Les menaces pour la sécurité intérieure de la Suisse

A Bâle, des hooligans ont envahi le terrain à l'issue de la finale du Championnat suisse de football. Keystone

La sécurité intérieure est menacée par les violences dans les stades, le trafic d'êtres humains et de possibles - même s'ils sont peu probables - attentats islamistes.

Ce contenu a été publié le 30 mai 2006 - 14:37

Le rapport 2005 de la police fédérale relève aussi les risques liés aux extrémistes violents, de droite comme de gauche, et à l'espionnage économique et scientifique en Suisse.

Avec les attentats de Londres du 7 juillet 2005, une nouvelle forme de menace est apparue. De petites cellules sans liens avec Al-Qaïda se créent en de nombreux endroits et sont prêtes à passer à l'acte dans leur environnement, note le rapport 2005 sur la sécurité intérieure publié mardi par fedpol.

Rien ne permet de conclure que la Suisse est une cible primaire. Mais la décentralisation du combat djihadiste rend les attentats en principe possibles partout. Or, la Suisse fait partie de la zone d'opération en Europe et des terroristes djihadistes pourraient y séjourner, selon le rapport.

Les islamistes peuvent aussi être confortés dans leurs projets par des accusations, comme celles lancées par un ancien colonel de police égyptien arrêté à Genève. Sur Internet, ce dernier a accusé la Suisse d'être «l'ennemi le plus abject de l'Islam» et une «centrale dissimulée du front des croisés sionistes».

Autre menace mise en avant par fedpol: la volonté de certains de radicaliser la société musulmane. C'est notamment le cas des tenants du wahhabisme, un Islam radical et puritain originaire d'Arabie saoudite.

Parmi eux figure l'organisation bosniaque «Jeunesse islamique active», qui possède quelques représentants, mais pas de structure d'organisation fixe en Suisse.

Renforcer les services secrets

Pour prévenir des actes violents, le rapport plaide pour un renforcement des moyens des services de renseignements, comme l'ont fait la plupart des Etats européens.

«Si la Suisse ne suit pas cette évolution, elle perd non seulement toute crédibilité (...), mais elle risque aussi de passer du statut de zone de repli à celui de zone privilégiée de l'extrémisme et du terrorisme islamiste», note le rapport.

La police fédérale saisit l'occasion pour rappeler ses propositions, sur lesquelles le gouvernement suisse se prononcera cette année encore.

Fedpol réclame un arsenal de nouveaux instruments pour pouvoir surveiller davantage les communications (courrier, téléphone, courriel), mener des observations dans des lieux privés et pratiquer des perquisitions secrètes de systèmes informatiques.

Extrémistes et hooligans

Le rapport fait également le point sur les autres menaces pour la sécurité intérieure. Comme chaque année, l'extrémisme de droite figure au nombre des points chauds.

Alors que le nombre d'évènements reste stable (111), celui des membres de tels groupes a augmenté de 1000 à 1200. Les nouveaux venus sont pour la plupart d'anciens sympathisants ou des «suiveurs». Au total, la scène d'extrême droite représente quelque 1800 personnes.

A l'extrême gauche, fedpol constate une propension croissante à accepter l'éventualité de lésions corporelles, mais aussi un isolement des personnes violentes au sein du mouvement altermondialiste. Le nombre d'activistes est estimé à quelque 2000 personnes.

Côté hooligans, le noyau dur des fauteurs de troubles comptait quelque 400 personnes en 2005, auxquelles s'ajoutent environ 600 personnes prenant occasionnellement part à des débordement violents. Ces groupes non organisés ont représenté la menace sécuritaire la plus importante.

Le rapport évoque encore le trafic d'êtres humains et relève que la violence a augmenté dans les milieux de la prostitution en 2005. Enfin, pour ce qui est du crime organisé, il consacre pour la première fois un chapitre aux Chinois et souligne que les groupes serbes deviennent de plus en plus importants.

swissinfo et les agences

En bref

- Selon la police fédérale, la violence dans les stades constitue une sérieuse menace pour la Suisse, surtout en vue du Championnat d'Europe, qui se déroulera en 2008, en Suisse et en Autriche.

- «Des centaines, voire des milliers de supporters étrangers violents essaieront d'entrer en Suisse pendant l'Euro 2008», note le rapport. En Suisse, il y aurait actuellement un millier de supporters violents, avec un noyau dur d'environ 400 hooligans.

- Pour répondre à la menace, le parlement a voté une loi qui est toutefois combattue par référendum. Le texte prévoit la création d'une banque de données pour ficher les supporters violents. Les référendaires craignent des abus dans la protection des données personnelles.

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Faits

L'extrémisme de droite figure parmi les menaces évoquées par le rapport de la police fédérale.
Actuellement, on estime à 1800 le nombre d'activistes et sympathisants d'extrême-droite.
Quant aux activistes d'extrême-gauche, ils seraient environ 2000.
Parmi les menaces signalées figure encore le trafic d'êtres humains, avec la prostitution qui représente un chiffre d'affaires annuel de 3,2 milliards de francs.

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