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Les coûts du mariage «Nous préférerions garder l'argent pour des vacances»

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Simone Giger a deux enfants avec son partenaire, mais le couple n’envisage pas le mariage.

Simone Giger a deux enfants avec son partenaire, mais le couple n’envisage pas le mariage.

(swissinfo.ch)

Elever une famille en Suisse est cher et compliqué, surtout avec les frais de crèche et les impôts. Beaucoup de parents dépendent de l’aide de leurs propres parents et des activités extra-scolaires pour s’en sortir sans se ruiner.

Marisa Fagagnini a deux enfants. Le premier a trois ans, le deuxième un an. Employée comme assistante d’administration deux jours par semaine, elle a pu garder cet emploi grâce à sa mère et à sa belle-mère, qui s’occupent des enfants lorsqu’elle quitte la maison.

«Sans l’aide des grands-parents, mon travail ne servirait qu’à payer les frais de crèche», explique la jeune femme à swissinfo.ch. Habitant à Oberrieden, au bord du lac de Zurich, elle vit avec le père de ses enfants depuis six ans. Mais le couple n’est passé devant le maire qu’en mai 2012, pour trois raisons: par amour, pour avoir un seul nom de famille et pour la sécurité familiale.

Le mari de Marisa s’est enquis – avant le mariage – des conséquences d’une union sur les contributions des deux époux. Selon l’Administration fédérale des contributions, les couples mariés payent davantage d’impôt fédéral direct (IFD) que les couples non mariés, à salaire égal. C’est en particulier le cas des couples sans enfants affichant un salaire cumulé de plus de 80'000 francs.

En revanche, suite à un arrêt du Tribunal fédéral de 1984, les différences ont été largement supprimées dans l’imposition communale et cantonale, qui forme l’épine dorsale des impôts payés en Suisse. Leur montant diffère considérablement d’une commune à l’autre.  

Autre exemple: Simone Giger, deux enfants de huit et quatre ans, travaille deux jours par semaine dans un bureau. Elle et son compagnon vivent ensemble depuis 18 ans mais n’ont pas l’intention de se marier. «Nous préférons garder notre argent pour nos loisirs et nos vacances», affirme-t-elle. La famille vit dans les environs de Berne. La maman de Simone participe à la garde des enfants.

Différences locales

«Ici, à Ostermundigen, l’école offre un vaste programme quotidien», explique-t-elle, en référence aux activités proposées avant, après l’école et à la cantine scolaire. Les taxes sont calculées sur ce que la famille peut payer. Mais toutes les communes de Suisse n’ont pas cette chance, regrette Simone Giger.

Le prix de la maternité

Selon un rapport publié en décembre par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la Suisse pourrait mieux faire en matière de politique familiale et de soutien aux femmes.

Le rapport intitulé «Inégalités hommes-femmes: il est temps d’agir» donne ainsi des exemples de pays contraignant les communes et les employeurs à mettre en place des services profitant aux mères actives professionnellement.

Selon l’OCDE, en Suisse, seuls 46,8% des enfants de 3 à 5 ans sont pris en charge par une structure extra-familiale.

L’écart salarial entre les hommes et les femmes reste en outre élevé en Suisse, selon le rapport. Il n’est pas rare que le salaire de la mère ne fasse que couvrir les frais de garde ou qu’il ait pour conséquence que le revenu global du couple atteigne un palier d’imposition supérieur, ce qui décourage les mères de travailler.

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Le Parti démocrate-chrétien, qui se veut le parti des familles, a déposé deux initiatives populaires pour changer la donne. L’une demande que les allocations pour enfants et jeunes ne soient pas soumises aux impôts et l’autre que le mariage ne provoque aucune discrimination du point de vue des impôts et des assurances sociales.

Déposées en novembre 2011, elles sont désormais aux mains du Conseil fédéral (gouvernement) qui prendra position. Un éventuel vote ne surviendra qu’après le traitement des textes et des propositions du gouvernement par le Parlement. En revanche, une modification constitutionnelle figure déjà à l’agenda: le 3 mars, les Suisses diront s’ils acceptent l’ancrage de la politique familiale dans la Constitution.

Marisa Fagagnini espère que de nouvelles lois plus propices aux familles conduiront à une extension du congé maternité, qui est actuellement de 14 semaines. Selon elle, il devrait être de six mois au moins pour les mères, de deux semaines ou même d’un mois pour les pères.

Selon un rapport récent de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la Suisse se trouve vers le milieu du classement concernant la durée du congé maternité. Elle est mieux placée que l’Australie, qui propose six semaines, mais bien loin de la Grande-Bretagne, où le congé maternité dure 52 semaines.


(Traduction et adaptation de l’anglais: Ariane Gigon), swissinfo.ch


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