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Le succès du Sommet de l'info est à portée de main

L'entrée de la société civile au SMSI.

(Keystone)

Déjouant les pronostics pessimistes, le Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI) démarre avec un compromis honorable.

Hôte du sommet qui s’ouvre mercredi à Genève, la Suisse a mis les bouchées doubles pour rapprocher les positions des 192 Etats représentés.

La semaine dernière encore, la partie était loin d’être gagnée. Les questions les plus sensibles soulevées par le sommet restaient ouvertes.

Craignant le pire, les ONG suisses – réunies au sein d’une plate-forme commune - n’ont donc pas hésité à qualifier le sommet de «fiasco annoncé».

«J’ai été pour le moins surpris par ces déclarations lancées avant même la tenue de la dernière réunion préparatoire», lançait ce week-end Marc Furrer, chef des négociateurs suisses et cheville ouvrière du sommet.

De fait, en deux jours de discussions intensives, les délégations gouvernementales ont réussi à surmonter la plupart de leurs divergences. Que ce soit en matière de libertés publiques, d’indépendance des médias ou encore de réglementation sur Internet.

Encrée explicitement sur la Déclaration universelle des droits de l’homme des Nations unies, la déclaration politique soumise aux participants du SMSI ne devrait donc pas entraîner un recul en matière de droits de l’homme.

C’est en tous cas la conviction du président du comité préparatoire du SMSI.

«C’est la première fois qu’une conférence des Nations Unies s’engage si clairement en faveur de la liberté de la presse », ajoute encore Adama Samassékou.

Une ombre au tableau

Subsiste toutefois une épine dans le pied des organisateurs du sommet : l’éviction de l’ONG Reporters sans frontières (RSF), une association dont le but est justement de défendre la liberté de la presse.

L’ONG a d’ailleurs annoncé mardi la création d'une radio pirate - à Genève durant le sommet – en guise de protestation.

«Exclure une organisation de défense de la liberté de la presse d'un sommet touchant à la circulation de l'information est une décision lourde de sens », a martelé le secrétaire général de RSF, Robert Ménard.

Accord sur les finances

Cela dit, les délégations gouvernementales ont réussi à lever le dernier obstacle à un accord complet sur la déclaration et le plan d’action.

Après quatre heures de discussions, elles ont en effet trouvé un compromis sur la question des finances.

«Nous reconnaissons la volonté exprimée par certains Etats de créer un fonds volontaire de solidarité numérique et celle d’autres Etats d’étudier les opportunités offertes par les mécanismes existants et la faisabilité d’un nouveau fonds», stipule la version finale de la déclaration.

On le voit: les divergences demeurent. Mais elles ne bloquent plus le processus du sommet.

Marc Furrer affirme en effet que toutes les délégations reconnaissent la nécessité de budgets supplémentaires pour combler le fossé numérique.

«Des fonds de solidarités numériques existent déjà en Afrique au niveau régional. Ces pays vont donc poursuivre dans cette voie», ajoute le directeur de l’Office fédéral de la communication (OFCOM).

Selon lui, «les pays du Nord veulent mieux utiliser les mécanismes existants. Mais ils n’excluent plus l’idée d’un nouveau fonds».

Le débat est ouvert

Quoi qu’il en soit, la Suisse peut déjà se targuer d’un autre succès. Le sommet et les multiples manifestations qui l’accompagnent permettent un débat de fond sur les technologies de l’information et les mutations qu’elles alimentent.

Co-organisateurs du Forum mondial des médias électroniques (WEMF), Shashi Tharoor est de cet avis.

Pour le secrétaire général adjoint des Nations Unies, «les questions soulevées par le sommet sont essentielles. Le monde actuel connaît en effet beaucoup de liberté, mais peu d’égalité et de fraternité».

L’ancien patron de la Télévision suisse romande Guillaume Chenevière estime que ce contexte lourd de conflits oblige plus que jamais les médias à réfléchir sur leurs responsabilités.

Cette question est d’ailleurs au centre du WEMF organisé par en marge du Sommet de l’information. L’occasion pour quelque 650 participants venus du monde entier de se demander si les médias électroniques contribuent ou non à nourrir la violence du monde.

Les milieux anarchistes, eux, proposent un exercice pratique sur la question. Si l’on en croit le site altermondialiste Indymédia, un «collectif de résistance au SMSI» appelle en effet à des actions de perturbations le 12 décembre, soit le dernier jour du sommet de Genève.

swissinfo, Frédéric Burnand, Genève

En bref

- Plus de 60 chefs d’Etats et de gouvernements et des dizaines de ministres prennent part au SMSI qui se tient cette semaine à Genève.

- Plusieurs milliers de personnes issues également de la société civile et du secteur privé participent également au sommet et aux multiples réunions qui l’entourent.

- Le but premier de ce sommet onusien est de poser les jalons d’une société de l’information plus équitable.

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