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Le travail au noir dans l'agriculture est une honte pour le pays

Seule la main-d’œuvre qualifiée venant des pays extérieurs à l'Union européenne ou à l'AELE pourra s'installer en Suisse.

(Keystone Archive)

La conseillère fédérale Ruth Metzler n'admet pas que l'on emploie des ouvriers agricoles au noir. Elle regrette amèrement que les autorités cantonales couvrent pareilles infractions à la loi.

Dans une interview publiée dans dimanche.ch, Ruth Metzler dit avoir «de la peine» lorsqu'elle constate que des parlementaires «appellent ouvertement à engager de la main-d'œuvre au noir». La ministre de la Justice n'admet pas non plus que des représentants d'autorités cantonales tolèrent, voire acceptent, cet état de fait.

Selon elle, les gens qui sont aux postes clés de l'Etat ne devraient pas appeler à enfreindre les lois, mais au contraire veiller à leur application. La cheffe du Département de justice et police n'a pas l'intention de céder aux pressions.

Ruth Metzler rappelle en effet que les autorités ont aidé l'agriculture à recruter légalement des ouvriers au Portugal pour un salaire de 3000 francs par mois pour 60 heures hebdomadaires de travail. «Mais voilà, presque personne n'est disposé à débourser pareille somme. Et c'est une honte pour notre pays».

«En outre, cela nuit aux bonnes relations entre le Portugal et la Suisse», ajoute Ruth Metzler. Le Conseil fédéral n'entend toutefois pas déroger au principe que seule la main-d'œuvre qualifiée venant des pays extérieurs à l'Union européenne ou à l'AELE pourra s'installer en Suisse, a-t-elle répété.

De son côté, Pierre Chiffelle va déposer d'ici à vendredi une initiative parlementaire. Son but est d'apporter une solution partielle au scandale du travail au noir dans l'agriculture, a déclaré le conseiller national socialiste vaudois à l'ats, confirmant une information de dimanche.ch.

L'initiative propose de lever immédiatement l'interdiction de travail pour tout requérant d'asile qui peut produire un contrat de travail dans le domaine agricole. Elle pourrait être étendue par la suite à d'autres secteurs.

«Actuellement les requérants d'asile ont l'interdiction de travailler pendant trois mois, respectivement six mois, alors que l'on fait venir de l'étranger des milliers de travailleurs au noir», souligne celui qui a dénoncé à la justice le conseiller national vaudois UDC Jean Fattebert. Ce dernier a affirmé avoir employé illégalement des Polonais dans son exploitation.

L'initiative permettrait aux requérants de mettre la main à la pâte et de lever l'ambiguïté qui règne dans leur relation avec la population. Celle-ci ignore la plupart du temps que les requérants n'ont pas le droit de travailler. Elle mettrait aussi au pied du mur l'UDC qui a réclamé l'interdiction du travail des requérants, conclut M. Chiffelle.

swissinfo avec les agences

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