population résidente du pays.

Les cantons urbains et les Romands plus favorables

Les opposants à l’initiative avaient martelé que celle-ci mettrait à mal cet engagement fédéraliste et coûterait des centaines de millions qui obligeraient à économiser ailleurs. Ces arguments semblent avoir porté. Un peu plus de 1,61 million de personnes ont glissé un «non» dans l'urne. Un peu plus de 610'000 ont dit «oui».

Les plus réticents ont été les citoyens d'Appenzell Rhodes-Intérieures avec 87% d'opposition, suivis des Obwaldiens (84,7%) et des Nidwaldiens (84%). Les moins hostiles sont les Genevois avec 57,8% de «non».

Les Romands ont généralement été plus cléments envers l'initiative que les Alémaniques. Neuchâtel talonne Genève avec 57,9% de rejet devant le Jura (61,6%) et Vaud (61,9%). L'opposition est plus forte à Fribourg (70,1%) et surtout en Valais (73,2%) et à Berne (73,3%). Outre-Sarine, le «non» dépasse les 70% partout sauf à Bâle-Ville (66,1%). Le Tessin refuse l'initiative par 70,9%.

Le rejet de l'initiative permet l'entrée en vigueur d'une loi votée par le Parlement comme contre-projet indirect. Le texte doit pousser les cantons à adhérer au concordat. Seuls ceux qui respecteront les critères d'accès aux bourses auront accès aux subventions fédérales, 25 millions de francs en 2013. Le Parlement a toutefois renoncé à obliger les cantons à verser un montant minimal.   

Le taux le plus bas depuis 1990

Selon les données disponibles les plus récentes, en 2013, les cantons suisses ont versé 334 millions de francs de contributions à la formation, dont 95% sous forme de bourses. Le 53% de ces dernières a été attribué à des étudiants du niveau tertiaire, qui ont reçu en moyenne 8276 francs par tête. 46% des bourses est allé à des étudiants du niveau secondaire II, avec une moyenne de 5458 francs par tête et le solde à des bénéficiaires qui suivaient l’école obligatoire ou une formation permanente.

En 2013 en Suisse, 7,2% des 638'135 jeunes qui suivaient une formation post-obligatoire ont reçu une bourse d’études. C’est le taux le plus bas depuis 1990.

Selon les adversaires de l’initiative, son acceptation aurait signifié une augmentation des dépenses de l’Etat de l’ordre d’un demi-milliard de francs par année.

(Source: Office fédéral de la statistique)

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swissinfo.ch avec les agences

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