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Les Suisses voteront sur le congé maternité

Les 72'000 signatures recueillies par l'UDC ont été déposées à la Chancellerie fédérale.

(Keystone)

La droite dure a recueilli quelque 72’000 signatures contre le modèle d’assurance maternité adopté par le Parlement en octobre.

C'est la première fois que l’Union démocratique du centre (UDC) fait aboutir un référendum sans le soutien d'une grande association.

L’UDC a réussi un tour de force en présentant jeudi 72'000 signatures à la Chancellerie fédérale, soit 22'000 de plus que nécessaire. Elle avait en effet jusqu’à présent toujours compté sur les grandes associations économiques ou d’autres associations pour faire aboutir ses référendums.

Mais les organisations économiques s’étant ralliées au nouveau projet d’assurance maternité, la droite dure a dû cette fois-ci monter seule au créneau. L’essai a malgré tout été transformé, preuve que l’UDC continue à surfer sur la vague du succès.

Un projet minimaliste



Le nouveau projet d’assurance maternité prévoit que les femmes salariées touchent 80% de leur salaire durant 14 semaines.

Il ne s’agira pas à proprement parler d’une nouvelle assurance sociale, puisque les fonds nécessaires seront prélevés sur les allocations pour pertes de gain (APG), qui servent à couvrir les pertes des salaires des personnes accomplissant le service militaire.

Le nouveau projet ne couvre par ailleurs pas toutes les femmes. Les femmes au foyer sont exclues de l’assurance. Exclues également les femmes qui adoptent un enfant.

Pour Liliane Andrey, militante valaisanne pour l’assurance maternité et membre des anciens Comités romands pour une véritable assurance maternité, il s’agit donc là d’un projet «minimaliste», a-t-elle déclaré à swissinfo.

Mais ce caractère frileux s’explique. Le peuple suisse a certes accepté le principe d’une assurance maternité en 1945. Mais cette volonté ne s’est jamais traduite dans les faits. Les citoyens ont refusé par trois fois l’assurance maternité en votation populaire.

C’est donc pour que cette assurance aboutisse enfin que le Parlement a adopté en octobre dernier un projet que d’aucuns considèrent comme «minimaliste». En effet, celui-ci est susceptible de satisfaire des milieux de droite très réticents face à de nouvelles dépenses publiques.

Extension «irresponsable»

Pour l’UDC, c’est pourtant encore trop. Jeudi à Berne, les démocrates du centre ont avancé des arguments économiques, financiers, politiques et idéologiques pour motiver leur refus de ce congé maternité payé.

Pour la droite dure, ce projet constitue une extension des prestations des assurances sociales «irresponsable» au regard de la situation «désastreuse» de ces dernières.

Ueli Maurer a de plus fustigé l'économie, qui n'a pas apporté son appui à ce référendum alors que, selon lui, un rejet du congé maternité est dans son intérêt. Le président de l’UDC a donc appelé les patrons à soutenir son parti dans la campagne de votation.

Liliane Andrey ne croit pas pour sa part que les milieux économiques se rallieront à l’UDC. «Il y a déjà eu l’introduction d’assurances maternité au niveau cantonal, explique-t-elle. Or ces assurances cantonales font peur aux milieux patronaux. C’est pourquoi ils soutiendront ce projet fédéral qui est minimaliste.»

L'UDC craint aussi une «maternité à deux classes», les femmes au foyer étant exclues du projet, tandis que les familles à double revenu en profiteront pleinement.

Liliane Andrey n’est pas loin de voir de la mauvaise foi dans ce dernier argument. «Le projet de 1999 voulait aussi indemniser les femmes non salariées, et ce à la demande de la droite, rappelle-t-elle. Mais cela avait ensuite servi d’excuse à la droite pour refuser ce projet, considéré comme trop cher.»

Respect de la volonté populaire

Lors de la conférence de presse de jeudi, le député UDC Hans Fehr a tenu à rappeler que le peuple avait déjà dit trois fois non à l’assurance maternité. On peut donc se demander dans quelle mesure on ne fait pas fi de la volonté populaire en revenant à charge cinq ans seulement après le dernier refus.

Liliane Andrey n’est pas de cet avis. «On ne peut pas dire que le projet de 1999 a été refusé massivement, car il y a des différences géographiques, explique-t-elle. Les zones romandes étaient en faveur du projet. Pour nous Romands, il y a donc une véritable continuité par rapport à la volonté populaire.»

Reste donc à voir maintenant si l’ensemble des Suisses suivront l’avis des Romands. La réponse tombera cette année encore, puisque le vote populaire devrait avoir lieu en septembre.

Liliane Andrey se veut en tout cas optimiste. «Le résultat de 1999 a été une claque étourdissante, mais je crois dans le nouveau projet, déclare-t-elle. Il semble en effet ahurissant que les femmes ne soient pas reconnues dans leur rôle de mère et que l’enfant soit considéré comme une propriété privée qui ne concerne pas la société.»

swissinfo et les agences

Faits

En 1945, 76% des citoyens acceptent le principe d’une assurance maternité.
Mais des projets concrets sont refusés par trois fois.
Le dernier refus date du 13 juin 1999 (61% de non).
La prochaine votation pourrait se dérouler le 24 septembre 2004.

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