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Les juges automates du patinage artistique

Avec le nouveau règlement, chaque figure correspond à un nombre de points.

(swissinfo.ch)

Suite au scandale des JO 2002, l’Union internationale de patinage a planché sur un nouveau système de notation. Il sera introduit progressivement dès cette saison.

Plus objectif, il est aussi plus complexe, selon deux experts suisses. D’où le risque de faire chuter le nombre de spectateurs.

Née après l’affaire du «skategate» des Jeux olympiques de Salt Lake City, la réforme du système de jugement doit permettre d’éviter un nouveau scandale.

En 2002, la médiatique suspension de la juge française Marie-Reine Le Gougne - soupçonnée d’avoir favorisé la victoire du couple russe Berezhnaya-Sikharudlidze – avait en effet porté atteinte à l’image de la discipline.

En réaction, l’Union internationale de patinage (ISU) a introduit une première mesure la saison dernière déjà: l’anonymat des juges. Une solution sensée réduire les risques de pressions et de corruption.

Avec l’anonymat, espère l’ISU, les éventuels lobbyistes ne pourront pas savoir si le juge s’est finalement laissé influencer ou non dans son verdict.

Un calcul savant

Une seconde mesure devrait offrir, quant à elle, des bases plus objectives aux juges pour rendre leur verdict.

Jusqu’ici, ils attribuaient une note technique et une note artistique. Ils procédaient par soustraction en partant d’une note maximale de 6.

Désormais, leur jugement se base sur un calcul savant. Une addition pouvant mener à un total d’environ 100 points.

Pendant le programme, un professionnel, assisté de deux superviseurs, indique aux juges les éléments réalisés par le patineur. A chaque figure correspond un certain nombre de points (7,5 points pour un triple axel, par exemple).

Le juge se robotise

Le juge peut ensuite attribuer trois points de plus ou de moins, selon ses impressions. C’est là sa seule liberté.

«Notre travail change, reconnaît la juge internationale suisse Christine Blanc. L’ISU nous demande de noter, élément par élément, chaque patineur, l’un après l’autre, sans les comparer. Nous devenons en quelque sorte des robots.»

«La personnalité du juge prend moins de place. Mais c’était le but. Et je pense que le système est bien conçu pour éviter la corruption et les magouilles.»

Plus objectif, mais plus complexe

Un système très mathématique donc. «Un peu à l’image de la gymnastique artistique», constate Cédric Monod, ancienne star du patinage helvétique.

Un système complexe aussi. A tel point que le public pourrait bien se désintéresser du patinage.

«Le risque, c’est que cela devienne difficilement appréciable pour le spectateur, précise Cédric Monod. Avant, il pouvait confronter son avis à celui du juge. Désormais, il découvrira juste un nombre de points sans savoir d’où il tombe exactement.»

«Avec cette nouvelle notation très compliquée, poursuit-il, le public aura de la peine à s’y retrouver. Le patinage pourrait bien perdre des parts de marché et voir son audience chuter.»

Une crainte partagée par la juge internationale suisse. «Le spectateur aimait bien voir la tête du juge et faire des commentaires sur la note qu’il avait donnée.»

Cela dit, tous deux soulignent qu’il s’agit, pour l’instant, d’une phase expérimentale. Le système pourra être adapté au fil des essais.

Cette saison, il sera testé dans sept ou huit compétitions, les Grands Prix notamment. Mais pour les Championnats d’Europe et les Championnats du Monde, c’est encore le système intermédiaire (anonymat, sans nouvelle notation) qui sera appliqué.

Changement pour les patineurs

Pour les patineurs, «le principal changement se fera sentir dans la construction du programme», selon Cédric Monod.

Dans le nouveau système de jugement, un bonus est prévu si un saut est effectué dans la dernière partie du programme. Les athlètes vont donc tout faire pour placer les différents sauts et pirouettes là où ils offrent le plus de points.

Au détriment de l’esthétique? «Peut-être, répond l’ancien patineur. Mais il ne faut pas oublier les composantes artistiques prévues par la nouvelle notation. Elles permettent aussi d’engranger de précieux points.»

«Espérons que les patineurs continuent à nous faire rêver, conclut Cédric Monod. C’est l’essentiel, après tout.»

swissinfo, Alexandra Richard

Faits

Stéphane Lambiel a assuré son quatrième titre au championnat de Suisse qui s'est tenu vendredi et samedi à Neuchâtel. Pour la médaille d'argent, Patrick Meier a devancé Jamal Othman.
Sarah Meier et Kimena Brog Meier, les deux meilleurs Suissesses n'étant pas présentes à Neuchâtel, la 1re place est revenue à Cindy Carquillat, devant Lucie Anne Blazek et Myriam Flühmann.
Le nouveau règlement n'a pas encore été appliqué à Neuchâtel.

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En bref

- A l’issue des JO de 2002, la Fédération internationale de patinage (ISU) a suspendu la juge française Marie-Reine Le Gougne pour trois ans pour avoir favorisé le couple russe Berezhnaya-Sikharudlidze.

- On lui a notamment reproché d’avoir agi sur instruction du président de la Fédération française de sports de glace.

- Après le «skategate», l’ISU a planché sur un nouveau système de notation pour limiter au maximum les risques de pressions et de corruption.

- C’est ainsi qu’est né le nouveau système. Plus de 160 pages d’information ont été transmises aux juges.

- Il prévoit l’anonymat des juges. Une mesure introduite durant la saison 2002/2003 déjà.

- Il prévoit aussi une nouvelle notation qui est appliquée dès cette saison 2003/2004, mais uniquement dans sept ou huit compétitions (les Grands Prix notamment). Pour les Championnats d’Europe et les Championnats du Monde, c’est encore le système intermédiaire qui sera en vigueur.

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