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Les socialistes paient leur prudence sur la criminalité juvénile

(Keystone)

«Défendre l'impunité de jeunes criminels, ça ne peut quand même pas être socialiste!» C'est le cri d'alarme du criminologue Martin Killias, lui-même socialiste.

Déchiré par ses ailes syndicaliste et libérale, le Parti socialiste (PS) était en crise déjà bien avant le cinglant échec essuyé aux élections fédérales de dimanche.

En avril déjà, après avoir perdu d'un coup un tiers de ses mandats au Parlement et chuté à 19,5% des suffrages, le Parti socialiste zurichois avait mandaté un expert pour connaître les raisons de sa débâcle.

Verdict: manque de réaction par rapport aux thèmes d'actualité, de mobilisation, de présence dans les annonces. Les camarades parlaient d'électrochoc bienvenu et de réaction immédiate.

Six mois n'ont pourtant pas suffi à renverser la vapeur. «On constate souvent qu'une défaite en entraîne une autre lors des élections suivantes, car il faut du temps pour changer de cap», explique un collaborateur de l'Institut gfs.berne, qui avait été mandaté pour analyser les causes de l'échec d'avril.

Poids du «mainstream»

Socialiste lui-même, le professeur de criminologie de l'Université de Zurich Martin Killias se dit «mécontent et triste» des résultats de son parti. Il estime que les réticences à parler de criminalité, notamment juvénile, peuvent expliquer la défaite.

«Je n'en veux pas tellement aux élus du parti, affirme-t-il, mais plutôt à certains collègues criminologues qui affirment que l'augmentation de la violence n'est qu'un phénomène d'hystérie médiatique. Or ce sont souvent des spécialistes très écoutés dans les milieux de gauche.»

Selon le criminologue, «ces experts cèdent à la pression du 'mainstream' et préfèrent répéter ce que la majorité dit plutôt que de s'en tenir aux faits. De telles affirmations rassurantes vont, logiquement, paralyser toute remise en question de certains dogmes».

Influence du débat allemand

Cette pression viendrait aussi, selon Martin Killias, de l'inaction des criminologues allemands. «La Suisse alémanique vit sous domination intellectuelle allemande, un phénomène qui n'existe pas en Suisse romande par rapport à la France.»

«Or, poursuit-il, les criminologues allemands ont complètement négligé les recherches sur l'augmentation de la criminalité des jeunes. Ils n'ont donc pas de données, ce qui leur permet d'affirmer à peu près n'importe quoi.»

Le professeur critique aussi le réflexe consistant à dire «si nous évoquons ces problèmes nous donnons des voix à la droite nationaliste de l'UDC. Mais c'est exactement ce qui se passe lorsqu'on n'en parle pas.»

Galladé critiquée à Zurich aussi

Martin Killias et le professeur de droit pénal Daniel Jositsch, nouvel élu socialiste zurichois, avaient participé à l'élaboration d'un plan de lutte contre la délinquance juvénile présenté Chantal Galladé. Un plan qui lui a valu beaucoup d'inimitiés en Suisse romande, mais pas seulement.

«Les Zurichois n'ont pas été beaucoup plus enthousiastes, note Martin Killias. Mais après l'électrochoc de la défaite d'avril, le parti n'a pas voulu faire trop de bruit et n'a pas manifesté publiquement sa désapprobation.»

Arrivée en 3e position de la course au Conseil des Etats, Chantal Galladé a finalement créé une petite surprise. C'était même la seule bonne nouvelle pour les socialistes zurichois.

Chute libre en ville au profit des Verts libéraux

Car dans tout le canton, la chute prémonitoire d'avril a pris des accents quasi dramatiques en ville dimanche. Dans son fief des 4e et 5e arrondissements, le PS perd 11%, passant de 44,7 à 33,7%.

Dans ces mêmes quartiers, les Verts progressent de 10% et les Verts libéraux (GLP) empochent 9% des voix. Les «Kreis» 4 et 5 sont les seuls où les Verts affichent une avance plus forte que le GLP, qui, partant de zéro, marque davantage de points partout.

Pro et anti-syndicats

Les ailes pro et anti-syndicats du PS ont immédiatement sorti leurs arguments. Pour Andreas Herczog, ancien conseiller national, «ces raisonnements à l'emporte-pièce n'aident en rien à résoudre la crise. Il faut analyser plus finement une défaite dont les prémisses remontent aux élections fédérales de 2003», estime-t-il. Le PS y avait alors déjà perdu des voix en ville.

En attendant, Martin Killias plaide pour une discussion «sans tabou» chez les socialistes. Il faut cesser, dit-il, de «diaboliser toute réflexion sur le rôle des sanctions. Défendre l'impunité de jeunes gens violents au-dessous de 15 ans ne doit quand-même pas être un programme socialiste!»

swissinfo, Ariane Gigon, Zurich

LE PS ZURICHOIS

Elections cantonales:
1999: 22,09% (43 sièges)
2003: 26,17% (53)
2007: 19,5%% (36)

Elections fédérales:
1999: 23,7% (10 sièges)
2003: 25,66% (10)
2007: 19,81% (7)

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Partis zurichois

(2007 par rapport à 2003)

UDC: 33,92%, 12 sièges (+0,53%)
PS: 19,81%, 7 sièges (-5,85%, -3 sièges)
PRD: 13,15%, 4 sièges (-3,09%, -1)
Verts: 10,37%, 4 sièges (+1,9%, +1)
PDC: 7,56%, 3 sièges (+2,13%, +1)
GLP*: 7,01%, 3 sièges

*GLP: Grünliberale Partei, Verts libéraux, nouveau parti

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CONSEIL DES ETATS, ZURICH

1. Felix Gutzwiller, PRD, élu avec 182'533 voix (majorité absolue 181'796)

En ballottage pour le 2e tour du 25 novembre:
2. Ueli Maurer, UDC, 150'495
3. Chantal Galladé, PS, 110'764
4. Verena Diener, GLP, 100'418

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(swissinfo.ch)


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