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Les Suisses montent sur leurs grands chevaux

L'hippisme suisse dans le sillage de son leader: Markus Fuchs.

(Keystone Archive)

Les dix meilleurs cavaliers de la planète s’affrontaient cette fin de semaine lors du 43e concours hippique de Genève. Parmi eux, Markus Fuchs, numéro un mondial du saut d’obstacle qui s’est blessé.

La mésaventure du Suisse n'enlève rien au fait que les Helvètes se muent progressivement en nation de cavaliers.

Le petit peuple de paysans revient au cheval. Par plaisir plutôt que par obligation, ce qui ne gâche rien.

En 1940, les Suisses élevaient près de 150 000 chevaux. Ces derniers servaient aux travaux des champs et dans les rangs de la cavalerie militaire.

Le tracteur et l’armée moderne sont passés par là. Vers la fin des années septante, les écuries helvétiques abritaient 45 000 têtes à peine.

Mais la société des loisirs et les valeurs nouvelles du retour à la nature ont changé la donne.

Aujourd’hui, manèges, éleveurs et autres agriculteurs en quête de revenus alternatifs élèvent plus de 80'000 chevaux. Dont deux tiers destinées à la monte.

Tous les connaisseurs confirment ce boom de l’équitation, qui s’étend d’ailleurs aux pays voisins de la Suisse.

Soixante-mille cavaliers réguliers

Cet engouement, évident depuis une dizaine d’années, va même en s’accélérant depuis trois ans environ, estime Emanuelle Santini, de la Fédération suisse des sports équestres (FSSE).

Sur le strict plan sportif, on est passé de 3500 à 7800 licenciés actifs en trente ans. Et le nombre d’épreuves de saut, dressage, endurance, voltige et autre tétrathlon a plus que doublé (552 en 2002).

«En Suisse, 8000 cavaliers participent à des concours hippiques, 60 000 montent régulièrement, et 200 000 mettent une fois ou l’autre les fesses sur un cheval», résume Alban Poudret, co-organisateur de la manifestation genevoise.

En clair, les cavaliers «sportifs» illustrent un phénomène plus large. L’équitation est dans l’air du temps. La randonnée de loisir et le tourisme rural ne sont d’ailleurs pas les derniers à en profiter.

«Des gens de tous horizons se mettent à l’équitation, indique Sophie Kasser-Deller, journaliste spécialisée. Il faut voir que si on ne possède pas son propre cheval, l’équitation n’est pas un sport cher (entre 25 et 30 francs la leçon)».

Cet engouement populaire, qui n’a aucun raison de fléchir, touche avant tout les jeunes. Et particulièrement les jeunes filles (à partir de 7-8 ans déjà), moins soumises à la monoculture du football.

Un milliard de francs brassés

Qui dit succès dit argent. Maréchaux, vétérinaires, équipement, fourrage, élevage, formation: le chiffre d’affaires du marché du cheval avoisinerait le milliard de franc, avance la FSSE.

Reste qu’à vivre de l’équitation en Suisse, on ne devient pas riche. Le prix des leçons couvre à peine les coûts des manèges. Et sur le plan sportif, les compétitions sont faiblement rémunérées.

«On doit faire un peu de tout – pension, commerce de chevaux, leçons – pour s’en sortir», confirme Hermann Mäder, président de l’Association suisse des professionnels de l’équitation et propriétaires de manèges (ASPM).

Sans compter que toujours plus d’agriculteurs viennent marcher sur les platte-bandes des professionnels de l’équitation.

«Ils ont les parcs, et proposent leurs chevaux de promenade pour pas cher, poursuit Hermann Mäder. Mais sans véritablement enseigner l’équitation. C’est là-dessus que doivent miser les manèges (un millier en Suisse)».

«Sur le plan sportif, l’engouement pour l’équitation fait un peu peur, confie Sophie Kasser-Deller. Les investissements sont tels qu’on risque l’essoufflement. Mais globalement, il y a une vraie demande de la part de la population pour le cheval».

Une expansion gênée par la loi

Dans le monde équestre suisse actuel, le problème se situe plutôt du côté de l’offre.

Pour des raisons légales – les exigences contradictoires entre aménagement du territoire et loi sur la protection des animaux – trouver des emplacements conformes pour bâtir manèges et parcs devient un casse-tête.

«J’y vois la principale entrave à une expansion du cheval, avertit Sophie Kasser-Deller. Aujourd’hui déjà, nombre de constructions ne respectent pas la loi.»

L’obstacle n’effraie pas les cavaliers. Et s’il peine encore à se faire entendre de la Berne fédérale, le monde équestre a mis le lobbying au rang de ses priorités.

swissinfo, Pierre-François Besson

En bref

- Le 43e Concours hippique international de Genève s’achève dimanche soir. Emmenée par Markus Fuchs, la délégation suisse compte 18 cavaliers.

- A 48 ans, Markus Fuchs est numéro un mondial du saut d’obstacle depuis juillet dernier. Il a commencé l’équitation à l’âge de onze ans.

- Le Saint-Gallois a malheureusement été victime d’une blessure aux adducteurs samedi lors de la finale du «Top ten» remportée par le Brésilien Rodrigo Pessoa.

- Markus Fuchs a abandonné lors de la première manche après avoir franchi avec succès les huit premiers obstacles. Il doit désormais observer une pause de deux à trois semaines.

- Parmi les 53 cavaliers de 19 pays présents figurent les dix meilleurs du monde, qui se sont affronté samedi soir lors de la 3e finale du Top-ten organisée à Genève.

- Dimanche, le GP Coupe du monde du 43e CSI-W de Genève a été remporté par le Danois Thomas Velin. Le meilleur cavalier suisse, Christophe Barbeau, s'est classé quatrième.

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