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Les Alpes, passage obligé avant l’Afrique du Sud



L'entraîneur de l'équipe nationale de Corée du Nord Kim Jong Hun dirige une séance d'échauffement à Ayent, près d'Anzère.

L'entraîneur de l'équipe nationale de Corée du Nord Kim Jong Hun dirige une séance d'échauffement à Ayent, près d'Anzère.

(Keystone)

Plus de la moitié des 32 équipes qualifiées pour la Coupe du monde de football en Afrique du Sud organisent un stage de préparation dans les Alpes. En Suisse et en Autriche, on se livre une concurrence acharnée pour faire venir les stars du ballon rond.

Les joueurs des sélections nationales de Corée du Nord, d’Algérie et de Côte d’Ivoire ont déjà débuté leur préparation sur les pelouses helvétiques. Ils seront rejoints prochainement par la Grèce, le Japon et… la Suisse.

Si les managers de nombreuses équipes nationales ont choisi les montagnes européennes pour préparer au mieux le rendez-vous sud-africain, ce n’est pas seulement en raison de la beauté du paysage: cinq des neuf villes-hôtes de la prochaine Coupe du monde, dont le coup d’envoi sera donné le 11 juin, sont situées à plus de 1300 mètres d’altitude. Le stade Soccer City de Johannesburg, où se disputera la finale le 11 juillet, est perché à 1750 mètres au-dessus du niveau de la mer.

Des conditions particulières que l’on retrouve dans les stations des Alpes, qui sont de plus situées dans le même fuseau horaire que l’Afrique du Sud. Les entraîneurs le savent: la concentration d’oxygène dans l’air et le «jet-lag» sont deux facteurs à ne pas négliger dans la préparation de matches de haut niveau.

Suisse et Japon se font face

Avec ses stations en retrait des grandes agglomérations, ses hôtels haut de gamme et des infrastructures adaptées, le canton du Valais a attiré à lui seul quatre des six sélections nationales séjournant sur territoire suisse. Ottmar Hitzfeld et ses troupes vont poser leurs bagages dès le mardi 25 mai à l’Hôtel Royal, un cinq étoiles de la station de Crans-Montana, pour un camp d’entraînement de dix jours.

L’entraîneur algérien Rabah Saadane et son staff ont opté pour le même complexe, où ils peuvent profiter d’un équipement «sophistiqué» permettant d’analyser les performances des joueurs en altitude.

De l’autre côté de la vallée du Rhône, au pied d’un glacier où l’on peut skier pratiquement toute l’année, les ruelles étroites de Saas-Fee s’apprêtent à vivre deux semaines durant au rythme japonais. Dès le 26 mai, l’équipe nationale nippone, suivie par 80 journalistes, y prendra ses bases.

«Notre village est situé à 1800 mètres d’altitude, les voitures y sont proscrites et c’est actuellement la saison calme; les touristes y sont peu nombreux», souligne David Graefen, responsable du marketing de la station, pour expliquer le choix des Japonais. Il admet cependant que la lutte a été intense. Cinq autres stations suisses se disputaient en effet la présence nippone sur leur territoire.

Les Eléphants débarquent

A Anzère, au-dessus de Sion, les «Chollimas» de Corée du Nord , qui se préparent pour des matches difficiles face au Brésil et au Portugal, ont suscité deux semaines durant la curiosité des journalistes. Aucune sécurité particulière n’a été mise en place durant les séances d’entraînements, ouvertes aux médias et au public.

Depuis le début de la semaine dernière, les «Eléphants» de Côte d’Ivoire s’acclimatent, eux, sur la Riviera vaudoise, plus exactement à Montreux. Ils se rendront ensuite à Saanenmöser, près de Gstaad, pour y tester le terrain d’entraînement fraîchement inauguré.

La joueurs grecs tenteront quant à eux de s’éloigner des malheurs qui frappent leur pays. Pour cela, la fédération grecque a décidé de les mettre au vert à Bad Ragaz, dans le canton des Grisons.

Compétition acharnée

Une douzaine d’équipes, parmi lesquelles l’Angleterre, basée dans la petite station d’Irding, ont préféré opter pour l’Autriche. Comme lors de l’Euro 2008, la compétition entre les nations alpines a été féroce. La lutte a également été acharnée entre les différents établissements suisses candidats à l’accueil de l’une ou l’autre équipe nationale.

«La compétition est très intense», constate lui aussi Thomas Biegler, professeur de tourisme à l’université de Saint-Gall. «L’investissement pour attirer ou héberger des personnalités proéminentes est devenu une nouvelle dimension du marketing des stations». Hormis les conditions climatiques, la sécurité et la tranquillité, les infrastructures d’entraînement ainsi que le taux de change sont les facteurs qui pèsent le plus dans la balance.

Véronique Kanel, porte-parole de Suisse Tourisme, estime que les offres suisses sont compétitives et d’un bon rapport qualité-prix: «Ce qui compte pour les équipes, c’est la qualité», affirme-t-elle.

L’Autriche mieux préparée

Michel Zen-Ruffinen, ancien Secrétaire général de la FIFA, actuellement vice-président de la société Matchworld, chargée de négocier les contrats entre les équipes et les complexes hôteliers, estime que l’Autriche est de manière générale mieux préparée pour faire face aux nécessités du football moderne.

«Les équipes sont de plus en plus exigeantes», a-t-il affirmé au quotidien francophone Le Matin. «Alors qu’un terrain d’entraînement était il y a peu encore suffisant, les équipes en désirent maintenant deux, idéalement situés près d’un hôtel. Ce sont des conditions que l’on trouve souvent en Autriche, mais pas dans les établissements suisses. A Saas-Fee, nous avons dû créer un terrain de toutes pièces».

L’industrie touristique suisse, frappée par la crise économique mondiale et pénalisée par un franc fort face à l’euro, espère bénéficier de la présence des stars du football mondial. «C’est positif d’avoir autant d’équipes qui s’entraînent en Suisse. C’est une fantastique opportunité d’exposer notre hospitalité et notre magnifique pays aux fans de football», affirme Véronique Kanel.

Pas d’effet «Weggis»

A Saas-Fee, on espère que la présence de l’équipe nationale japonaise «booste» la station – 3500 nuitées ont été mises au crédit des Japonais en 2009 – afin de concurrencer à l’avenir la station voisine de Zermatt.

Mais David Graefen est néanmoins dubitatif quand on évoque un possible «effet Weggis». La petite localité située près de Lucerne avait été envahie par les visiteurs brésiliens en 2006 lorsque la «Seleçao» y avait organisé un camp d’entraînement en amont de la Coupe du monde de football en Allemagne. Cette présence avait doublé le nombre de visiteurs brésiliens durant les deux années suivantes.

Simon Bradley, swissinfo.ch
(Adaptation de l’anglais: Samuel Jaberg)

Camps d’entraînement en Suisse

Suisse
Crans-Montana, 25 mai au 4 juin

Algérie
Crans-Montana, 13 au 26 mai

Corée du Nord
Anzère, 10 au 23 mai

Côte d’Ivoire
Saanenmöser, 24 mai au 9 juin

Grèce
Bad Ragaz, 21 mai au 2 juin

Japon
Saas-Fee, 26 mai au 6 juin

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