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Les esprits s'échauffent à Zurich sur le tabac

Comme un air de mort violente pour un message de prévention choc. lungenliga.ch

Les fumeurs comparés à des tueurs: c'est ce que la Ligue pulmonaire zurichoise a sciemment fait pour mobiliser les citoyens en vue de la votation du 28 septembre sur l'interdiction de fumer dans les lieux publics. Un contre-projet pourrait laisser de beaux jours à la clope.

Ce contenu a été publié le 16 septembre 2008 - 07:30

Jusque-là, la campagne ronronnait sans accroc: malgré les hauts cris de quotidien alémanique NZZ, bien seule à s'étrangler devant l'interdiction de fumer soumise à votation dans le canton de Zurich, des affiches bien sages recommandaient le oui ou le non.

La semaine dernière, patatras: voilà que des photos, datées des années 1930 et tirées des archives de la police américaine, montrent des corps criblés de balles, avec ce slogan: «Le tabac passif tue aussi». Les réactions ont fusé, à 99% négatives, en tout cas sur le site Internet de la NZZ.

Faire bouger les gens

«La provocation était absolument voulue, explique Otto Brändli, président de la Ligue pulmonaire zurichoise. Nous avons dix fois moins d'affiches que les opposants à notre initiative. De plus, étant le seul objet vraiment, notre texte risque un manque de mobilisation. Pour faire bouger les gens, nous avons avancé une campagne prévue mi-novembre sur le MPOC.»

Le MPOC, ou «maladie pulmonaire obstructive chronique» est, explique la ligue, «une maladie respiratoire qui entraîne l'inflammation et/ou l'obstruction des voies respiratoires menant aux poumons», telle la bronchite chronique et l'emphysème. Peu connue, cette maladie est la troisième cause de décès en Suisse, après les maladies cardio-vasculaires et les cancers.

L'initiative zurichoise veut interdire le tabac dans tous les lieux publics. Elle autorise les fumoirs séparés.

Lancée en 2005, elle a souffert de la longueur de traitements autorisée pour les initiatives dans le canton de Zurich (deux ans et demi). D'abord favorable à l'initiative, le gouvernement cantonal a changé d'avis ce printemps pour prendre parti pour le contre-projet élaboré par le Grand conseil.

Faites ce que vous voulez!

Or ce contre-projet, et c'est une première suisse, veut laisser les restaurants de moins de 35 places assises libres d'instaurer ou non l'interdiction de fumer. «Ce qui reviendrait au statu quo, de très nombreux cafés, et spécialement pour les jeunes, ayant cette taille», dénonce la Ligue pulmonaire.

Pour les opposants au contre-projet (que l'on trouve, comme pour l'initiative, dans presque tous les partis), ce règlement induit en outre une distorsion de la concurrence entre établissements et provoque des coûts administratifs liés aux contrôles et aux autorisations.

En attendant, la campagne choc de Ligue pulmonaire réjouit plutôt les adversaires. «Nous recevons beaucoup de dons en réaction, se réjouit Gregor Rutz, ancien secrétaire général de l'UDC suisse et coordinateur de la campagne zurichoise pour «IG Freiheit», un groupe composé de membres de l'UDC, du PRD et du PDC.»

Un changement de tendance?

A la question de savoir pourquoi, alors que les interdictions ont passé jusqu'ici haut la main lors de votations cantonales, son groupe ne se mobilise que maintenant, le porte-parole affirme «que le mouvement est en train de s'inverser. Heureusement, la Suisse a toujours bien résisté à cette interdiction.»

La présence forte de l'industrie du tabac n'y serait-elle pas pour quelque chose? «Cela n'a rien à voir, soutient Gregor Rutz. C'est grâce à l'esprit libéral de la Suisse que le bannissement du tabac a été tant bien que mal endigué.»

swissinfo, Ariane Gigon, Zurich

ET DANS LES AUTRES CANTONS

Ce 28 septembre, Bâle-Ville et Nidwald votent aussi sur l'interdiction de fumer. Mais ce dernier canton se contente d'introduire une déclaration «avec fumée» ou «sans fumée» dans les restaurants. Un contre-projet demande néanmoins une interdiction, avec possibilité de fumoirs.

Le Tessin, Genève, les Grisons et Appenzell Rhodes-Extérieures ont déjà mis en vigueur des interdictions de fumer. Berne, Soleure, Uri et St-Gall sont en train de préparer l'application de règlements acceptés. Les fumoirs séparés sont le plus souvent possibles.

A St-Gall, l'interdiction acceptée en votation se heurte à des difficultés de mise en vigueur, prévue le 1er octobre. De nombreuses communes accordent des exceptions à tours de bras et une «Ligue des fumeurs» a vu le jour.

Les Valaisans devront bientôt voter, car un référendum a abouti, de même que les Vaudois, le 30 novembre, sur une initiative et un contre-projet.

Des processus législatifs et des initiatives sont en cours dans presque tous les cantons qui n'ont pas encore voté dans ce domaine

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PROJET FEDERAL

Laisser aux cafés et restaurants la liberté d'interdire ou non la cigarette en deça d'un certain nombre de places ou de mètres carrés est aussi la solution proposée, en substance, par la commission préparatoire du Conseil des Etats.

Le débat sur l'initiative parlementaire contre le tabagisme passif est agendé en plénum ce mercredi.

Au stade de l'élimination des divergences avec la Chambre basse du Parlement, il est proposé de laisser le choix aux établissements de moins de 100 mètres carrés, ce qui représente à peu près une capacité de 35 places assises.

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